Le bénéfice net du groupe pour les trois premiers mois de l’année s’est établi à 5,81 milliards de dollars, soit une hausse de 51% par rapport à la même période de 2025. Selon un consensus établi par Visible Alpha, les analystes anticipaient en moyenne un bénéfice net de 5,21 milliards de dollars au premier trimestre.
Le résultat net ajusté, retraité de certains éléments comme les stocks de pétrole et les participations financières, s’est apprécié de 29%, à 5,39 milliards de dollars.
Le résultat opérationnel ajusté a quant à lui progressé de 31% sur un an, à 6,30 milliards de dollars.TotalEnergies a bénéficié à plein de la hausse des cours du brut au premier trimestre.
La branche exploration-production a ainsi vu son résultat opérationnel ajusté bondir de 43% par rapport au quatrième trimestre 2025, à 2,58 milliards de dollars, tandis que les activités aval (raffinage, chimie) ont « capturé des marges exceptionnelles au mois de mars ». Elles ont enregistré un résultat opérationnel ajusté de 1,6 milliard de dollars sur l’ensemble du premier trimestre, contre 301 millions de dollars un an plus tôt.
Les activités de négoce de brut et de produits pétroliers ont également réalisé « une très forte performance », a souligné le groupe. Les traders de TotalEnergies auraient notamment généré un profit de 1 milliard de dollars après avoir racheté chaque cargaison de pétrole brut produite aux Emirats arabes unis et à Oman, disponible à l’achat en mars pour un chargement en mai, selon des informations publiées le mois dernier par le Financial Times.
Le groupe français n’est cependant pas le seul à avoir profité de la volatilité des marchés pétroliers. Mardi, la major britannique BP avait elle aussi souligné la performance « exceptionnelle » de ses activités de trading au premier trimestre, alors que son bénéfice net a plus que doublé par rapport à la même période de 2025.
Hausse des retours aux actionnaires
« Compte tenu de la forte génération de cash-flow de la compagnie au premier trimestre et conforté par la capacité de la compagnie à maintenir un bilan solide, le conseil d’administration a décidé d’augmenter de 5,9% le premier acompte sur dividende à 0,90 euro par action, plus forte croissance de dividende parmi les majors pétrolières », a indiqué TotalEnergies dans son communiqué.
« Le conseil a en outre autorisé à poursuivre les rachats d’actions jusqu’à 1,5 milliard de dollars pour le second trimestre et a confirmé l’objectif de pay-out supérieur à 40% pour l’année« , a-t-il ajouté.
Ce montant de 1,5 milliard de dollars représente un doublement des rachats d’actions par rapport au premier trimestre. Le groupe avait indiqué en début d’année qu’il tablait sur des rachats compris entre 3 milliards et 6 milliards de dollars en 2026.
Perturbation de la production Le conflit au Moyen-Orient a toutefois des répercussions importantes sur la production d’hydrocarbures et devrait maintenir les marchés sous tension au deuxième trimestre, a prévenu TotalEnergies.
Le groupe a précisé que les dommages causés par la guerre au Moyen-Orient, notamment au Qatar, en Irak et aux Emirats arabes unis, le privaient d’environ 15% de sa production totale à la fin avril.
« Compte tenu du délai de remise en service des installations de production au Moyen-Orient (deux à trois mois), les prix devraient se maintenir à un niveau élevé durant le deuxième trimestre. En outre, l’impact de ce conflit sur les stocks d’hydrocarbures dans le monde conduit à ne plus considérer le scénario de surplus sur l’année 2026 qui était anticipé en début d’année« , a indiqué TotalEnergies.
Le groupe table également sur une baisse du taux d’utilisation de ses raffineries au deuxième trimestre, en raison des dommages sur un important site en Arabie Saoudite et de l’arrêt planifié de sa raffinerie de Donges, en France, pour deux mois.
Hors impact du conflit au Moyen-Orient, la production du deuxième trimestre est attendue en croissance d’environ 4% sur un an, en ligne avec l’augmentation observée au premier trimestre, a également précisé TotalEnergies.
Nouvel actionnaire de référence
En termes de dépenses d’investissement, le groupe a confirmé tabler sur une enveloppe de 15 milliards de dollars cette année.
« Cette publication s’avère globalement rassurante compte tenu de l’exposition directe du groupe au Moyen-Orient [qui est] supérieure à la moyenne du secteur pétrolier européen », souligne Jefferies.
Pour RBC Capital, le groupe pourrait encore augmenter ses rachats d’actions au second semestre si les prix du baril se maintiennent bien au-dessus de son scénario de base de 60 à 70 dollars en moyenne sur l’année.
En marge de ces résultats, TotalEnergies a annoncé avoir bouclé l’acquisition de 50% d’un portefeuille de centrales à gaz en Europe de l’Ouest détenu par EPH, la holding de l’homme d’affaires Daniel Kretinsky. Cette opération conduit à la création d’une coentreprise, TTEP, dont le siège est basé à Amsterdam et qui constitue le deuxième acteur européen de production d’électricité flexible. Cette coentreprise contribuera aux flux de trésorerie de TotalEnergies pour l’exercice en cours. Dans le cadre de cette transaction EPH se verra attribuer 95,4 millions d’actions TotalEnergies nouvellement émises, représentant 4,2% du capital, et deviendra l’un des principaux actionnaires du groupe.