Editorial. La dette comme solution. La gestion masturbatoire, quand regarder un film porno n’est pas baiser!

« La politique est l’art de rendre possible ce qui est nécessaire ; ce qui est nécessaire, c’est d’être élu ».

« Les muets devraient vivre bien plus longtemps que les autres, ils n’égarent pas le médecin dans son diagnostic. »

Hommage à Georges Elgozy.

La recette Macron: comment s’ endetter plus? En émettant plus de dettes ….garanties par l’Allemagne contre la fin de la souveraineté française.

Emmanuel Macron plaide dans les colonnes du Monde pour un nouvel emprunt commun européen, afin de financer des investissements stratégiques.

La dette globale d’un pays ou d’un ensemble étant fongible et formant un tout, en elle même, cette proposition est déjà un détournement d’intelligence. Une dette finance des dépenses, point à la ligne. Le seul objectif de Macron est d’augmenter la dette totale en mettant sur la table la solvabilité encore satisfaisante de l’Allemagne.

Le président français juge que l’Union européenne doit « s’attaquer à l’hégémonie du dollar » et rattraper son retard dans la défense, les technologies vertes et l’intelligence artificielle.

Il lie les deux en proposant d’émettre plus de dettes adossées à la solvabilité de l’Allemagne.

Comme il est évident qu’en pareil cas l’Allemagne demanderait un droit de regard disciplinaire sur les finances, les déficits, les dépenses et le budget français cela implique une perte élargie et irrémédiable de souveraineté française.

C’est la vente de la liberte/identité encore existante de la France pour un plat de lentilles pleines de cailloux. C’est une perte non seulement de souveraineté mais également de dignité.

Par ailleurs comme les VGE et autres promoteurs de la monnaie commune il continue de marcher sur la tête; ces derniers avaient cru que la monnaie unique allait produire la convergence concrète, ils avaient mis la charrue avant les bœufs et notre Macron lui, croit que la finance va produire la convergence et résoudre les problèmes de l’économie réelle. Il n’a rien compris, la finance ne produit rien au contraire elle accentue les handicaps et amplifie les divergences par le biais de l’activité speculative qui descend toujours la pente de la facilité et de la rapidité; la finance ignore le long terme et le volontarisme.

Macron ne comprend pas, comme tous les bourgeois et Enanistes, que les problèmes européens se situent au niveau de la production et de l’économie réelle, la finance n’est qu’un imaginaire qui masque les problèmes et handicaps de l’économie réelle; augmentez le taux de profit dans l’économie réelle, doublez les profits et vous verrez le boom des affaires, de l’innovation, de l’esprit d’entreprise etc . Reduisez la taille , les pouvoirs, le coût de l’état, des politiciens, des « ponctionnaires », des assistés et des élites et vous verrez le boom!

Dans cet entretien publié mardi par plusieurs journaux européens, il juge que « la mue conceptuelle » s’est faite mais que l’Europe « n’est pas au bon rythme et n’est pas à la bonne échelle ».

L’ Analyse macronniene

Vous noterez que dans les analyses de Macron il n’y a jamais d’articulations organiques logiques entre les propositions , Macron ne connait pas le réel, donc ses chaines de causalité ne sont que verbales, rhétoriques, à la Sciences Po par proximité ou associations d’idées, sophismes ; c’est un infirme de la pensée.

Dérèglement climatique, incertitude stratégique américaine, rupture énergétique avec la Russie et une Chine devenue « un concurrent de plus en plus féroce »… Face à un « monde en désordre », Emmanuel Macron énonce une litanie d’Europe fragilisée. Il estime que la situation de l’UE s’est « profondément aggravée » depuis le rapport de Mario Draghi en 2024, rappelant que Pékin affichait « 1.000 milliards de dollars d’excédents commerciaux » avec le reste du monde.

Comptage

Pour renforcer la compétitivité européenne, Emmanuel Macron plaide pour la simplification et l’approfondissement du marché intérieur, regrettant que « le marché natif de nos entreprises » demeure morcelé. L’investissement restera, selon lui, le nerf de la guerre. Emmanuel Macron estime que l’Europe devait combler son retard dans trois domaines clés: « la sécurité et la défense, les technologies de transition écologique et l’intelligence artificielle et le quantique ».

Des « eurobonds d’avenir »

Il rappelle que Mario Draghi évaluait à 800 milliards d’euros par an les besoins dans le numérique et la transition écologique, un montant qui grimperait à « 1.200 milliards d’euros par an » en incluant la défense selon le président français.

Pour financer cet effort, le chef de l’État appelle à remobiliser l’épargne européenne, soulignant que « 30.000 milliards d’euros » restent sous-utilisés et que « 300 milliards d’euros » financent chaque année les entreprises américaines. Il juge aussi nécessaire de lancer « une capacité commune d’endettement », estimant que « c’est le moment » de créer des « eurobonds d’avenir ».

C’est la version moderne du Trésor Caché!

C’est le grand mythe des Inspecteurs des Finances et du Trésor « du financement qui produit l’investissement » ! Non ce qui produit l’investissement c’est la perspective du profit, d’un profit supérieur à la moyenne et comme me l’a dit un jour le génial Marcel Dassault à qui je demandais de participer à un financement pour la Tribune; « un bon produit produit beaucoup d’argent mais beaucoup d ‘argent n’a jamais produit un bon produit« . Marcel était ingénieur, pas Enaniste branleur.

Face aux potentielles réticences allemandes, Emmanuel Macron assure qu’il ne s’agit « en aucun cas de mutualiser de la dette passée » mais de répondre à une demande mondiale d’actifs sûrs et de réduire la dépendance au dollar. « Offrons (au monde) de la dette européenne », dit-il, estimant que l’UE, « sous-endettée » par rapport aux Etats-Unis et à la Chine, commettrait « une faute profonde » en n’utilisant pas cette capacité. Examinez cette affirmation c’est un pur sophisme doublé de mensonges, on peut être moins endetté que les USA et neanmoins être moins solvable..

Macron identifie trois domaines prioritaires : la sécurité et la défense, les technologies de transition écologique, et l’intelligence artificielle (IA) ainsi que le quantique.

Bref les tartes à la crème du moment !

Pour financer ces efforts, il propose de mobiliser l’épargne européenne sous-utilisée (30 000 milliards d’euros, dont 300 milliards financent annuellement les entreprises américaines) et de créer une capacité d’endettement commun.

Macron qui ne connait rien à la banque et aux mouvements de l’argent au niveau du système macro économique croit encore qu’il y a de l’argent oisif! Il n’a pas accédé à la compréhension de la finance moderne que l’agent oisif pour les uns est au niveau macro utilisé par les autres!

Ces eurobonds ne mutualiseraient pas les dettes passées, mais répondraient à une demande mondiale d’actifs sûrs, réduisant la dépendance au dollar. Il argue que l’UE est « sous-endettée » comparée aux États-Unis et à la Chine, et que ne pas utiliser cette capacité serait une « faute profonde ». Le texte souligne aussi la nécessité de simplifier et approfondir le marché intérieur pour renforcer la compétitivité européenne.

En résumé, Macron présente une vision proactive imaginaire inversée dans laquelle ce sont les ombres, le pognon qui produisent les corps c’est à dire le monde!

L’UE doit accélérer son « rythme » et son « échelle » pour rattraper son retard, en transformant les défis géopolitiques en opportunités d’investissement collectif. Ben voyons!

Tout cela n’est ni cohérent ni ambitieux, c’est de l’enfumage et du voeux pieux.

On ne touche rien au réel, on ne fait pas basculer le revenu national en faveur de la production, on ne tue pas les zombies, on ne limite pas la consommation, on ne coupe pas les rentes, les prébendes, les gaspillages, on ne réforme pas la fiscalité pour pénaliser la consommation et augmenter le taux de profit du système productif, on ne reforme pas l’enseignement, on ne licencie pas les « ponctionnaires » . On ne bouleverse pas la politique énergétique Ubuesque voulue et imposée par les Allemands! On n’exige pas des banques euros qu’elles sortent du maillage dans le tissus du dollar et quelle se dédollarisent!

Et bien sur on ne réintroduit pas le contrôle des mouvements de capitaux qui serait la première mesure à prendre!

Voici les points faibles tels que l’on peut les présenter dans une optique politiquement correcte et conventionnelle non polémique bref celle qui n’est pas la mienne car je suis un matérialiste radical!

Optimisme excessif sur la mobilisation : Macron assume que les 30 000 milliards d’euros d’épargne peuvent être facilement redirigés, mais sa logique ignore les inerties comportementales des épargnants et les risques de marché, potentiellement sous-estimant les obstacles pratiques. Oubli imbécile de l’effet d’éviction du privé et du local .

Manque de précision sur les garde-fous : Bien qu’il rejette la mutualisation passée, sa proposition pourrait, dans sa logique, créer un précédent pour une dette commune élargie, risquant un « moral hazard » où les pays les plus endettés bénéficient sans réformes structurelles, contredisant son appel à un marché intérieur « simplifié » et compétitif.

Dépendance a un consensus qui n’existe pas : Sa vision repose sur un « moment » opportun, mais ignore les divisions internes de l’UE, rendant sa logique vulnérable si les réticences (ex. allemandes) persistent, comme il l’anticipe vaguement sans plan B clair.

Globalement, la « logique » de Macron est intellectuelle, masturbatoire.

Elle semble tenir debout mais elle marche sur la tête car elle est une exégèse et compilation de dossiers et non pas animée par une connaissance pratique des processus à l’oeuvre dans le monde réel.

La conception même est névrotique, elle confond les gesticulations, les mots, les phrases et les pseudo évidences avec la marche concrète des affaires.

Macron oublie que le sang, les larmes, les efforts, tout cela est plus épais que l’eau.

Regarder un film porno n’est pas baiser!

EN PRIME

Le gouvernement du chancelier allemand Friedrich Merz a rejeté l’appel du président français Emmanuel Macron à un programme d’emprunt commun avant le sommet des dirigeants de l’UE prévu jeudi.

Dans  une interview  accordée à six médias européens et publiée mardi, Macron a exhorté l’Europe à lancer un plan d’emprunts communs, ou euro-obligations, pour stimuler l’investissement dans les secteurs stratégiques, le présentant comme une nécessité économique si le continent veut rester compétitif face aux États-Unis et à la Chine.

Berlin a fermement rejeté le plan quelques heures seulement après la publication de l’interview, marquant le dernier épisode d’une série d’affrontements entre Macron et Merz sur tous les sujets, du commerce à la manière de gérer le président américain Donald Trump.

« Nous pensons que, compte tenu de l’ordre du jour [du sommet des dirigeants de l’UE], cela détourne un peu l’attention de ce dont il s’agit réellement, à savoir que nous avons un problème de productivité », a déclaré mardi un haut responsable du gouvernement allemand, proche du chancelier et qui a requis l’anonymat pour parler en toute franchise.

« Il est vrai que nous avons besoin de davantage d’investissements », a déclaré le responsable. « Mais pour être honnête, cela s’inscrit dans le cadre du Cadre financier pluriannuel », a-t-il ajouté, faisant référence au budget de l’UE pour la période 2028-2034 , actuellement en cours de négociation.

Le rejet par Berlin de la proposition de Macron intervient à la veille d’une réunion des dirigeants européens dans un château belge, prévue jeudi et consacrée à la compétitivité. Bien que les 27 dirigeants de l’UE ne soient pas censés approuver de mesures concrètes, ils entendent définir les priorités clés du prochain sommet européen, qui se tiendra en mars à Bruxelles.

Berlin poursuit trois objectifs clés en vue des sommets : un approfondissement du marché unique ; des accords commerciaux plus nombreux et plus rapides ; et une réduction de la bureaucratie, a déclaré le responsable.

Sur la question de la compétitivité, Merz a pris ses distances avec Macron, partisan de mesures protectionnistes et d’une politique industrielle interventionniste. Il s’est en revanche rapproché de plus en plus de la Première ministre italienne, Giorgia Meloni.

Le gouvernement allemand a également appelé à des réformes profondes du budget de l’UE.

« Il est impossible de continuer ainsi, avec les deux tiers du budget consacrés exclusivement aux dépenses de consommation dans les secteurs de l’agriculture et de la cohésion », a déclaré le responsable. « Nous espérons que les États membres qui réclament aujourd’hui de nouveaux financements participeront également à ces efforts de réforme. Il est inacceptable de demander plus d’argent sans entreprendre les réformes nécessaires. »

Le responsable a ajouté : « Le surendettement européen n’est pas sans conséquences. »

2 réflexions sur “Editorial. La dette comme solution. La gestion masturbatoire, quand regarder un film porno n’est pas baiser!

  1. « Marcel (Dassault) était ingénieur ».

    Tout est dit dans ces quelques mots.

    Un ingénieur est sans cesse confronté au réel.

    Faire un produit, démarrer un atelier de fabrication pour l’exploiter ensuite demande certes un travail intellectuel et de réflexion préalable.

    Mais le produit obtenu selon les caractériques souhaitées demandera souvent des mises au point, des modifications, des ajustements, au niveau du procédé de fabrication par exemple.

    Bref, le réel sera toujours le « juge de paix », la pensée étant au service de la réalité.

    Le personnel politique actuel utilise le schéma inverse. C’est là le drame.

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