
Robert Kagan né le 26 septembre 1958 à Athènes est un historien, essayiste et analyste de politique étrangère américain, considéré comme l’un des principaux théoriciens néoconservateurs de sa génération.
- Formation : Yale (BA en histoire), Harvard (MPP), PhD à l’American University.
- Carrière : Il a travaillé au Département d’État sous Reagan (speechwriter pour George Shultz), a conseillé Jack Kemp et John McCain, et siège aujourd’hui comme senior fellow à la Brookings Institution.
- PNAC : En 1997, il cofonde avec William Kristol le Project for the New American Century (PNAC), think tank néoconservateur qui a poussé fortement à l’intervention en Irak en 2003 et défendu l’idée d’une hégémonie américaine.
Kagan est un défenseur borné du leadership mondial américain, de l’ordre pseudo libéral international (alliances, démocratie, marchés ouverts) et suertout de l’usage de la force militaire .
Il voit l’Amérique comme une puissance « exceptionnelle » indispensable pour empêcher le retour du chaos (« the jungle grows back »).
Le livre The World America Made (2012) est l’un de ses ouvrages les plus connus. Je l’ai analysé, commenté et critiqué en son temps.
Kagan argue que :
-Le monde actuel (paix relative en Europe, essor de la démocratie, commerce mondial) est largement le produit de la puissance américaine depuis 1945.
-L’Amérique ne doit pas se retirer (ni sous Obama, ni sous Trump), car un monde sans leadership US ressemblerait à la chute de l’Empire romain ou à l’entre-deux-guerres : montée des dictatures, conflits régionaux, effondrement économique.
Il est marié à Victoria Nuland .
C’est le type meme du « néocon illuminé ». idéologue qui sous-estime les coûts des guerres (Irak, etc.) et rêve d’une Amérique « gendarme du monde ». Il écrit dans dans The Atlantic et Washington Post, avec des analyses souvent très sombres sur le déclin relatif de l’influence américaine.
Robert Kagan, vient d’ écrire « Checkmate in Iran« , publié le 10 mai 2026 dans The Atlantic. C’ est une analyse très sombre et critique de la situation après la guerre entre les États-Unis/Israël et l’Iran.
Kagan reconnait que les États-Unis sous Trump et avec Israël ont subi une défaite stratégique majeure, quasiment un « échec et mat » (checkmate), dont les conséquences ne pourront ni être réparées ni ignorées.
Contrairement aux défaites passées (Vietnam, Afghanistan, Irak), celle-ci est irréversible et va profondément affaiblir la position américaine dans le monde.
Les points clés de l’article
Échec militaire et politique : Malgré 37 jours de bombardements intensifs qui ont tué une grande partie de la direction iranienne et détruit une bonne partie de son armée, le régime iranien n’a pas cédé et n’a fait aucune concession. Trump a fini par accepter un cessez-le-feu sans victoire claire.
Le détroit d’Ormuz au cœur du problème : L’Iran conserve le contrôle (ou la capacité de bloquer) du détroit d’Ormuz, par où passe ~20-30 % du pétrole mondial. Cela donne à Téhéran un levier énorme : il peut exiger des « péages », limiter le passage des navires, ou menacer de fermer le détroit. C’est plus puissant qu’une arme nucléaire pour exercer une pression immédiate.
Conséquences géopolitiques :
-L’Iran sort renforcé ( mieux armée, avec une influence régionale accrue).
-Les pays du Golfe (Arabie saoudite, etc.) devront s’accommoder de l’Iran, car les États-Unis apparaissent comme un « tigre en papier » incapable de garantir la liberté de navigation.
La Russie et la Chine, alliées de l’Iran, en sortent gagnantes.
Israël se retrouve plus isolé que jamais.
Impact global : Cela accélère un monde post-américain (multipolaire chaotique). Les alliés des États-Unis (Europe, Asie) douteront de la fiabilité américaine. Cela pourrait encourager la Chine sur Taïwan ou la Russie en Europe.
Les stocks d’armes américains sont déjà très entamés.
Les options de Trump limitées : Reprendre les bombardements risque une catastrophe économique mondiale (prix du pétrole à 150-200 $). Une invasion terrestre est trop coûteuse et risquée. Kagan dit que Trump envisage même de simplement « déclarer la victoire et partir ».