Trump met en vente le pouvoir international pour 1 milliard.

Global Times

Jeudi, à Davos, en Suisse, plus d’une douzaine de pays et régions ont signé la charte d’un « Conseil de la paix » pour la bande de Gaza, une initiative menée par les États-Unis.

Le projet de charte indique qu’il s’agit d’une organisation internationale dédiée à la résolution des conflits et à la promotion de la paix. Cela pourrait impliquer un élargissement de ses fonctions et de son champ d’action afin de traiter des problématiques plus vastes, au-delà du conflit de Gaza. 

Cependant, lors de la cérémonie de signature, les représentants des deux principales parties – Israël et la Palestine – étaient absents.

Outre les États-Unis, les quatre autres membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies n’ont pas signé, et la prudence et les réserves de nombreux pays à l’égard de ce « Conseil de la paix » étaient manifestes.

Le scepticisme de la communauté internationale repose principalement sur un point : puisque la définition de la mission du « Conseil de la paix » semble recouper celle de l’ONU, qui est de maintenir la paix et la sécurité internationales, entend-il se substituer à l’ONU ou usurper ses responsabilités?

L’ordre international actuel est en pleine mutation.

Son orientation ne doit pas s’écarter de la voie de la consolidation et de la sauvegarde des intérêts fondamentaux de la grande majorité des pays, ni compromettre la tendance actuelle à la mondialisation économique qui profite à toutes les nations.

L’ONU est l’organisation internationale la plus influente créée par l’humanité après avoir enduré les épreuves de la guerre et consenti d’immenses sacrifices pour éviter les conflits et garantir la paix. Elle confie non seulement aux grandes puissances la responsabilité cruciale du maintien de la paix internationale, mais elle offre également le mécanisme multilatéral le plus inclusif et le plus acceptable pour le développement humain et la résolution des grands défis mondiaux.

Contourner l’ONU revient à affaiblir l’autorité du droit international, ce qui risque de semer les germes de futurs conflits.

Instaurer une paix durable à Gaza, terre ravagée par la guerre, est l’aspiration commune et urgente de tous les peuples épris de paix à travers le monde, y compris le peuple chinois. La guerre sans fin a transformé depuis longtemps la bande de Gaza en un véritable enfer, où plus d’un million de personnes continuent de lutter pour survivre. Nous saluons aujourd’hui tous les efforts déployés pour promouvoir un règlement politique du conflit israélo-palestinien, et en particulier le rôle essentiel que continue de jouer l’ONU dans sa fonction de coordination indispensable sur la question du Moyen-Orient. Des résolutions adoptées par l’Assemblée générale des Nations Unies aux appels au cessez-le-feu lancés par le Conseil de sécurité, en passant par l’aide concrète apportée par l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), l’ONU est demeurée sans cesse la plateforme centrale pour la promotion de la paix.

Ces derniers jours, les discussions autour du « Conseil de la paix » se sont intensifiées dans les médias internationaux.

Lors des conférences de presse régulières du ministère chinois des Affaires étrangères, de mardi à vendredi, les médias chinois et étrangers ont interrogé la Chine sur sa position concernant ce « Conseil de la paix » pendant quatre jours consécutifs. La Chine a déclaré avoir reçu une invitation des États-Unis et a souligné que, quelle que soit l’évolution de la situation internationale, elle resterait fermement attachée à la sauvegarde du système international centré sur l’ONU, à l’ordre international fondé sur le droit international et aux normes fondamentales régissant les relations internationales, conformément aux buts et principes de la Charte des Nations Unies.

Comme l’a déclaré le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres : « L’ONU est plus qu’une institution. C’est une promesse vivante. » La communauté internationale place de grandes attentes dans le système des Nations Unies.

Tout mécanisme visant à contourner, voire à remplacer l’ONU, a peu de chances de gagner la confiance du public.

L’idée que des contributions supérieures à un milliard de dollars puissent « acheter » des sièges au « Conseil de la paix », voire un « membre permanent », revient à mettre en vente le pouvoir international. Cela contrevient au principe d’égalité que les mécanismes internationaux sont censés défendre.

Actuellement, des pays comme la France, la Norvège, la Suède, le Danemark et la Slovénie ont publiquement refusé d’adhérer au « Conseil de la paix ». Le ministre allemand des Affaires étrangères a déclaré sans ambages : « Nous avons un conseil de paix, et c’est l’ONU. » L’émergence de divisions, même parmi les pays occidentaux, montre que le « Conseil de la paix » n’a pas réussi à promouvoir l’unité ; au contraire, il a accentué la fragmentation internationale.

Les faits démontrent depuis longtemps que la question de Gaza ne peut être résolue à huis clos par une poignée de pays. Elle doit être abordée dans le cadre des Nations Unies, après de larges consultations impliquant la Palestine, Israël, les pays arabes et toutes les autres parties prenantes. La seule voie viable vers une paix durable à Gaza réside dans la pleine mise en œuvre de la « solution à deux États ».

La Chine soutient la création d’un État palestinien indépendant et accompagne la Palestine et Israël dans leurs efforts pour parvenir à un cessez-le-feu durable par le dialogue politique.

Toute solution qui exclut la Palestine, acteur clé du processus décisionnel, est, de fait, un mécanisme exclusif et fermé. Il s’agit d’une tentative unilatérale de détourner le concept de multilatéralisme, remettant en question son équité et son efficacité. En pratique, un tel mécanisme risque davantage d’exacerber les tensions que de les apaiser, et il ne sert pas la paix et les intérêts à long terme du Moyen-Orient.

Les divisions internationales autour du « Conseil de la paix » soulignent en réalité le caractère irremplaçable de l’ONU. Le monde a un besoin urgent de promouvoir un sentiment de communauté de destin, fondé sur la solidarité, la coopération et l’entraide, ainsi que d’efforts soutenus pour construire et consolider un système et des mécanismes dont l’ONU serait le pilier central.

Toute tentative de créer une organisation parallèle au droit international et au système des Nations Unies va clairement à l’encontre des aspirations de la communauté internationale. La paix n’est pas un slogan. Elle doit être cultivée avec soin et, surtout, réalisée par des actions sincères et concrètes de toutes les parties.

Une réflexion sur “Trump met en vente le pouvoir international pour 1 milliard.

  1. Bonjour M. Bertez

    On pourrait conseiller à E. Macron de répondre à l’invitation en paraphrasant Groucho Marx :

    « Je ne paierai jamais 1 milliard, ni même 10 euros, pour faire partie d’un club qui m’accepterait pour membre ! »

    Cordialement

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