Les investisseurs institutionnels et particuliers n’ont jamais autant parié sur la hausse des actions américaines… à crédit.
C’est le constat alarmant publié ce lundi par le cabinet Global Markets Investor.
Selon les données les plus récentes (EPFR / Goldman Sachs Global Investment Research), l’exposition totale aux ETF à effet de levier (2x et 3x) sur les indices boursiers américains atteint aujourd’hui un record absolu de 337 milliards de dollars.
- ETF 3x (qui amplifient les mouvements x3) : 209 milliards de dollars
- ETF 2x (qui amplifient les mouvements x2) : 128 milliards de dollars
En seulement six ans, ce montant a été multiplié par plus de cinq Le graphique ci-dessous, issu de l’analyse, montre clairement l’explosion de ces positions depuis 2016, avec une accélération spectaculaire ces deux dernières années.
Ces « paris à crédit » permettent aux investisseurs de miser massivement sur la hausse du marché tout en mobilisant relativement peu de capital propre.
Mais le revers de la médaille est connu : en cas de retournement brutal du marché, les mécanismes de levier déclenchent des ventes forcées (unwind) qui amplifient violemment la chute.
L’analyste de Global Markets Investor met en garde :
« Si le marché tourne, le débouclage de ces positions sera violent. »
Ce niveau record d’endettement via des produits dérivés survient dans un contexte de valorisations élevées, de tensions géopolitiques, de resurgence de l’inflation, d ebulle de l’IA, de defaillances de credit et de signes d’euphorie sur les marchés. L’indicateur d’appétit pour le risque de Goldman Sachs est d’ailleurs à son plus haut niveau depuis 2021
.Les ETF à effet de levier sont devenus l’un des outils favoris des « traders retail « et de certains fonds spéculatifs. Ils transforment une simple conviction haussière en un véritable pari à effet multiplicateur… jusqu’au jour où la tendance s’inverse.
À retenir : jamais dans l’histoire moderne les investisseurs n’avaient pris autant de risque levier sur les actions américaines. Ce record sera un jour le carburant d’une correction violente quand les conditions macroéconomiques ou géopolitiques viendront à se dégrader.
