Cette visualisation est intéressante, car elle met en lumière la dépendance structurelle des États-Unis vis-à-vis des investisseurs étrangers pour financer leur dette, avec l’Europe en position de force relative.
D’après les données du Trésor américain pour novembre 2025, les détentions étrangères de bons du Trésor US atteignent environ 9,355 trillions de dollars au total.
Le graphique montre une répartition claire :
- Asie : 3,704 trillions $ (dominée par le Japon à 1,203 billions $ et la Chine à 683 billions $, en baisse notable pour cette dernière).
- Europe : 3,635 trillions
(près de 39 % du total étranger), avec le Royaume-Uni en tête à 688 billions, suivi de la Belgique (481 billions $), du Luxembourg (426 billions $), de la France (376 billions $), de l’Irlande (340 billions $), etc. treasury.gov +1 - Amériques : 1,686 trillions $ (Canada 472 billions $, Îles Caïmans 427 billions $, Brésil 219 billions $, etc.).
- Autres régions (Océanie, Afrique) : Moins significatives, autour de 330 millards $ combinées.
Cela confirme que l’Europe détient effectivement près de 40 % des avoirs étrangers en Treasuries, un chiffre stable mais impressionnant en apparence .
Cependant, une nuance importante : une part substantielle des détentions européennes (via Belgique, Luxembourg ou Irlande) est souvent « custodiale », c’est-à-dire qu’elles servent de dépôts financiers pour des investisseurs mondiaux via des systèmes comme Euroclear. Cela signifie que les « détentions européennes » ne reflètent pas toujours des capitaux purement européens, mais plutôt des flux globaux transitant par l’UE.
« Is this the European bazooka ? » l’annonce d’AkademikerPension, un fonds de pension danois gérant 25 milliards $, qui vendra ses 100 millions $ en Treasuries d’ici fin janvier 2026 pourrait le faire croire..
Les raisons invoquées par son CIO, Anders Schelde : finances US « non durables », discipline fiscale faible, dollar affaibli, et même la pression de Trump sur le Groenland (qui appartient au Danemark).
C’est une décision symbolique, Mais en termes d’impact ? Négligeable. 100 millions $ représentent 0,0027 % des détentions européennes totales – une goutte d’eau dans un océan de 3,6 trillions $. Ce n’est pas un « bazooka » européen, mais plutôt un signal isolé d’un fonds modeste. Si d’autres fonds suivaient en masse, cela pourrait exercer une pression haussière sur les rendements US (en vendant, on fait baisser les prix et monter les taux), mais pour l’instant, rien n’indique un mouvement coordonné.
Les récentes tendances sont positives pour les USA : Les achats étrangers nets ont augmenté en novembre 2025 (221,8 milliards ), portés par le Japon, le Royaume-Uni, la Belgique et le Canada.
Le marché US absorbe facilement de gros volumes grâce à sa profondeur.
Risques géopolitiques : Sous Trump, les tensions avec l’Europe (tarifs, Groenland, OTAN) pourraient inciter plus d’investisseurs à diversifier vers l’or, l’euro ou d’autres actifs – comme le font déjà l’Inde et la Chine.
Mais l’Europe a autant à perdre : vendre massivement affaiblirait le dollar, et perturberait les flux commerciaux.
Par ailleurs le système européen a un besoin vital de dollars et de Treasuries afin d’assurer le refinancement de gros de ses banques …
On peut considérer (peut-être) que les avoirs détenus aux Iles Caïmans, soient gérés par la Grande-Bretagne, et les inclure avec celle-ci.
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