La Chine et les États-Unis vont-ils s’affronter dans le détroit d’Ormuz ?

Alors que la crise du détroit d’Ormuz atteint un niveau de tension inédit, un nouvel acteur majeur entre dans le débat : la Chine. Un ancien analyste de la CIA, Larry C. Johnson, affirme dans une interview exclusive que Pékin ne restera pas passif et finira par défier directement Washington.

Le journaliste et influenceur Sulaiman Ahmed (@ShaykhSulaiman) a publié hier une interview avec Larry C. Johnson, ancien analyste de la CIA et spécialiste des questions de renseignement.

Titre de la publication :
« WILL CHINA & USA FIGHT ON THE STRAIT OF HORMUZ ? »
(La Chine et les États-Unis vont-ils s’affronter dans le détroit d’Ormuz ?)

Dans cet échange, Sulaiman Ahmed pose directement la question :
« Pensez-vous que les Chinois vont prendre le risque d’une confrontation cinétique (guerre réelle) ou vont-ils simplement attendre et observer ? »

Larry C. Johnson répond en deux temps :

  • À court terme : « Initialement, ils vont adopter une attitude d’attente. »
  • À moyen terme : « Mais finalement, ils vont affronter les États-Unis. Je pense qu’ils se rendent compte maintenant que les États-Unis sont faibles, malgré toutes leurs déclarations de puissance. »

Il poursuit en soulignant la vulnérabilité américaine actuelle :
« Les États-Unis ne sont même pas en mesure de vaincre l’Iran… Alors vaincre la Chine ? Oubliez ça. Cette crise a exposé la faiblesse réelle de la puissance militaire américaine. »Selon l’ancien analyste, la Chine cherchera d’abord à éviter une guerre ouverte (« kinetic warfare »), mais elle ne reculera pas indéfiniment face à ce qu’elle perçoit comme une faiblesse stratégique américaine dans la région.

Contexte : une crise qui dépasse le seul Iran

Cette analyse intervient au moment où :

  • L’Iran menace de bloquer complètement le Golfe Persique, la mer d’Oman et la mer Rouge si le blocus naval américain continue.
  • Donald Trump a annoncé l’« ouverture permanente » du détroit d’Ormuz, affirmant que la Chine est « très heureuse » de cette décision et qu’elle a accepté de ne plus fournir d’armes à l’Iran.
  • La Russie profite massivement de la situation : le pétrole Urals se vend à 120 dollars le baril (contre 59 dollars prévus au budget russe), comme l’a fièrement souligné Kirill Dmitriev, PDG du Fonds russe d’investissement direct.
  • Sergueï Lavrov, lors de sa rencontre avec Xi Jinping, a décrit un monde qui « prend une direction militaire » et positionné la Russie et la Chine comme les nouveaux « stabilisateurs » internationaux.

EN PRIME

Berletic

Concernant le blocus américain et les navires « transitant le détroit d’Ormuz » : Les États-Unis ne bloquent pas les navires « dans » le détroit d’Ormuz. Ils bloquent les navires qui le traversent une fois qu’ils ont atteint la haute mer. C’est pourquoi on parle de « transit » le détroit. Ces navires poursuivent-ils leur route vers leurs ports de destination ?

Telle est la question.

Jusqu’à présent, les États-Unis affirment refouler les navires ou les contraindre à rester immobiles. D’autres parviendraient à contourner le détroit grâce à diverses méthodes, notamment le brouillage de signaux.

J’ai expliqué précédemment que ce blocus n’avait pas besoin d’avoir lieu « dans » le détroit d’Ormuz, mais qu’il se déroulerait hors de portée des missiles antinavires et des drones iraniens.

Les États-Unis attendent que les navires d’intérêt quittent le port, traversent le détroit, puis utilisent leurs capacités de renseignement, de surveillance et de reconnaissance (radar, drones, etc.) pour les suivre jusqu’à ce qu’ils soient à portée de leurs navires, hélicoptères et vedettes rapides chargés de les intercepter.

Plus les moyens américains seront importants dans la région, plus l’impact sur le trafic maritime risque d’être grandissant. S’il peut être tentant de croire que Washington souhaite maintenir la stabilité et « ouvrir le détroit » et qu’il n’a tout simplement pas d’autres options valables, il faut aussi considérer l’autre possibilité : les États-Unis ont cherché dès le départ à créer le chaos et le blocus ne fait que l’amplifier.

Une réflexion sur “La Chine et les États-Unis vont-ils s’affronter dans le détroit d’Ormuz ?

  1. Bonjour M. Bertez

    « l faut aussi considérer l’autre possibilité : les États-Unis ont cherché dès le départ à créer le chaos et le blocus ne fait que l’amplifier. »

    Au regard de ce qui s’est passé dans tous les pays où les USA sont intervenus récemment, de l’Irak à la Syrie, cette hypothèse est très considérable.

    Le chaos débilitant si la maîtrise est impossible.

    Avec pour effet secondaire d’affaiblir aussi l’Europe, alliée géopolitique mais potentielle rivale économique, par le moyen d’un flux migratoire appauvrissant et paralysant.

    Tout ce qui peut gêner l’hegemon doit être affaibli et maîtrisé ou détruit.

    What’s up doc? Business as usual!

    Cordialement

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