THE BIG SHORT

Je ne pense pas que Burry ait réellement parié sec 1,1 milliard de dollars, la présentation est à mon avis plutôt publicitaire pour frapper les esprits et déclencher des ventes de suiveurs; mais on verra, c’est un beau coup

Michael Burry vient de parier 1,1 milliard de dollars que la révolution de l’IA est un mensonge.

Pas la technologie elle même . Non, la valorisation.

Aujourd’hui, 80 % de son portefeuille est investi en options de vente sur Nvidia et Palantir… les géants de l’ère numérique.

Il ne s’agit pas de couverture de risque, mais de conviction.

La même conviction qui lui a rapporté 700 millions de dollars lorsqu’il a parié sur la baisse sur la bulle immobilière subprime , alors que le monde entier le traitait de fou.

Burry fait le même constat en ce moment . La même fièvre. Les mêmes calculs qui ne fonctionnent pas.

Nvidia se négocie à 54 fois ses bénéfices. Référence historique : 20.

Palantir, à 449 fois.

Ce sont des chiffres qui exigent une perfection absolue. Des chiffres qui n’ont jamais résisté à la réalité.

En 1999, les valeurs technologiques ont généré 80 % des gains du marché avant de perdre 78 % lors du krach.

Aujourd’hui, l’IA représente 75 % de la performance du S&P 500. Le scénario reste le même. Seul le décor a changé. Les dépenses mondiales en IA ont explosé pour atteindre 200 milliards de dollars par an, soit une hausse de 120 %. Pourtant, les gains de productivité peinent à dépasser les 20 %.

On construit des cathédrales avant même d’avoir prouvé l’existence de Dieu.

54 % des gestionnaires de fonds parlent désormais de bulle. Ce ne sont pas des pessimistes, mais bien ceux qui gèrent l’argent.

Le calcul énergétique à lui seul est apocalyptique. L’IA consommera 1 % de l’électricité mondiale d’ici 2027. Cela représente 100 milliards de dollars de coûts pour 200 milliards de dollars de dépenses… avant même le moindre retour sur investissement avéré.

Michael Burry ne parie pas contre l’intelligence artificielle. Il parie contre la nature humaine… notre propension à confondre élan et permanence, récit et chiffres, révolution et invulnérabilité.

Toute technologie révolutionnaire atteint ce moment : celui où la promesse se concrétise, où les convaincus cessent de calculer et se lancent dans une croisade. L’électricité a bel et bien existé. Le krach boursier de 1929 a bel et bien existé. Les deux sont vrais.

Le PDG de Palantir qualifie la position de Burry de « complètement dingue ». Évidemment. Quand on est le prêtre, le sceptique est toujours l’hérétique. Mais Burry a déjà été l’hérétique. Il a acheté des CDS (Credit Default Swaps) quand Wall Street s’en moquait. Il est reparti avec une fortune colossale quand Wall Street est repartie les mains vides.

On parle d’une valeur de marché de 5 000 milliards de dollars pour l’IA, basée sur une seule hypothèse : que les courbes exponentielles ne s’aplatissent jamais, que la concurrence n’arrive jamais, que les marges ne se réduisent jamais, que le retour à la moyenne a disparu avec l’ancienne économie. Non. Si les résultats du quatrième trimestre s’effondrent, si les marges de 75 % de Nvidia diminuent, si l’adoption stagne ou si l’approvisionnement en puces se brise… le retournement de situation remodèlera les marchés pour toute une génération.

Non pas à cause d’un échec de l’IA, mais parce que les mathématiques ont enfin retrouvé toute leur importance.

Burry est peut-être en avance sur son temps. Il l’est souvent. Mais il y a une différence entre être en avance sur son temps et se tromper.

Et le temps ne s’est jamais perdu.

Une réflexion sur “THE BIG SHORT

  1. « Mais il y a une différence entre être en avance sur son temps et se tromper. »Cette phrase est évidemment fausse du point de vue purement boursier, surtout sur des produits à terme comme les options et futures.

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