Essai. Quand la victoire du Capital produit et construit sa perte!

Ce que l’on voit dans un système, c’est son actif. c’est ce qui leurre les gens car ils ne voient généralement que cela. Ainsi les Gôches ne voient que l’actif du système qu’elles contestent et à partir de là? elles échouent chaque fois qu’elles prennent le pouvoir.

Contairement aux apparences, ce qui est important en régime capitaliste ce n’est pas l’actif mais le passif car le capitalisme n’est pas le système qui produit pour satisfaire les besoins; c’est le système qui produit pour enrichir.

L’actif est ce qu’il est , soit productif soit peu productif mais il ne pose pas de problème en lui même, il en pose sauf dans ses rapports avec le passif.

Le passif a à voir avec les droits , avec l’organisation sociale, avec les pouvoirs et l’ordre social, c’est l’origine des capitaux, c’est le droit sur les produits de l’activité .

Note Le terme anglais de « liabilities » ne recouvre pas tout le passif.

Le français a un terme unique collectif (« passif ») pour tout ce qui finance l’actif ; l’anglais distingue clairement les obligations (liabilities) des droits des propriétaires (equity). Comme le note un glossaire de microfinance : « En anglais, contrairement au français, il n’existe pas de terme spécifique pour désigner le passif du bilan. »

L’anglais (et l’IFRS) est plus orienté vers les investisseurs et sépare nettement les créanciers (liabilities) des actionnaires (equity).

Quand on traduit un bilan français en anglais, on remplace souvent le titre « Passif » par « Equity and Liabilities » ou « Liabilities and Equity » pour être conforme aux normes internationales.

.

C’est le désajustement des origines de capitaux et le poids des liabilities qui produit les crises.

Les crises sont un rapport déséquilibré entre actif et passif; entre réalité et promesses.

L’Amérique est devenue une économie de créances.

Les actifs financiers, à près de 7 fois le PIB, cela signifie que la valeur des créances sur l’économie a considérablement dépassé l’économie elle-même.

C’est le liévre et la tortue!

Actions, obligations, capital-investissement, crédit, dérivés, titres liés à l’immobilier, comptes de retraite, structures de fonds et instruments financiers galopent et dominent désormais la base productive qui doit finalement les soutenir. Ce qui explique soit dit en passant la nécessité du pillage imperial en cours; il faut aller voler les bases productives des autres pays.

Même si une partie importante de ces creances se compensent, le net est considérable!

C’est le signal profond.

Le pays produit encore des biens et des services, mais le moteur dominant de la richesse n’est plus le revenu du travail. C’est la propriété des créances.

Créances sur les profits. Créances sur les loyers. Créances sur les intérêts. Créances sur la croissance future. Créances sur le soutien gouvernemental. Créances sur l’expansion monétaire. Créances sur le pouvoir d’achat de demain…

Cela change la structure de la société, sa culture et sa morale.

Les travailleurs vivent à l’intérieur du PIB réel. Les propriétaires d’actifs vivent dans un univers imaginaire, au-dessus du PIB. Dans un Autre monde comme je le répète depuis des décennies.

Les travailleurs dépendent des salaires de l’économie réelle.

Les propriétaires d’actifs possèdent des créances à fort effet de levier sur l’économie réelle et dépendent de la politique monétaire et fiscale. C’est la creation de nouvelles dettes et de nouvelle monnaie qui permet de rouler les dettes, de payer les agios et de solvabiliser le Ponzi boursier.

Lorsque le système fait croître les valeurs financières beaucoup plus vite que la production de biens et services, la classe des propriétaires perd le contact, elle se déconnecte de la classe salariale, même si le pays dans son ensemble semble encore riche.

Peu à peu la classe des ayants-droits financiers du système perd le contact avec la réalité elle même, car ce sont d’autres qui se coltinent le poids de cette réalité, ce sont d ‘autres qui sont chargés de l’adaptation au monde réel. On retrouve ici la fameuse dialectique du maitre et de l’esclave, le maître se désadapte, l’esclave lui s’adapte en continu.

La finance qui a pris le pouvoir aux USA et en Occident nous désadapte du monde réel , elle vit dans un monde magique pensez y !

C’est pourquoi l’écart de richesse continue de s’élargir. L’inflation des actifs prend l’acenseur. Quiconque se tient dedans monte. Quiconque est payé en salaires doit rester sur le tapis roulant à l’envers et courir de plus en plus vite pour rester à la même place .

L’ère du QE a été l’accélérateur. Des taux proches de zéro ont transformé des flux de trésorerie futurs lointains en valeurs présentes énormes.Un « actif » fictif a été magiquement fabriqué!

Les rachats d’actions ont augmenté et donné au capital les moyens de s’enrichir grace à l’ingenierie financière.

Le capital-investissement s’est multiplié pillant les structures précapitalistes, pratiquant la depouille des actifs et l’inflation des passifs..

Le capital-risque s’est gonflé jouissant, se goinfrant avant même tout résultat des anticipations illusoires.

L’immobilier s’est renégocié et vendu aux societe d’investissement qui ont acces aux dettes bon marché.

Les multiples du secteur technologique ont explosé. The sky is the limit.

La finance avec son écart grandissant d’avec le présent et l’anticipation toujours plus phenomenale d’un futur qui certainement ne se concrétisera pas, la finance dis-je construit un monde imaginaire, … désadapté

Le travailleur qui a reçu un simple chèque de paie ne peut plus jouer son rôle de frein et de Statue du Commandeur qui rappelle le poids du réel et ses contraintes. Dans un système ou l’opposition est forte, le réel est réintroduit en continu, mais dans un système sans opposition, au contraire l’imaginaire peut s’emballer, devenir déliranr sans rappel sans élastique moderatrice.

Tout système ne survit que de sa dénonciation car c’est elle qui le force à s’adapter !

Nos systèmes sont condamnés aux crises parce qu’il n’y a plus d’opposition: la victoire du capital décrétée par Warren Buffett signifie sa perte ! Et c’est un comble que ce meme Buffett qui a proclamé la victoire du capital sur le travail fasse maintenantt la grève de l’investissement et conserve ses capitaux sous forme liquide: lui anticipe la crise produite par la victoire du capital dans la Lutte des Classes!

La mondialisation a détruit le pouvoir de négociation des travailleurs.

Les profits des entreprises ont été capitalisés plus haut. Les actifs financiers ont absorbé la hausse. La base salariale a subi la pression.

Le système est piégé par son propre cercle vicieux financier.

Lorsque les valeurs des actifs atteignent cette taille par rapport au PIB, les décideurs politiques ne peuvent pas permettre la moindre correction, sans menacer les banques, les pensions de retraite, les recettes fiscales, les chaînes de collatéral, le crédit privé, l’immobilier et la stabilité politique.

La pile d’actifs devient trop haute et trop instable pour être disciplinée.

Et toujours il faut aller plus loin , bétonner, arroser, assurer …

Taux, liquidité, déficits fiscaux, sauvetages, réglementations, sont obligés de servir le maitre: le passif du bilan du système.

L’économie sert désormais le passif du bilan, elle ne sert plus son actif!

Laisser un commentaire