Les Britanniques veulent la Troisième Guerre mondiale et celui qui les suit,- suivez mon regard,- la veut aussi !

De temps à autre, les rédacteurs du RUSI, le groupe de réflexion du ministère britannique de la Défense, produisent des recherches intéressantes. Mais le plus souvent, ils s’emploient à propager des inepties bellicistes.

Un article récent de Jack Waitling paru dans Foreign Affairs relève de cette dernière catégorie.

L’hiver le plus rigoureux pour l’Ukraine – Foreign Affairs , 11 novembre 2025.
Face au péril du Donbass, l’Europe doit faire pression sur la Russie dès maintenant.

Je laisse à d’autres le soin de se moquer des dizaines de mensonges flagrants, d’affirmations mensongères et d’illusions qu’ils contiennent.

La thèse principale de Waitling est que des pressions économiques accrues sur la Russie la contraindront d’une manière ou d’une autre à un cessez-le-feu sans concessions de la part de l’Ukraine. Or, ses suggestions quant à la manière d’y parvenir visent toutes à entraîner l’Europe dans un conflit encore plus direct avec la Russie.

Pour soutenir la campagne ukrainienne contre l’industrie pétrolière russe, les Européens devraient fermer le détroit du Danemark :

Pour les partenaires internationaux de l’Ukraine, la question est de savoir s’ils sont prêts à répondre à la campagne ukrainienne contre les infrastructures pétrolières russes par une pression réelle, et non symbolique, sur l’économie russe. Cela implique avant tout de cibler la flotte parallèle russe : des centaines de pétroliers vétustes, opérant sous pavillon de complaisance, souvent sans assurance ni équipage qualifié, pour acheminer son pétrole vers l’Inde et la Chine.

Il faudra pour cela bloquer 80 % des exportations de pétrole russe par voie maritime qui transitent par le détroit du Danemark et menacer de sanctions secondaires les ports où déchargent les navires de cette flotte parallèle.…

Certains gouvernements européens, dont le Danemark, ont invoqué le traité de Copenhague de 1857, un accord international établissant le transit en franchise de droits des navires commerciaux dans les eaux danoises, comme un obstacle juridique à toute action. Mais il s’agit là d’un prétexte plutôt que d’un véritable obstacle. 

Les pays riverains de la mer Baltique, à l’exception de la Russie, pourraient convenir d’un nouveau traité exigeant des navires qu’ils respectent certaines normes d’assurance et de certification pour être autorisés à naviguer en mer Baltique, par exemple, au nom de la protection de l’environnement. 

Étant donné que les navires vieillissants de la flotte de réserve ne répondent pas à ces exigences, un tel traité leur interdirait l’accès aux détroits. Ceci ne porterait pas atteinte au principe de transit en franchise de droits pour la navigation commerciale dans les eaux danoises.

Bonne idée. Mais comment faire respecter une telle absurdité ?


Ni la Russie, ni aucun pays non membre de l’OTAN, ne reconnaîtrait un tel traité. Les navires non assurés à Londres, c’est-à-dire la « flotte de l’ombre », continueraient de naviguer, mais escortés par les forces navales russes. Quel pays serait prêt à couler la frégate russe protégeant un convoi de navires de cette « flotte de l’ombre » contre toute intervention extérieure ? Sur quels fondements juridiques ?

L’Ukraine n’a pas de problème de recrutement, affirme Waitling, mais doit bénéficier d’une meilleure formation sur le terrain dispensée par les forces de l’OTAN :

La situation des effectifs en Ukraine suscite une grande confusion. D’un côté, l’Ukraine dispose de suffisamment de personnes pour poursuivre le combat. Au niveau national, il n’y a pas de problème d’effectifs. Mais le nombre de fantassins opérationnels au sein des Forces armées ukrainiennes diminue depuis près de deux ans. À un moment donné, ce nombre atteindra un niveau tel qu’il sera impossible de tenir le front, à moins d’un changement radical de la stratégie de Kiev en matière de génération de forces.

Le défi consiste moins à retirer les gens de la rue qu’à améliorer la qualité et les capacités de formation et d’intégration de l’infanterie ukrainienne au sein des brigades de combat. L’armée ukrainienne compte aujourd’hui plus de militaires qu’à aucun autre moment de la guerre, mais elle est incapable de former son personnel aux fonctions de combat en première ligne. Pour résoudre ce problème croissant, le nouveau corps d’armée ukrainien devra instaurer des rotations de brigades et permettre aux unités les plus performantes de contribuer à la formation des unités les moins compétentes.

Avec plus de 160 000 désertions rien que cette année en Ukraine, on peut douter qu’une meilleure formation se traduise par un plus grand nombre de soldats ukrainiens en première ligne.

Il s’agit d’un domaine où les partenaires internationaux de l’Ukraine peuvent apporter une contribution significative. Les États européens pourraient également dispenser une formation militaire sur le territoire ukrainien. En permettant aux forces ukrainiennes de s’entraîner sur leur matériel, dans un contexte où les formateurs européens seraient appuyés par les commandants ukrainiens qui emploieront finalement ces soldats, une telle mesure répondrait directement aux défis de l’Ukraine en matière de génération de forces.

Certes, la présence de formateurs européens en Ukraine constituerait une cible tentante pour la Russie. Cependant, la Russie n’a connu qu’un succès limité dans ses tentatives d’attaques contre les formateurs ukrainiens ; il s’agit donc clairement d’un risque gérable, et ces mesures pourraient jouer un rôle clé dans la constitution des unités dont l’Ukraine a besoin pour maintenir sa ligne de défense.

Que peuvent bien enseigner des instructeurs européens de l’OTAN, sans la moindre expérience récente de la guerre, à des soldats ukrainiens engagés dans un conflit d’une intensité extrême depuis plus de trois ans ? Qui sera prêt à envoyer ces instructeurs en Ukraine ? Quel sera le plan après la mort de dizaines d’entre eux, victimes de l’inévitable frappe de missiles russes qui suivra leur déploiement ?

Waitling ne souhaite pas seulement envoyer des « formateurs » occidentaux en Ukraine, mais aussi leurs forces aériennes :

La Pologne et la Roumanie pourraient demander l’autorisation à l’Ukraine d’intercepter les menaces aériennes survolant son espace aérien et s’approchant de la frontière de l’OTAN, à l’instar d’Israël qui a intercepté de nombreux drones Shahed-136 iraniens dans l’espace aérien jordanien.

Sans imposer à la Pologne, à la Roumanie et à d’autres pays l’obligation d’engager des cibles au-dessus de l’Ukraine, une telle autorisation permettrait de coordonner les opérations aériennes européennes avec la défense aérienne ukrainienne. Ainsi, la coalition européenne pourrait projeter sa puissance aérienne en Ukraine à court terme.

Dans quel but précis envoyer des avions en Ukraine ? Abattre des drones à 50 000 $ avec des missiles à 2 000 000 $ ? Ou bombarder des positions russes ? On peut se demander combien de minutes un pilote qui tenterait une telle mission devrait survivre.

Les trois mesures envisagées par Waitling – la fermeture du détroit du Danemark au pétrole russe, l’introduction d’avions d’entraînement occidentaux en Ukraine et la projection de la puissance aérienne – augmenteraient considérablement le risque d’un conflit direct avec la Russie.

Il semble que ce soit précisément ce que Waitling cherche à faire.

EN PRIME

Positions communes Macron / Royaume-Uni sur l’Ukraine

  • Soutien ferme : Armes, formation, financement durable.
  • Sanctions renforcées : Si refus russe de cessez-le-feu.
  • Force de réassurance : Post-conflit, européenne, non frontalière (co-pilotée).
  • Coopération bilatérale : CJEF à 50 000 hommes, coordination nucléaire.
  • Paix avec l’Ukraine : Pas d’accord imposé (Trump-Poutine).

Différences

SujetMacronRoyaume-Uni
Troupes au solOuvert (ex. 2 000 à Odessa)Réticent, préfère attendre
Cessez-le-feu temporairePropose 1 mois (test russe)Refuse (risque remilitarisation)
Financement UESoutient SAFERefuse contribution
NégociationsPragmatique sur territoiresFerme sur souveraineté totale

Synthèse : Alignement stratégique fort, divergences tactiques (rythme, escalade).

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