TRITA PARSI
Formulaire du prix Grawemeyer 2010 pour les Idées améliorant l’ordre mondial. Vice-président exécutif du Quincy Institute
Les répercussions géopolitiques de la guerre en Iran risquent d’être plus étendues que celles de l’invasion de l’Irak.
En Irak, les États-Unis ont au moins remporté la guerre militairement en trois semaines, pour perdre la paix par la suite.
En Iran, les États-Unis ont perdu non seulement la paix, mais la guerre elle-même.
Cela soulève d’importantes interrogations quant à la faisabilité de la primauté mondiale des États-Unis désormais.
Si un pays comme l’Iran peut non seulement refuser la victoire aux États-Unis, mais leur imposer une défaite stratégique par l’usage de la technologie et de la géographie, ce n’est pas seulement la fiabilité du parapluie sécuritaire américain qui est remise en question, mais aussi son efficacité.
Ces répercussions ne se limiteront pas au Moyen-Orient seul, mais seront probablement ressenties à l’échelle mondiale. Ce qui émerge à la place est, à n’en pas douter, un type d’ordre mondial différent : un ordre non pas défini par la domination, mais par le déni mutuel.
Dans ce monde, les grandes puissances ne peuvent tout simplement pas imposer leur volonté, et les petits États peuvent leur résister à des coûts tolérables. Le résultat n’est pas le chaos, mais la contrainte. Le danger pour les États-Unis n’est pas l’irrélevance. C’est qu’ils continuent de poursuivre une stratégie conçue pour un monde qui n’existe plus.
Il en va de même pour les pays, comme le Royaume-Uni, qui ont largement choisi de compter sur la domination militaire américaine. L’hégémonie américaine promettait le contrôle, mais la guerre en Iran a révélé les limites du pouvoir américain.
Dans l’écart entre la promesse et la réalité se trouve probablement la fin d’une ère. Les gagnants seront finalement ceux qui s’adaptent.