Editorial radical: le monde actuel est-il extrapolable sans limite?

Le PE ratio de Shiller est à près de 39 fois les bénéfices normalisés , cela parait insensé; toutes les mesures prouvées utiles pour l’investissement sont pulvérisées , en particulier les meilleures, celles qui sont conçues, calculées et publiées par Hussman et qui sont des améliorations du critère de Warren Buffett.

Grosso modo, sur des bases historiques, le marché est deux fois trop cher, il devrait baisser de 50% pour retrouver des niveaux normaux et procurer une rentabilité satisfaisante avec un risque acceptable..

Ces valorisations astronomiques ne sont pas contestables surtout depuis la hausse des taux longs qui, si on accepte l’équation idéologique mensongère de la Fed , font ressortir des primes de risques nulles.

Dans une optique d’investissement les valorisations actuelles garantissent qu’à horizon de 12 ans, -qui est le meilleur horizon pour un cycle complet-, à horizon de12 ans la rentabilité d’un placement en actions aux niveaux actuels sera inférieure au rendement des Treasuries.

Mais bien sur si le marché chute de mettons 40 à 50% entre temps , un achat effectué sur les bas cours permettra un retour à une rentabilité normale d’environ 10% l’an.

Mais au fond la question n’est pas bien posée car tous les raisonnements et tous les critères sont produits par l’histoire , ils supposent qu’il y aura un retour aux normes , à la normale historique.

La vraie question est celle ci ; ne sommes nous pas dans une nouvelle ère? Y aura- t il obligatoirement un retour aux normes d’antan, le monde a -t-il changé, « deux » plus « deux » ne font ils plus « quatre », peut-on raser gratis indéfiniment?

Pour répondre à ces questions il faut comprendre pourquoi on est sorti des normes et pourquoi ce n’est plus comme avant. Qu’est ce qui caractérise la New Era actuelle?

Ma reponse est :

-cest la financiarisation

-c’est la croissance astronomique des dettes et du credit

-c’est le creusement colossaldes déficits

Pour résumer, c’est la politique monétaire fondée sur la doctrine de l’inflationnisme. Cette doctrine prétend que tous les problèmes qui se posent à nos sociétés peuvent être traités par la création de crédit de dettes et de monnaie.

JE DIS BIEN TRAITES, JE N’AI PAS DIT RESOLUS

Tout peut être traité par la monnaie, par les dettes , par le crédit ce qui signifie que tout peut être repoussé dans le futur, quand on a fait « n » on peut toujours faire « n+1 ».

On peut toujours « kick the can », le monde est linéaire, dérivable.

Il n’y a jamais de rupture , jamais on ne se trouve devant le fractal, tout peut être extrapolé.

Tout est effet de flux et jamais effet de stock.

il n’y a jamais de fétu de paille qui brise le dos du chameau.

Il n’y a jamais jamais de goutte d ‘eau qui fait déborder le vase.

Le système dans lequel nous sommes échappe à l’entropisation et donc à la criticalité de Per Bak et à la Falaise de Sénèque.

Nous avons volé le feu aux dieux, nous sommes des magiciens , nous avons vaincu Méphistophélès et le Malin.

Nous sommes sortis de l’Histoire, nous avons échappé à la dialectique des forces antagoniques, au jeu des contraires.

Tout peut être considéré comme résolu en repoussant les limites dans le futur.

Est ce possible ?

Oui à une condition qui est que:

pour le faire il faut pouvoir émettre de la monnaie et du crédit sans limite, c’est à dire qu’il faut supposer que les peuples seront toujours assez stupides et veules pour accepter toujours plus de fausse monnaie, plus de crédit insolvable et plus de promesses intenables.

Il faut supposer que les peuples, les masses jouiront toujours de se faire baiser.

Cela étant posé, à vous de choisir; croyez vous à la connerie sans limite des peuples ou croyez vous à une prise de conscience progressive, rationnelle qui produirait ses effets positif dans le monde économique financier et monétaire réel?

Vous pouvez aussi opter pour une autre hypothèse , qui est celle que je retiens:

l’avenir, le futur nous échappent, ils ne sont pas à la portée des hommes, ou de leur volonté, c’est le poids du Réel, qui objectivement détermine le cours de l’Histoire.

Albert Edward

Pas de quoi s’inquiéter, j’en suis sûr. C’est une « Nouvelle Ère », vous savez. Tout comme la dernière !

Mesdames et Messieurs, le ratio cours-bénéfice de Schiller s’établit à 38,79, ce qui en fait le deuxième marché le plus surévalué de l’histoire.

Une réflexion sur “Editorial radical: le monde actuel est-il extrapolable sans limite?

  1. La valeur réelle est effacée par la monnaie inflationniste: le ratio de Shiller, artefact d’artefacts fiduciaires, ne mesure qu’un faux signal, symptôme de la dégradation monétaire, non de la surévaluation des actifs. Tout doit toujours être rapporté à l’or.

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