Editorial: la guerre est là parce que les Américains pensent faux, ils sont prisonniers d’une culture bourgeoise. Le problème américain c’est le handicap, l’ infirmité de la pensée! La prédestination.

Image de couverture du magazine Printemps 2026

Trois scénarios pour un monde post-Trump

Dans dix ans, le monde sera très différent.

23 mars 2026

Foreign Policy

Par Hal Brands , professeur d’affaires internationales à la Johns Hopkins School of Advanced International Studies et chercheur principal à l’American Enterprise Institute.

Une illustration avec une texture de fond représentant une carte du monde et du feu traversant trois anneaux sur la carte, à l'intérieur desquels se trouvent trois figures humaines.

« Le vieux monde se meurt », écrivait le philosophe italien Antonio Gramsci en 1930, « et le nouveau monde peine à naître. » Malgré ses convictions marxistes, Gramsci se sentirait parfaitement à sa place à l’ère Trump.

Le vieux monde, en l’occurrence, désigne l’ordre international que les États-Unis ont bâti en Occident après la Seconde Guerre mondiale, puis cherché à mondialiser après leur victoire dans la Guerre froide.

Ce projet a engendré une paix, une prospérité et une liberté qui ont transformé le monde. Pourtant, aujourd’hui, cet ordre ancien a atteint ses limites.

Depuis des années, des États révisionnistes, notamment la Chine et la Russie, s’emploient à saper cet ordre mondial, et aujourd’hui, les États-Unis semblent parfois eux aussi lui être hostiles. Dans dix ans, le monde aura profondément changé. Ce que nous ignorons encore, c’est ce qui nous attend au-delà de cette période d’interrègne : quelle forme prendra ce nouveau monde.

MON ANALYSE CRITIQUE

D’emblée cet essai s’inscrit dans … l’erreur!

L’erreur fatale, vicieuse, princeps, celle dont ensuite on ne peut plus sortir.

Cette erreur consiste à refuser de voir qu’un ordre mondial, social, international est historique; il est relatif à une période de l’Histoire et aux conditions qui lui ont donné naissance; il ne tombe pas du ciel, d’une quelconque prédestination, il n’est pas un Projet, le résultat d’une Volonté, non il est Produit par un certain état matériel du monde.

ll s’inscrit à l’intérieur même du cadre d’analyse qui produit le chaos actuel!

Le chaos actuel est la conséquence du refus du changement qui doit intervenir dans les relations mondiales, internationales, sociales, politiques et géopolitiques dès lors que la domination économique américaine a disparu et qu’au lieu de s’y adapter les élites sont arque boutées pour tenter de s’y opposer et que dans cette tentative, elles détruisent tout ce qui a fait les bases, les fondements, les principes du système ancien!

Cet essai est « in the box », dans la bouteille, prisonnier de la croyance selon laquelle l’ordre qui convient aux Américains est l’ordre normal du monde! la croyance que cet ordre est un Ordre!

Dans cet essai on trouve le monde unilatéral, l’exceptionnalité, la dissymétrie américaine celui qui est incapable de sortir de la pensée bourgeoise, statique, propre au capitalisme; cet essai ne comprend pas, ne soupçonne même pas que la pensée est un produit d’un système, qu’elle est relative à une histoire et à un ensemble de croyances. La pensée qui pense le système est idéologique.

C’est la pensée bourgeoise par excellence, celle qui repose sur le fameux « Ô temps suspend ton vol » ; la pensée de l’immobilité, celle qui est conçue sur la dénégation forcenée du mouvement.

Le comble est que cet auteur, profondément inculte sur le marxisme ose citer Gramsci comme si il l’avait lu et assimilé alors qu’il en l’exemple type , exemple du bourgeois prisonnier d’une culture qui l’ empêche de voir le réel . Le poisson qui vit dans un bocal est incapable de soupçonner la profondeur de l’océan!

Notre auteur met en avant l’ordre, celui dont ont bénéficié tout à fait logiquement, dialectiquement et matérialistiquement les USA au lendemain de la guerre.

Il ne comprend pas que cet ordre n’est pas naturel, pas divin, mais qu’il est le fruit, le résultat, la production d’une situation concrète qui est celle de la destruction du reste du monde et du maintien en revanche d’une richesse américaine considérable

L’ordre est non pas naturel, mais un effet, c’est une production de l’état du monde, état du monde qui d’un coté a détruit les puissances rivales et de l’autre a considérablement enrichi les USA.

Cet ordre donc, pas tombé du ciel, est produit par l’état des forces productives dans le monde au lendemain de la guerre et il s’incarne dans une bourgeoisie positiviste qui est persuadée qu’elle impose cet ordre grâce à ses qualités; cette bourgeoise est incapable de comprendre la dialectique du maître et de esclave qui est que: peu à peu le maître s’affaiblit, devient obèse, mou, désadapté tandis que l’esclave qui se coltine le poids du réel lui se renforce et peu à peu devient supérieur au maître.

Hélas pour notre auteur, cet ordre issu de la Seconde Guerre Mondiale est capitaliste c’est à dire qu’il accumule du capital, du vrai qui est productif et du fictif qui est improductif, purement monétaire et que tout ce capital qui donne un droit à prélever a un besoin exponentiel de profit! Le système capitaliste a un besoin grandissant de profit et ce besoin le pousse … à sa perte ou plus exactement à des mutations.

Et ce régime capitaliste est marqué par la Loi du capital qui est que plus le capital s’accumule et plus il est difficile de le mettre en valeur, de le rentabiliser ; à un certain moment la difficulté à rentabiliser tout le capital accumulé pousse à prendre des décisions systémiques ; financiarisation, endettement, mondialisation, desindustrialisation, surexploitation des salariés, inflation des couts sociaux, de police et dépenses militaires etc A un moment donné le cout pour maintenir en vie le système et le reproduire devient trop lourd.

Ce régime capitaliste crée sa propre faiblesse, il est victime de ses contradictions endogènes et peu à peu il entre en conflit à la fois avec le reste du monde et avec ses propres citoyens, le consensus mondial et domestique s’effondre

C’est la dislocation sociale à l’intérieur avec polarisation et populisme et la compétition stratégique et l’impérialisme à l’extérieur, le tout pour maintenir, l’exploitation, le droit au pillage et la monnaie impériale .

L’ordre que l’on croyait éternel, naturel se disloque à ces deux niveaux, interne et externe.

Ce n’est pas un choix c’est l’évolution nécessaire.

Elle est produite à la fois par les lois internes du capitalisme- accumulation et besoin de profit et par le choc avec des systèmes externes qui se sont développés, musclés en profitant de l’affaiblissement du capitalisme.

3 réflexions sur “Editorial: la guerre est là parce que les Américains pensent faux, ils sont prisonniers d’une culture bourgeoise. Le problème américain c’est le handicap, l’ infirmité de la pensée! La prédestination.

  1. Bref: « « Ô temps suspend ton vol …..à compter du moment où je suis devenu plus riche et plus puissant que les autres, sitting on top of the world. »

    C’est le refus de l’évolution.

    Comme c’est impossible, plein du dur désir de durer, il ne reste qu’à user de la richesse et de la puissance pour empêcher quiconque de venir contester cet équilibre déséquilibré.

    « L’homme, un roseau pensant? Plutôt un concombre pensif! Que dis -je, un salsifis affligé de marottes ! » ( A Vialatte)

    Cordialement

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  2. Cher Monsieur,

    Todd : « Voici mon débat du 17 mars dernier avec David Teurtrie à l’ICES, institut catholique de Vendée.

    David Teurtrie est l’un de nos meilleurs spécialistes de la Russie. Sans son “Russie, le retour de la puissance”, publié avant l’entrée de l’armée russe en Ukraine, je n’aurais pas pu écrire ma Défaite de l’Occident.

    Il vient de publier “Les BRICS et la réforme du monde : un défi pour l’Occident”.

    débat à écouter ici https://www.youtube.com/watch?v=s9o2C6o_8B4

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