« Si l’ennemi veut une guerre ouverte, qu’il en soit ainsi. »
Le cheikh Naïm Qassem vient de le déclarer en direct à la télévision. L’ensemble de la direction du Hezbollah s’est désormais publiquement engagée dans une confrontation totale avec Israël.
Le Hezbollah disposerait de 150 000 roquettes et missiles de précision capables d’atteindre Tel Aviv. Le coût d’interception du Dôme de fer varie entre 50 000 et 100 000 dollars par missile. Les roquettes du Hezbollah coûtent entre 1 000 et 5 000 dollars chacune. Ce même déséquilibre des coûts, de vingt à un, qui épuise les stocks d’intercepteurs américains face aux drones iraniens, se manifeste désormais simultanément sur un second front.
Les États-Unis sont entrés dans ce conflit avec environ 856 intercepteurs SM-6 livrés, pour un rythme de production de 125 par an. Les stocks de THAAD sont déjà épuisés depuis la guerre des Douze Jours. L’inventaire de Tomahawk est tombé à environ 1 000 unités. Chaque intercepteur utilisé pour défendre Haïfa est un intercepteur de moins pour défendre Riyad. Chaque munition de précision tirée sur le Sud-Liban est une munition de moins qui nuit à l’infrastructure nucléaire iranienne.
Il ne s’agit pas d’une seconde crise, mais d’un facteur amplifiant la première.
Et les conséquences pour les assurances sont un aspect que personne ne modélise.
Les réassureurs qui ont retiré leur couverture contre les risques liés à la guerre du Golfe en 72 heures sont désormais confrontés à un second théâtre d’opérations impossible à modéliser en Méditerranée orientale.
Le calendrier de rétablissement de la couverture pour le blocus d’Ormuz supposait que le conflit resterait géographiquement circonscrit. L’ouverture d’un front complet au Liban remet en cause cette hypothèse. La période de rétablissement des assurances de six à dix-huit mois que j’ai publiée ce matin vient de se décaler vers la limite supérieure de cette fourchette. Voire au-delà.
Deux fronts. Un seul stock d’intercepteurs. Un seul marché de réassurance déjà en retrait. Aucun précédent pour rétablir la couverture des risques de guerre alors que le conflit est toujours en cours.
Le marché avait anticipé une opération chirurgicale de quatre semaines. Il se dirige désormais vers une guerre régionale sur plusieurs fronts, sans issue diplomatique, sans médiateur et sans limite.
SAP