Je ne vends rien , je ne cherche pas à vous persuader; j’analyse les évènements à la lueur d’une grande expérience et d ‘un bagage historique et théorique que bien peu possèdent.
Nous sommes en fin de cycle long du crédit.
Ceci implique et explique que la Reserve Federale américaine a perdu l’essentiel de ses marges de manoeuvre et de sa liberté régulatrice.
Le passé accumulé bloque en quelque sorte l’adaptation au présent et l’avenir; il n’y a plus de bonne solution; tous les choix sont mauvais, négatifs.
La politique en fin de cycle se présente comme un dilemme,
Nous y sommes .
Vous constaterez cette évidence en lisant les déclarations ci dessous; elles confirment mon diagnostic d’impasse, impasse signifie qu’il n’y a pas de bon choix.
Quand une institution parvient dans une impasse elle fait toujours la même chose, elle essaie de changer la règle du jeu; ici aussi cela se vérifie: les discours se multiplient qui essaient d’un coté de réviser l’histoire monétaire et de l’autre coté d’élargir les missions de la Fed, de briser sa Charte, de faire sauter les verrous et les limites.
TOUT CECI NE FAIT QU’ETAYER MA THESE DE L’IMPASSE
LISEZ
1er octobre – New York Times:
« La Réserve fédérale était déjà confrontée à une décision difficile quant à la rapidité de la baisse des taux d’intérêt après avoir repris les baisses le mois dernier. Mais cette décision deviendra encore plus difficile si la paralysie des administrations publiques prive la banque centrale de données essentielles qui l’aident à évaluer l’état de l’économie.
Le Bureau of Labor Statistics a déclaré qu’il ne publierait pas le très attendu rapport sur l’emploi de vendredi. D’autres données clés, notamment le prochain rapport sur l’indice des prix à la consommation, sont également menacées si le Congrès et le président Trump ne parviennent pas à un accord rapidement. »
30 septembre – Bloomberg :
« La présidente de la Réserve fédérale de Dallas, Lorie Logan, a déclaré que les décideurs politiques devraient se montrer prudents avant d’envisager de nouvelles baisses de taux d’intérêt tant que l’inflation reste supérieure à l’objectif et que le marché du travail est relativement équilibré.
« La combinaison d’une inflation persistante, d’une demande résiliente et d’une faible sous-utilisation des ressources sur le marché du travail me suggère que la politique monétaire n’est probablement que modérément restrictive », a déclaré Mme Logan…
« La marge de manœuvre pour procéder à des baisses de taux supplémentaires pourrait être relativement limitée… Il est crucial que le FOMC tienne son engagement d’atteindre une inflation de 2 %.
Pour y parvenir, il faudra adapter soigneusement l’orientation de la politique monétaire… L’augmentation progressive de la sous-utilisation des ressources sur le marché du travail à ce jour correspond à mes attentes et est nécessaire pour faire baisser l’inflation », a-t-elle ajouté.
29 septembre – Reuters :
« La Réserve fédérale américaine doit maintenir une politique monétaire restrictive pour ramener l’inflation à son objectif de 2 %, a déclaré Beth Hammack, présidente de la Fed de Cleveland, à CNBC… “
La période est difficile pour la politique monétaire. Nous sommes mis à l’épreuve des deux côtés de notre mandat”, a-t-elle déclaré… “Quand je mets en balance ces deux aspects de notre mandat, je pense que nous devons vraiment maintenir une politique restrictive pour ramener l’inflation à notre objectif… Quand je commence à voir des pressions du côté des services, des secteurs comme l’assurance qui alimentent notre super-inflation sous-jacente, cela me dit que cela ne vient peut-être pas seulement de l’impact des droits de douane, et que c’est un problème auquel nous devons être plus attentifs”, a ajouté Mme Hammack.
29 septembre – Reuters :
« Le président de la Réserve fédérale de Saint-Louis, Alberto Musalem, s’est dit ouvert à de nouvelles baisses des taux d’intérêt, mais la Fed doit faire preuve de prudence et maintenir ses taux suffisamment élevés pour continuer à lutter contre l’inflation, qui reste environ un point de pourcentage au-dessus de l’objectif de 2 % de la banque centrale.
« La politique monétaire se situe désormais entre une politique légèrement restrictive et une politique neutre », a déclaré M. Musalem… « Je suis ouvert à d’éventuelles baisses futures des taux d’intérêt. Je pense que nous devons agir avec prudence, car la marge de manœuvre entre aujourd’hui et le moment où la politique deviendra trop accommodante est limitée. »
29 septembre – Reuters:
« Le président de la Réserve fédérale de New York, John Williams, a déclaré… que l’apparition de signes de faiblesse sur le marché du travail l’avait poussé à soutenir une baisse des taux d’intérêt lors de sa dernière réunion.
Il a déclaré : « Il était logique de baisser légèrement les taux d’intérêt » et de « lever un peu les restrictions », afin de garantir la bonne santé du marché du travail tout en maintenant une pression à la baisse sur les niveaux d’inflation supérieurs à l’objectif… »
30 septembre – Bloomberg :
« Le vice-président de la Réserve fédérale, Philip Jefferson… a averti que la banque centrale américaine était confrontée à un ralentissement du marché du travail parallèlement à une augmentation des pressions inflationnistes, ce qui complique les perspectives de politique monétaire.
Jefferson a déclaré que le niveau d’incertitude entourant ses perspectives économiques était élevé, compte tenu de l’ampleur des changements de politique monétaire mis en œuvre par la Maison Blanche… « Je considère que les risques pour l’emploi sont orientés à la baisse et les risques pour l’inflation à la hausse », a-t-il déclaré… « Il s’ensuit que les deux volets de notre mandat… sont sous pression. »
29 septembre – Bloomberg :
« Le gouverneur de la Réserve fédérale, Stephen Miran, espère peut-être encore persuader ses collègues de la banque centrale qu’il est justifié de réduire considérablement les taux d’intérêt. Mais il n’a pas convaincu grand monde à Wall Street.
Les économistes ont accueilli froidement le premier discours politique majeur de Miran, dans lequel il a soutenu que les politiques de l’administration Trump – en matière de commerce, d’immigration, de fiscalité et de réglementation – ont considérablement abaissé le niveau des taux d’intérêt nécessaires pour se prémunir contre l’inflation.
Cela suggère que le taux de référence de la Fed est désormais beaucoup trop élevé, a déclaré Miran, arguant que les décideurs politiques ont mis du temps à reconnaître ce changement fondamental. « Nous trouvons certains de ses arguments discutables, d’autres incomplets et presque pas convaincants », a écrit Michael Feroli de JPMorgan Chase & Co.… »
1er octobre – Bloomberg :
« L’ancien secrétaire au Trésor, Lawrence Summers, a fustigé le premier discours de Stephen Miran en tant que gouverneur de la Réserve fédérale, affirmant qu’il ne fournissait pas de base analytique appropriée pour une réduction drastique des taux d’intérêt. « Je ne me souviens pas d’un « Un discours analytiquement plus faible prononcé devant le New York Economic Club ou prononcé par un gouverneur de la Fed », a déclaré Summers… « Si c’était le meilleur argument en faveur de la réduction radicale des taux d’intérêt que le président Trump a préconisée, alors cet argument est encore plus faible que je ne l’avais supposé auparavant. »
C’est clair n’est ce pas?
Vous avez apprécié au passage la stupidité des propos de Miran ils reflètent la stupidité de l’ensemble de la politique de Trump, contradictoire, absurde, sans stratégie réelle, faite décisions impulsives au jour le jour.
Nous sommes dans uns situation historique d’« excès en phase terminale ».
Nous sommes au point culminant d’une bulle mondiale historique du crédit qui a duré plusieurs décennies. Tout le monde est concerné, je maintiens que LA BULLE est mondiale même si elle s’origine aux Etats Unis émetteurs de la monnaie mondiale.
Tout est bullaire, tout est mal valorisé, le risque n’est pas à son prix, tout est mal financé, tout est désajusté. « Tout » est faux, bidon , insoutenable , et ce « Tout » ne tient que si et seulement si on réinjecte de l’air chaud, des liquidités, de l’appétit pour le jeu, l’air chaud étant? dans le domaine financier de la monnaie, du crédit et des dettes nouvelles …
8 septembre – Forbes :
« Si vous cherchez une autre raison pour laquelle la Banque du Japon ne relèvera pas ses taux de sitôt, le chiffre de 338 000 milliards de dollars est tout à fait pertinent. C’est le seuil d’endettement atteint par l’économie mondiale au second semestre 2025, après une forte hausse de 21 000 milliards de dollars au cours des six premiers mois de l’année.
Sans surprise, le Japon fait partie des pays que l’Institute of International Finance (IFI) identifie comme endroit « où les marchés craignent une aggravation des tensions budgétaires ». Le Japon affiche déjà le plus fort endettement parmi les pays développés, soit environ 260 % du produit intérieur brut. Et, déjà, les rendements des obligations d’État japonaises à 20 ans (JGB) sont proches de leurs plus hauts niveaux depuis 1999. »
Tout est subprime et c’est bien pire qu’en 2008 car les chiffres sont des multiples de ceux de 2008, l’extension bullaire est bien au dela de l’immobilier, et elle est mondiale. Les maillons faibles sont nombreux; Japon , Grande Bretagne, Wall Street et son IA, les repos, le Crédit Privé, la montagne des dérivés etc etc.
La dynamique des bulles est en marche et elle ne peut plus être arrêtée; c’est exactement ce qui est signifié par l’impasse de la Fed, c’est marche ou crève et si marcher retarde encore les échéances, c’est au prix d’un sinistre encore plus grand à l’avenir; le besoin de destruction est considerable.
Ce qui s’est passé à propos du financement hypothécaire lors de la crise des subprime américain offre un éclairage pertinent. Alors que cette bulle a implosé au quatrième trimestre 2008, l’excès de crédit avait atteint un pic l’année précédente en 2007..
La croissance de la dette non financière avait atteint un niveau nominal de 692 milliards de dollars au deuxième trimestre 2007.
La croissance des actifs des courtiers (682 milliards de dollars) et des pensions livrées (436 milliards de dollars) avait culminé au premier trimestre 2007.
La croissance des obligations d’entreprises avait atteint un record de 471 milliards de dollars au troisième trimestre 2007 (un record détenu jusqu’à la pandémie).
Le S&P 500 avait atteint un sommet cyclique le 11 octobre 2007.
En juin 2007, deux fonds Bear Stearns – le High-Grade Structured Credit Fund et le Enhanced Leveraged Fund – avaient agi comme canaris et en même temps comme comme catalyseurs du chaos avenir .
Ces fonds avaient eu recours à des CDO sophistiqués, des produits dérivés, un fort effet de levier, à des stratégies agressives et comme c’est souvent le cas en phase terminale, les stratégies « sophistiquées » intégrant produits dérivés et effet de levier agressif reposaient sur l’hypothèse fallacieuse de marchés liquides et continus.
L’implosion des fonds Bear Stearns a pratiquement mis fin à la bulle des subprimes et des produits dérivés.
L’ alchimie de Wall Street qui avait transformé des prêts hypothécaires à haut risque, quasiment illimités, en instruments financiers perçus comme relativement sûrs et liquides a été exposée, laissant des prix immobiliers gonflés et une multitude de spéculateurs surendettés. Un cycle complet de fraudes a été mis a jour.
La contagion a été rapide et sanglante, systémique. La Fed a baissé ses taux de 5,25 % à 2,00 % entre septembre 2007 et avril 2008. Cela n’a fait qu’exacerber les « excès de la phase terminale », aggravant la crise financière qui allait suivre!
Cela ne vous dit rien?
Les baisses de taux en fin de cycle pour éviter les purges et les destructions sont redoutables; elles multiplient l’ampleur et la gravité de la future catastrophe!
2 octobre – CNBC :
« Christian Stracke, président de PIMCO, est optimiste quant au segment du financement sur actifs du marché du crédit privé, mais met en garde contre des « fissures » dans le secteur du crédit direct aux entreprises, qui représente l’essentiel du secteur. S’exprimant lors du sommet annuel Milken Asia, M. Stracke a souligné l’écart grandissant entre les deux sphères du crédit. « Il y a des problèmes [dans le crédit privé aux entreprises] : les emprunteurs s’adressent à leurs prêteurs et leur disent : « Puis-je ne pas vous verser les intérêts en espèces maintenant, mais vous les emprunter et les payer plus tard ? » C’est ce qu’on appelle le paiement en nature [PIK], et c’est assez courant en ce moment », a déclaré M. Stracke.
Document; une reunion au sommet des gnomes sur le risque à la stabilité financière; autrement dit sur la future crise financière!
Alerte. Crédit US, ça pue, toute une nuée de canaris quittent la mine d’or du crédit pourri!
EDITORIAL. LES CHIFFRES DE DETTE SONT ASTRONOMIQUES MAIS EN PLUS ILS SONT MINORES. LA FIN DU CYCLE ARRIVE MAIS ON JOUE LES PROLONGATIONS.
Un article à ne pas manquer. L’épingle se rapproche de la bulle de l’Intelligence Artificielle; la bêtise naturelle de la finance.
Bonjour,
Merci pour le diagnostic, mais comment peut on se protéger?
Je ne vois que l’or physique à ce stade, plus du cash, plus l’asie où la Chine me paraît être beaucoup plus à même de gérer la fin du cycle, elle a en réserver avec ses voisins un réservoir considérable de nouveaux consommateurs et d’effectifs pour une classe moyenne.
Je parle d’un horizon à 15 ans par exemple, minimum, je serais à la retraite au minimum dans 15 ans.
Qu’en pensez-vous?
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