Editorial. Tourmente japonaise, hausse de l’or, ventes sur les Bourses, le paradigme risk-on/risk-off favorable aux fonds d’état est à la peine.

Je me bornerai à rappeler mon commentaire récurrent: le Japon est notre avenir, les mêmes causes produisent toujours les même effets même si leur mode d’apparaitre est différent.

La structure de base est simple, tout surendettement traité par la fuite en avant se paie soit par une crise de destruction des dettes , soit par une crise de destruction de la monnaie dans laquelle les dettes sont libellées.

Dans les années 90 face à une crise de surendettement le Japon a refusé l’assainissement il a choisi la fuite en avant par accroissement de la dette de l’état et la monétisation, les occidentaux les ont raillés et critiqués.

En 2008 c’est l’Occident qui a subi une crise de surendettement et au lieu de faire le contraire du Japon comme il aurait du le faire en raison logique de ses critiques, il a fait la même chose: fuite en avant avec production de dettes, de déficits monétisés plus ou moins directement.

C’est le sinistre Bernanke qui est responsable de ces choix imbéciles et irresponsables en raison de sa mauvaise interprétation de la crise de 1929 comme crise de liquidités. « Le fameux plus jamais cela »!

La crise de 2008 a été traitée « en faisant plus de tout ce qui avait conduit à la crise » conformément à la préconisation de Lawrence Summers; simplement la seconde partie de son conseil, la promesse de revenir à l’orthodoxie plus tard, cette seconde partie n’a jamais été mise tenue et mise en œuvre.

Au JAPON c’est l’heure des comptes, il n’y a plus de bonne option.

Un jour ce sera la même chose dans l’Occident dollarisé , la fuite en avant finit toujours par se payer , au centuple. On ne retarde l’heure des comptes qu’en aggravant l’addition!

-Il n’y a pas de free lunch,

-tout se paie,

personne ne marche sur l’eau,

la multiplication des pains est impossible,

-il n’y a pas de magiciens, il n’y a que des illusionnistes.

-Le seul pouvoir des gnomes et des gouvernements est de retarder l’inéluctable, , ils ne peuvent l’empêcher.

RJ Brooks

Les Japonais se rendront aux urnes le 8 février. Le Premier ministre Takaichi axe sa campagne sur la fin d’une austérité budgétaire « excessive » .

C’est d’une irresponsabilité flagrante. J’alerte depuis longtemps sur le fait que nous sommes aux prémices d’une crise de la dette mondiale .

Les rendements des obligations d’État à long terme ont fortement augmenté partout dans le monde.

Les marchés s’impatientent face à des gouvernements chroniquement incapables ou peu disposés à réduire la dette publique. Ce n’est pas le moment de faire comme si l’énorme dette du Japon n’était pas un problème.

Nier la réalité n’est pas une solution.

Pourtant, le déni semble être la seule stratégie du Japon. Il est presque certain que le ministère des Finances interviendra pour soutenir le yen. Or, cette intervention est vouée à l’échec car la Banque du Japon continue d’imprimer de la monnaie pour racheter massivement des obligations d’État. Cette situation exerce une pression à la baisse sur le yen.

Tant que cette pression perdure, l’intervention du ministère des Finances sera inefficace. Pire encore, elle donne une image d’incohérence du Japon, la Banque du Japon affaiblissant le yen alors même que le ministère des Finances tente de le renforcer.

Ce déni a atteint son paroxysme hier. L’annonce des élections a fait flamber les rendements des obligations à long terme. La courbe bleue du graphique de gauche ci-dessus représente l’écart de taux à 30 ans entre le Japon et ses pairs du G10. La courbe noire représente le yen pondéré par les échanges commerciaux par rapport au G10, les mêmes pondérations étant utilisées pour l’écart de taux et le panier de devises, ce qui permet une comparaison directe. Le graphique de droite présente les mêmes données, mais en variations quotidiennes : en points de base pour l’écart de taux et en pourcentage pour le yen pondéré par les échanges commerciaux.

Le plus étonnant hier, c’est que le yen a chuté malgré la forte hausse des taux d’intérêt japonais. Des taux d’intérêt plus élevés devraient attirer des flux de capitaux et, en moyenne, renforcer le yen.

Historiquement, c’est d’ailleurs ce qui s’est produit, comme l’atteste la courbe ascendante du graphique de droite.

La chute du yen hier signifie que nous sommes bel et bien en situation de crise budgétaire, à l’instar du Royaume-Uni en 2022. Il est important de noter que la baisse du yen hier aurait été plus marquée si les marchés n’avaient pas simultanément vendu massivement le dollar en raison des tensions liées au Groenland. L’ ampleur réelle de la faiblesse du yen a donc probablement été bien plus importante.

Le déni du Japon concernant sa dette est fermement ancré. Si les taux d’intérêt augmentent encore, le Japon pourrait sombrer dans une crise de la dette majeure. La Banque du Japon sera donc sollicitée pour plafonner les taux avant que la situation ne dégénère. Or, ce plafonnement artificiel ne fait que déplacer la prime de risque budgétaire du marché obligataire vers la devise. Le yen est la principale victime de ce déni japonais.

Il existe une solution pour le Japon. Comme je l’ai indiqué dans un article récent , le gouvernement dispose de nombreux actifs financiers qu’il peut vendre. La dette nette représente 130 % du PIB, bien en deçà de la dette brute qui atteint 240 %. Tous ces actifs ne sont pas liquides et ne peuvent être vendus rapidement, mais certains le sont. C’est par là que le Japon doit entamer son redressement budgétaire : vendre ces actifs et utiliser le produit de ces ventes pour réduire le surendettement.

[CNBC] Les contrats à terme sur actions sont quasiment inchangés après la pire journée enregistrée par le S&P 500 et le Dow Jones depuis octobre

[Reuters] L’or dépasse pour la première fois la barre des 4 800 dollars, tandis que les tensions au Groenland persistent.

[Politico] L’UE se rapproche de l’utilisation de son arsenal commercial contre les États-Unis.

[WSJ] Les menaces de Trump envers ses alliés suscitent des inquiétudes quant à la direction que prendraient les États-Unis.

[WSJ] La Russie se réjouit de la division croissante au sein de l’OTAN à propos du Groenland

[WSJ] La Banque du Japon devrait marquer une pause pour évaluer l’impact de la dernière hausse des taux.

[WSJ] Trump recherche des options « décisives » pour l’Iran alors que des actifs sont transférés au Moyen-Orient

[FT] Mark Carney met en garde contre une « rupture » de l’ordre mondial alors que Donald Trump inquiète ses alliés

[FT] L’UE peut-elle rivaliser avec Donald Trump dans une guerre commerciale ?

[FT] Les républicains commencent à s’opposer aux ambitions de Donald Trump au Groenland

[FT] Les fournisseurs chinois qui pourraient décider de l’issue de la guerre des drones en Ukraine

[FT] La Cour suprême entendra les arguments concernant la tentative de Donald Trump de limoger Lisa Cook, présidente de la Réserve fédérale.

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