Important. Le Japon craque, un pays dans l’impasse ; il se heurte à un mur colossal sans solution visible

Ishiba to resign by end of August: Mainichi

Ishiba va démissionner fin Aout

Ishiba démissionne parce qu’il est devenu le bouc émissaire d’un jeu qui dure depuis des decennies. La double stratégie économique et géopolitique du Japon a heurté un mur. La stratégie de fuite en avant a échoué et celle de « vassalitude » vis à vis des USA également, elle n’a pas été récompensée.

Le japon est pris dans un faisceau de contradictions dont il ne peut se dépêtrer.

Et comme je ne cesse de le répéter d’une part le japon a été l’équivalent d’un hedge fund géant qui a alimenté les liquidités mondiales et le Trésor Americain d’autre part il est devenu le maillon faible du système financier mondial avec une pyramide menacée par l’inflation des prix.

Le Japon ne résisterait pas à une montée de tensions sociales et la question est de savoir si celles ci sont imaginables dans un pays qui a une culture aussi spécifique..

La stagnation de long terme couplée à une irrésistible montée de la pyramide financière dont le socle est fragile fait du Japon, pour moi un candidat à la crise au même rang que la Grande bretagne.

Attention, ce n’est pas pour cela qu’il n’est pas interessant d’acheter des valeurs japonaises, et il faut toujours se souvenir de la Loi du TrIangle:

action-réaction-résultante ;

face au risque de crise les nouvelles autorités japonaises peuvent très bien mettre en place des politiques qui feront monter la Bourse.

Pendant des années, le Japon a survécu grâce à un mélange de répression financière, de suppression monétaire et de soutien discret à l’ordre mondial imposé par les États-Unis.

Mais cette structure est en train de se briser sous l’effet conjugué de forces antagonistes sur lesquelles le Japon ne peut rien..

Les États-Unis , Trump ou pas Trump ne peuvent plus laisser leurs alliés/vassaux exporter leur déflation, maintenir des devises faibles ou manipuler les marchés obligataires par le recyclage de leurs excédents .

Ishiba s’est retrouvé pris dans le collimateur de Trump, mais c’était acquis, un jour ou l’autre le système volerait en éclats.

Lorsque Scott Bessent, le secrétaire américain au Trésor, s’est rendu au Japon au début du mois, Il a demandé aux dirigeants japonais de cesser d’affaiblir le yen, de réduire le contrôle de la courbe des taux imposé par la Banque du Japon et d’accepter un nouveau cadre commercial, sous peine de s’exposer à des droits de douane de 25 % sur les automobiles, à une possible fuite des capitaux et à un accès réduit aux mécanismes de soutien des besoins en dollars.

Ce n’était pas un avertissement. C’était un chantage..

Un chantage face à des dirigeants en position de faiblesse: l’économie japonaise s’est contractée au premier trimestre, les salaires réels baissent et son parti a été battu aux élections à la Chambre haute peu de temps auparavant.

Trump a donc pu annoncer hier un accord commercial entre les États-Unis et le Japon, qui prévoit des droits de douane de 15 % au lieu de 25 %, et un engagement d’investissement japonais de 550 milliards de dollars aux États-Unis.

Cet accord a été présenté comme une victoire. Mais à Tokyo, tout le monde sait que cela signifie que le Japon a cédé.

Les États-Unis n’ont pas seulement obtenu un bon accord commercial, ils ont forcé le Japon à s’aligner sur son programme économique et stratégique plus large. Ishiba aux yeux de ses collègues a perdu la face il a trop cédé. L’accord a révélé la faiblesse du Japon. Ishiba est apparu comme un dirigeant falot incapable de protéger l’autonomie et l’économie du Japon.. Il a fait son temps.

L’enjeu de l’élection etait de savoir si la coalition au pouvoir, le Parti libéral-démocrate (PLD), et son partenaire minoritaire, le Komeito, qui ont subi ensemble une lourde défaite lors des élections à la Chambre des représentants l’automne dernier, allaient parvenir à conserver la majorité à la Chambre des conseillers.

La réponse a été: non, malgré des concessions populistes.

Le Premier ministre Shigeru Ishiba, à la tête du PLD, avait intensifié son discours conservateur. Il avait insisté sur la nécessité de réviser la constitution pacifiste du Japon, pour remilitariser le pays, et s’était montré ferme face aux droits de douane de 25 % proposés par Trump  : « Ne nous sous-estimez pas. Même si nous négocions avec un allié, nous devons dire ce qui doit être dit sans hésitation. » 

Cela n’a pas marché.

La hausse de l’inflation, la faible croissance des salaires et les impôts élevés ont suscité un soutien massif à des partis jusque-là marginaux, qui ont promis une augmentation des dépenses publiques et une baisse de la TVA sur tous les biens.

Ces promesses ne peuvent qu’accroître les déficits budgétaires et l’énorme dette publique japonaise.

Les investisseurs se délestent des obligations d’État : le rendement des obligations à dix ans a atteint son plus haut niveau depuis la crise financière mondiale de 2008.

Le Japon connaissait autrefois un taux d’inflation proche de zéro ce qui produisait des taux d’intérêt très bas, mais pour relancer l’économie, le gouvernement et la Banque du Japon ont délibérément stimulé l’inflation monétaire afin d’encourager les entreprises à investir et de réduire le fardeau réel de la dette. Le niveau de vie des ménages japonais s’est dégradé .

Selon les sondages, 48 % des citoyens considèrent la lutte contre l’inflation comme leur principal enjeu, suivie par la sécurité sociale (33 %) et la croissance économique (30 %). Les électeurs souhaitent une baisse de la TVA, mais ne souhaitent pas que la perte de recettes soit compensée par une réduction des prestations sociales, comme le gouvernement l’a suggéré.

Source : Katz

Comme dans toutes les économies du G7, les gouvernements japonais ont adopté au fil des décennies des politiques économiques néolibérales visant à ameliorer la profitabilité du capital; en pesant sur les salaires, réels, en réduisant les retraites et les prestations sociales. Par exemple les dépenses publiques de santé pour chaque personne de plus de 65 ans ont été réduites de près d’un cinquième au cours des 30 dernières années.

Le salaire horaire médian d’un travailleur à temps plein au Japon n’est pas plus élevé qu’en 1993. Et le salaire horaire réel moyen de l’ensemble des travailleurs japonais – et pas seulement des travailleurs à temps plein – a baissé de 10 % par rapport à son pic de 1997.

Source : Katz

Source : Katz

Parallèlement, l’impôt sur les bénéfices des sociétés a été réduit de 50 % à seulement 15 %. Les bénéfices ont doublé, passant de 8 % du PIB à 16 %, mais les recettes fiscales du gouvernement ont chuté de 4 % du PIB à 2,5 %.

Ces baisses de l’impôt sur les bénéfices des sociétés n’ont pas entraîné d’amélioration de la croissance des investissements des entreprises. Au lieu de cela, les entreprises ont thésaurisé leurs liquidités ou investi en obligations d’État et en bourse. Le système s’est financiarisé comme partout ailleurs, soumis à l’influence américaine !

Source : Katz

La clé de l’échec de ces mesures néolibérales visant à stimuler l’investissement des entreprises et à mettre fin à la stagnation de l’économie japonaise depuis les années 1990 réside dans la baisse de la rentabilité des investissements en capital.

C’est exactement le même phénomène que l’on constate par ailleurs et que je decris sans relache:

-chute de la profitabilité du capital,

-tentative de hausser le taux d’exploitation des salariés,

-baisse des impôts sur le capital,

-subventions au capital

-fuite dans l’endettement et

-repression financiere qui euthanasie l’épargne des ménages

-instauration d’un systeme de jeu spéculatif boursier national et international.

Au Japon, la rentabilité des investissements a chuté plus que dans toute autre économie du G7.

Source : séries EWPT et AMECO

Source : FMI

Les grandes entreprises promeuvent l’idée de la semaine de quatre jours pour accroître la productivité. La croissance de la productivité est inexistante. La croissance de l’investissement des entreprises est très faible. Les entreprises japonaises ont augmenté leurs bénéfices au détriment des salaires, mais elles n’investissent pas productivement dans les nouvelles technologies et les équipements améliorant la productivité. L’investissement réel n’est pas plus élevé qu’en 2007. L’investissement public (environ un quart de l’investissement des entreprises) est statique.. Le taux de croissance « potentiel » du PIB réel du Japon est proche de zéro.

Pendant ce temPs, les déficits publics s’accumulent avec un gaspillage énorme. L’énorme dette publique la majeure partie de cette dette est détenue par la Banque du Japon et les grandes banques

Source : FMI

3 réflexions sur “Important. Le Japon craque, un pays dans l’impasse ; il se heurte à un mur colossal sans solution visible

      1. En France nous avons depuis des décennies une hausse croissante de la masse salariale des services publics qui représente aujourd’hui 40% des dépenses de l’ Etat, soit 5,8 millions d’ agents publics ( entre 2022 et 2023 : + 61 900 agents supplémentaires ). L’ Etat subventionne tout et n’ importe quoi. D’ ici à 2030 l’ Etat va subventionner l’ industrie musicale à hauteur de 500 millions d’ euros. Au niveau de la Commission Européenne des agents publics sont payés pour réfléchir sur le bon calibre des légumes qui vont êtres commercialisables dans les grandes surfaces. Les DPE qui retirent progressivement le droit de propriété du logement, ainsi que les ZFE, qui de leur coté retirent progressivement le droit de circuler librement. Le petit patronat acculé à la faillite tout comme les paysans qui, s’ ils ne se suicident pas, rejoignent la multinationale pour agrandir le cercle du prolétariat désoeuvré. La ruine du paysan permet aux collectivisateurs de faire main basse sur la propriété privée des agriculteurs : ‘ Le sol ne peut être que la propriété nationale ‘ Karl Marx, 1872. Aujourd’hui le socialisme des moeurs surpasse celui des lois avec l’ appuis d’ associations comme LGBTQIA d’ où doit advenir ‘ l’ homme nouveau ‘ en redéfinissant le modèle familial ancestral au travers de ‘ l’ union libre ‘ éradiquant de fait, la notion de mariage, de famille traditionnelle constituée d’ un père et d’ une mère selon les lois de la nature. N’ est ce pas dans la seconde internationale démontrée par le socialisme scientifique qu’ il est mentionné que : l’ infrastructure modifie la superstructure ? Le socialisme ‘ change le milieu pour changer l’ homme ‘. La révolution par la petite caste élitiste au travers d’ un Etat mondial omnipotent, qui écrase la liberté individuelle, d’ où la fabrique du crétin déraciné de son identité et de l’ héritage de ses ancêtres, manipulable à souhait pour mieux l’ exploiter.

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