Déséquilibres mondiaux

Depuis les années 1970, les déséquilibres mondiaux se sont fortement accentués à trois reprises. Dans les années 1980, le déficit commercial américain a explosé sous l’effet de la politique monétaire restrictive de Volcker et des réductions d’impôts et des dépenses militaires de Reagan. Dans les années 2000, une surabondance d’épargne mondiale, puis un boom du crédit immobilier aux États-Unis, ont porté le déficit à 6 % du PIB. Aujourd’hui, ces déséquilibres sont de retour. Le déficit du compte courant américain s’élevait à 3,9 % du PIB en 2025.

Cette fois-ci, la solution envisagée : les droits de douane.

Maurice Obstfeld, du Peterson Institute for International Economics et du CEPR, a contribué au quatrième Rapport de Paris, publié conjointement par le CEPR et Bruegel, en analysant cette situation historique, les réponses apportées par les décideurs politiques et les enseignements que l’on peut en tirer quant à l’efficacité des mesures correctives en 2026. Il explique à Tim Phillips que blâmer les étrangers revient à mal diagnostiquer le problème si les États-Unis épargnent trop peu et investissent massivement. Le déficit devra être financé par l’étranger. Une politique efficace pour remédier aux nouveaux déséquilibres mondiaux exigerait la collaboration de trois acteurs : un assainissement budgétaire aux États-Unis, une hausse de la consommation en Chine et un accroissement des investissements en Europe. Tous trois en tireraient profit, mais aucun n’est encore en mesure de le faire. Plus on tarde à agir, prévient Obstfeld, plus le risque est grand que la solution arrive comme toujours : non par le biais de politiques publiques, mais par la crise.

Transcription – Déséquilibres mondiaux (suite)

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Dernière mise à jour 13 avril 2026

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