Bill Bonner
Les États-Unis répètent-ils les erreurs des empires passés ? Leur faste ? Leur vanité ?
Que pensez-vous de ceci, le New York Times : Trump a dévoilé publiquement ses plans pour l’Arc la semaine dernière, lors d’un dîner en l’honneur des riches donateurs qui financent l’extension de la salle de bal de la Maison Blanche, d’un montant de 200 millions de dollars.
Il a présenté des rendus et trois maquettes de tailles différentes, toutes similaires à l’Arc de Triomphe, monument néoclassique français achevé au XIXe siècle. « Petit, moyen ou grand, quel que soit le modèle, ils sont magnifiques », a déclaré M. Trump en découvrant les maquettes.
« Je trouve que le plus grand est, de loin, le plus beau. »
Les Arcs de Triomphe sont conçus et construits lorsque la nation triomphe. L’Arc de Triomphe français a été conçu en 1806. À cette époque, rien ne semblait pouvoir arrêter la victoire française sous la conduite de Napoléon.
En 1805, la Grande Armée battit les forces combinées russo-autrichiennes à Austerlitz. Bonaparte feignit la retraite, puis fit demi-tour pour écraser l’ennemi. Cette victoire fut si éclatante qu’elle plaça le Corse au même rang de génies qu’Hannibal et Alexandre le Grand.
En 1806, la France était au sommet du monde… ses « grands bataillons » prêts à partir… et son chef, inégalé.
…
Six ans seulement après la construction de l’arc, les Français, furieux contre le tsar pour non-respect des sanctions commerciales, attaquèrent la Russie. La campagne fut un désastre. Trois ans plus tard, l’empire européen de la France était fini. Napoléon, peut-être le plus grand militaire de sa génération, s’était fait trop d’ennemis. Deux des plus grands d’entre eux – l’Angleterre et la Prusse – l’avaient piégé à Waterloo. Et les triomphes étaient terminés.
Bonaparte passa le reste de sa vie en exil à Sainte-Hélène, à combattre des rats.
L’Arc de Triomphe est inspiré de l’Arc de Titus à Rome. Lui aussi fut construit près de l’apogée de la gloire romaine – en 81 apr. J.-C. – par Domitien en mémoire de son frère Titus. C’est Titus qui mena le siège de Jérusalem, où il infligea aux Juifs un traitement comparable à celui qu’ils infligent aujourd’hui aux Gazaouis. Il rasa leur ville, détruisit leur temple et dispersa et réduisit en esclavage les survivants.
Ces triomphes étaient incroyablement appréciés par les masses. Elles pouvaient participer, ne serait-ce que de loin, au butin… observer les esclaves qui seraient ensuite vendus aux enchères… et ils avaient le plaisir d’assister à l’exécution publique de leurs ennemis (du moins, on leur disait qu’ils étaient ennemis).
César lui-même ramena le rebelle Vercingétorix et le fit étrangler devant une foule romaine en liesse.
Maduro, tu m’écoutes ?
Mais l’horloge de Rome tournait aussi.
Jusqu’aux environs de l’an 100 après J.-C., l’histoire de Rome se résumait à une succession de conquêtes. À chaque fois, le général vainqueur se voyait accorder un « triomphe », au cours duquel il marchait dans les rues à la tête du butin, des esclaves et des captifs qu’il ramenait.
Après l’an 100, Rome se retrouva sur la défensive. S’ensuivit une longue et difficile descente aux enfers… sans nouvelles conquêtes… et peu de triomphes.
Les marchés de bulle connaissent aussi leurs moments de gloire… juste avant leur effondrement. C’est également à ce moment-là que les prix s’éloignent le plus des valeurs réelles. Chris Mayer, qui dirige Woodlock House Family Capital depuis notre bureau en Irlande, nous fait part de cette information remarquable : Depuis début septembre, les entreprises affichant des bénéfices positifs sur l’indice Russell 5 000 n’ont quasiment pas progressé. En revanche, les entreprises affichant des bénéfices négatifs, c’est-à-dire celles qui ont perdu de l’argent, ont progressé de 17 %.
Et qu’en est-il d’OpenAI, dont la valeur est aujourd’hui estimée à environ 500 milliards de dollars ? Ce business plan vous rappelle-t-il 1999 ? Sam Altman l’a expliqué : Honnêtement, nous n’en avons aucune idée. Nous n’avons jamais généré de chiffre d’affaires. Nous n’envisageons pas d’en générer. Nous ignorons totalement comment nous pourrions un jour générer des revenus. Nous avons promis aux investisseurs qu’une fois ce système intelligent, nous lui demanderions de trouver un moyen de générer un retour sur investissement. [Rires du public]
On dirait un épisode de Silicon Valley, vraiment, je comprends. Vous pouvez en rire, c’est normal. Mais c’est ce que je crois vraiment. Cette interview a eu lieu en 2019. Et aujourd’hui, OpenAI perd toujours de l’argent, environ 5 milliards de dollars l’année dernière. Qu’en pensons-nous ? Les arches des autorités fédérales et les jalons d’investissement… nous révèlent les passions que leurs concepteurs ont perçues. Et nous… nous attendons simplement la « décomposition de ces épaves colossales ». Restez à l’écoute…
Salutations, Bill Bonner
Bonsoir M. Bertez
Il y a déjà une réplique, aux deux tiers, de l’arc de triomphe à Las Vegas , partie du complexe Paris- Las Vegas – Il y a un casino bien sûr.
On peut encore espérer que la Maison Blanche, n’en devienne pas un.
Cordialement
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