Carl Bildt, ancien Premier ministre et ministre des Affaires étrangères suédois, met en avant le sénateur Mark Warner (démocrate de Virginie, vice-président du comité du renseignement du Sénat et membre du « Gang of Eight » avec accès aux renseignements classifiés les plus sensibles).
Warner est décrit comme un homme réfléchi et crédible, ce que Bildt souligne en disant qu’il « vaut toujours la peine d’être écouté ».
Dans l’interview (diffusée récemment sur CNN et d’autres médias), Warner affirme clairement qu’il n’a vu aucune preuve d’une menace imminente de l’Iran contre les États-Unis eux-mêmes avant les frappes conjointes américano-israéliennes lancées fin février 2026.
Ces frappes ont tué le Guide suprême Ali Khamenei, de hauts responsables du régime (y compris des chefs des Gardiens de la révolution et des forces armées), et visé des sites nucléaires, balistiques et militaires.
Warner qualifie cela de « guerre choisie » (war of choice), dictée par les priorités et le calendrier d’Israël plutôt que par une menace directe pour la sécurité américaine.
Il pointe les objectifs changeants avancés par l’administration Trump : d’abord le programme nucléaire, puis les missiles balistiques, puis le changement de régime, et même la destruction de la flotte iranienne.
Il insiste sur le fait que mettre des vies américaines en danger (avec déjà des pertes confirmées parmi les militaires US suite aux représailles iraniennes) sans justification impérieuse et sans autorisation claire du Congrès est extrêmement risqué – un écho aux leçons de l’Irak en 2003.
Bildt relaie cela parce que la situation est explosive : le conflit s’étend maintenant (frappes en cours à Téhéran et Beyrouth, attaques iraniennes sur des bases US et alliées au Moyen-Orient, fermeture d’ambassades, perturbations dans le détroit d’Ormuz, etc.).
Des centaines de morts sont déjà rapportés côté iranien, et la région craint une guerre prolongée.
Warner a raison sur un point fondamental. faire passer une menace contre Israël (réelle et grave, vu les menaces répétées d’annihilation par le régime iranien) à une menace imminente contre le territoire américain est un glissement dangereux.
Les justifications qui évoluent sentent l’excuse a posteriori, et lancer une telle opération sans débat au Congrès pose un grave problème constitutionnel et stratégique.