L’Iran construit un piège mortel sur les troupes terrestres américaines dans le détroit d’Ormuz — et ils veulent que l’Amérique tombe dedans. Joe Kent
Joe Kente ancien directeur du Centre national de lutte contre le terrorisme, met en garde : « Si j’étais l’Iran en ce moment, le plus beau cadeau serait que les Marines ou les parachutistes américains s’emparent d’une île du détroit. Peu importe laquelle, je les laisserais débarquer. » « Parce qu’une fois sur place, je peux les prendre en otages à l’aide de mines, de missiles balistiques et d’essaims de drones. Ce serait un désastre stratégique. »
La stratégie de l’Iran est claire : « gagner en ne perdant pas ». Laisser les forces américaines débarquer, les saigner lentement à blanc en vies humaines et en ressources, puis attendre que la volonté politique américaine s’effondre — comme lors des précédents bourbiers du Moyen-Orient.
Joe Kent exhorte le président Trump : « J’espère que le président Trump est assez intelligent pour ne pas tomber dans ce piège. »
La pression publique sur le Congrès est désormais cruciale pour éviter une nouvelle catastrophe. Comment l’Iran pourrait transformer un débarquement américain en cauchemar stratégique
Le temps long contre le temps court : une lecture temporelle du conflit entre l’Iran et les États-Unis1. Le temps, la matière et l’oubli des scientifiques
Peu de scientifiques s’interrogent sur ceci : le temps ne se mesure pas par l’espace, mais par la matière présente. Autrement dit, la matière est un condensé de temps, et le temps existe en soi, indépendamment de ce que nous voyons dans l’espace. Quand nous mesurons le temps, nous comparons en réalité deux échelles humaines : celle de l’objet que nous étudions (qui a sa propre histoire) et celle de l’instrument de mesure (qui a aussi la sienne). Cette double historicité explique pourquoi l’espace se déforme lorsqu’on le lie au temps dans la théorie d’Einstein : on oublie que le temps est d’abord une épaisseur de matière, non une simple coordonnée.
Le vide, lui, n’est pas inerte. Il est vivant, perméable, variable – un réservoir de potentialités, non un néant.2. Deux conceptions du temps dans le conflit Iran–États-Unis
Ce que l’on appelle aujourd’hui “conflit” entre l’Iran et le bloc américano-israélien est en réalité une confrontation entre deux régimes de temporalité.
Cette différence se traduit concrètement dans les armements, la logistique, et la manière de conduire la guerre. L’Iran mise sur une logique de durée, de patience stratégique. Ses adversaires privilégient l’effet spectaculaire, le temps médiatique, la réaction rapide.3. La question posée aux apôtres autoproclamés des droits de l’Homme
L’Iran pose une question dérangeante : « Pourquoi vous, qui vous dites défenseurs des droits de l’Homme, faites-vous de nous des martyrs ? » Cette interrogation met en lumière une contradiction fondamentale : le droit international, proclamé comme universel, se heurte à l’exceptionnalisme d’une nation qui se pense au-dessus des règles communes.
Pour un jeune Iranien, en particulier une jeune femme, l’équation actuelle pourrait se formuler ainsi : « Puis-je espérer vivre tranquillement dans mon histoire, sur ma terre, et consommer les produits chinois (le confort matériel), ou dois-je aller vivre en paria dans une nation dont l’histoire est si fluctuante et l’avenir si incertain ? »
La Chine, aujourd’hui “usine du monde”, offre un horizon de consommation désirable. Mais l’attachement à la mémoire nationale, à une continuité temporelle, pèse tout autant.4. Le récit américain : une nation toujours en chantier
Le récit fondateur des États-Unis semble stable, mais il ne repose en réalité que sur des principes jamais pleinement établis, sans cesse reportés. C’est une nation existentielle, guidée en sous-main par une main de fer qui ne comprend que les rapports de force. Son drapeau fédère-t-il vraiment une population unie ? L’auteur suggère que les États-Unis sont plutôt une juxtaposition de familles aux histoires, coutumes et potentiels divergents. Ce drapeau serait alors utilisé au gré des intérêts des plus riches.
Ce qui manque à cette nation, c’est une défaite franche face à un adversaire matériellement plus faible mais spirituellement plus fort. Sans cette épreuve, le récit national reste inconsistant, incapable d’intégrer sa propre faute. Le manichéisme des élites américaines (le Bien contre le Mal) a rompu un équilibre existentiel. Il a libéré Chronos, le temps sauvage, et provoqué une apocalypse intérieure : l’impossibilité d’accepter sa propre responsabilité.5. Une métaphore anthropologique : l’adolescence des États-Unis
On pourrait dire que les États-Unis sont à un stade adolescent. Les nations à longue histoire tentent de les “temporaliser” – de les faire entrer dans une durée commune, de les synchroniser avec les autres horloges humaines. L’ONU, vue comme une sorte de clergé réglant les différentes horloges, joue ce rôle de surface de synchronisation mondiale.
L’objectif est de calmer le jeu assez longtemps pour que la nation américaine retrouve son centre de gravité temporel, qu’elle a perdu depuis au moins deux générations en voulant imposer sa propre fragmentation géographique du temps.6. En conclusion
Ce conflit n’est pas seulement militaire ou politique. C’est une guerre des temporalités : d’un côté, une nation ancrée dans un temps millénaire, capable d’intégrer l’échec et le martyre ; de l’autre, une puissance qui, privée de mémoire longue et de défaite, se consume dans l’instantanéité et l’exceptionnalisme. L’enjeu, pour l’équilibre mondial, est de savoir si cette dernière acceptera un jour de retrouver son propre temps – ou si elle continuera à le fragmenter à l’infini.
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