Henry Paulson alerte sur un « crash obligataire vicieux » : la dette américaine approche-t-elle du mur ?

Toute la Pyramide financière américaine et mondiale repose sur la pointe et cette pointe est constituée par une croyance; la croyance que la Fed sera toujours là et répondra « présent » quand la révulsion interviendra. Or c’est impossible car le monde se fragmente, la coopération a disparu, la finance a été militarisée, et plus le temps passe et plus c’est impossible compte tenu des masses qui sont en jeu.

Henry Paulson alerte sur un « crash obligataire vicieux » : la dette américaine approche-t-elle du mur ?

L’ancien secrétaire au Trésor américain Henry Paulson, figure clé de la gestion de la crise financière de 2008, tire la sonnette d’alarme.

Dans une interview accordée le 16 avril 2026 à Bloomberg Television (Wall Street Week avec David Westin), il appelle les autorités américaines à préparer dès maintenant un « plan d’urgence break-the-glass » : un dispositif ciblé et de courte durée, prêt à être activé le jour où la demande pour les bons du Trésor américain (Treasuries) s’effondrera.

« Quand nous heurterons le mur, ce sera vicieux », prévient-il.

« Nous devons nous préparer à cette éventualité. »

Les États-Unis portent aujourd’hui une dette publique proche de 40 000 milliards de dollars, avec des déficits budgétaires annuels de l’ordre de 2 000 milliards.

Selon les estimations récentes, près de 25 % des recettes fiscales servent déjà à payer les seuls intérêts de la dette.

Le marché des Treasuries, pierre angulaire du système financier mondial, repose sur l’hypothèse que des investisseurs du monde entier (banques centrales, fonds souverains, institutions, particuliers) continueront d’acheter ces titres et les considereront comme « sans risque ».

Mais Paulson met en garde : à force d’accumuler les déficits, les États-Unis risquent d’atteindre un point où les acheteurs traditionnels exigeront des taux d’intérêt nettement plus élevés pour compenser le risque perçu.

Si la demande s’évapore lors des enchères, deux scénarios s’ouvrent :

  1. Les taux montent violemment → coût du refinancement explose pour le gouvernement, ce qui pèse sur la croissance, augmente les intérêts à payer et fait s’effondrer le marché boursier .
  2. La Fed devient l’acheteur de dernier recours → via les Primary Dealers (les grandes banques), la banque centrale achète les bons en créant de la monnaie. C’est, en pratique, une monétisation de la dette à peine déguisée : « La Fed prétend fournir de la liquidité au système bancaire, mais c’est essentiellement de l’impression monétaire pour financer le gouvernement, avec un petit profit garanti aux grandes banques au passage. »

Paulson ne dit pas que le mur sera atteint demain (« Personne ne sait exactement quand »), mais il insiste : l’événement sera « vicieux » parce qu’il frappera au cœur même de la confiance dans le dollar et dans la dette américaine, benchmark mondial des actifs risqués (obligations d’entreprises, crédits hypothécaires, actions…).

Paulson est évidemment crédible crédible sur ce sujet:

Il a dirigé le Trésor sous George W. Bush pendant la crise des subprimes.

Il a orchestré le plan de sauvetage TARP de 700 milliards de dollars.

Il connaît intimement les coulisses du marché des Treasuries et les relations entre Trésor, Fed et Primary Dealers.

Son avertissement n’est donc pas celui d’un Cassandre , mais celui d’un insider qui a déjà vécu une crise systémique.

Si la demande pour les Treasuries venait à s’effondrer :

  • Hausse brutale des taux longs → renchérissement du crédit pour les ménages et les entreprises américaines.
  • Pression sur le dollar → possible affaiblissement si les investisseurs étrangers fuient.
  • Risque d’inflation → si la Fed monétise massivement.
  • Effet domino global → tous les actifs tarifés par rapport aux Treasuries (actions, immobilier, matières premières) seraient perturbés.

Paulson ne propose pas de solution miracle dans l’interview. Il insiste simplement sur la nécessité d’un plan prêt à l’emploi, « sur l’étagère », pour éviter la panique lorsque le mur sera atteint.

Comme je le dis et redis toute la Pyramide financière américaine et mondiale repose sur la pointe et cette pointe est constituée par une croyance; la croyance que la Fed sera toujours là et répondra « présent » quand la révulsion interviendra. Or c’est impossible car le monde se fragmente, la coopération a disparu, la finance a été militarisée, et plus le temps passe et plus c’est impossible compte tenu des masses qui sont en jeu.

La dette américaine n’est plus seulement un chiffre : elle devient un risque systémique que même un ancien secrétaire au Trésor juge urgent d’anticiper.

DOCUMENT. Edito: la mère de toutes les bulles, c’est la monnaie et son avatar les fonds d’état.

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