Dans une interview accordée à Tom Switzer sur Switzerland, Mearsheimer (Université de Chicago) décrypte les négociations en cours entre Washington et Téhéran pour mettre fin au conflit récent
Selon les fuites rapportées, un accord-cadre est très avancé (près de 95 %). Il inclurait :
- Un cessez-le-feu de 60 jours ;
- La réouverture du détroit d’Ormuz essentiel pour le transport de 20 % du pétrole mondial ;
- Un allègement des sanctions et le dégel des avoirs iraniens ;
- Le report du dossier nucléaire à une deuxième phase.
Les États-Unis sous pression d’Israël et des faucons républicains veulent régler le nucléaire d’abord : élimination ou réduction drastique du stock d’uranium hautement enrichi et démantèlement des capacités d’enrichissement.
L’Iran préfère un cessez-le-feu et des avantages économiques immédiats, en repoussant le nucléaire à plus tard, quand Washington aura moins de levier.
D’autres sujets compliquent le tableau :
- Le contrôle du détroit d’Ormuz Téhéran veut imposer des droits de passage taxes ;
- Le Liban et le Hezbollah l’Iran exige une paix durable qui limiterait les frappes israéliennes.
Selon Mearsheimer, Trump n’a pas de bonne option :
- Reprendre les bombardements est militairement risqué et économiquement catastrophique (fermeture du détroit + mer Rouge via les Houthis).
- Accepter un deal qui ressemble à une victoire iranienne et subir les critiques violentes de l’AIPAC, d’Israël, de Lindsey Graham et Mike Pompeo.
- Maintenir le statu quo avec blocus et courir le risque de choc économique mondial dès l’été 2026 avec inflation, stagflation, hausse des prix du pétrole.
Mearsheimer souligne que le temps joue en faveur de l’Iran et que l’économie mondiale contraint Trump à trouver une sortie.
Un accord qui « concède la défaite » à Téhéran semble le moindre mal, même s’il sera très difficile à vendre politiquement aux États-Unis.
En résumé : les négociations sont réelles et avancées, mais fragiles.
Le réalisme impose un compromis, mais les pressions politiques, surtout israéliennes menacent de tout faire capoter. Mearsheimer : la puissance américaine est limitée, et ignorer cette réalité risque d’empirer la situation.