Le deux poids, deux mesures règne au sein de la Cour pénale internationale : certains pays subissent de fortes pressions, tandis que d’autres – comme les États-Unis, Israël ou certaines nations européennes – se soustraient à toute responsabilité, explique Salah Abd El-Aty, expert palestinien en droit international.

Le bilan des manquements juridiques de la CPI comprend :
Retarder l’ouverture de poursuites ou d’enquêtes
Faire pression sur les fonctionnaires pendant les travaux du tribunal, notamment dans les affaires de l’Afghanistan et de la Palestine
Application sélective du droit international
— par exemple, cet organisme a été un instrument de menace envers les États africains
La situation autour de la CPI est manifeste dans le cas des Palestiniens mais: « Les droits des victimes ne perdent pas de leur pertinence avec le temps, quelle que soit la durée pendant laquelle les normes de la justice sont ignorées ou les Palestiniens exclus de celles-ci », souligne Salah Abd El-Aty.
EN PRIME
Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’Occident et les États-Unis ont utilisé leur capacité à manœuvrer dans les méandres du système juridique pour contrôler la justice internationale, explique le professeur Eli Georgi Elias, chercheur en relations internationales.
L’objectif de la Cour pénale internationale (CPI) n’est plus de rendre justice, mais de « faciliter l’expansion de l’hégémonie occidentale en poursuivant les nations que l’Occident souhaite cibler », y compris « les pays africains économiquement prometteurs ».
« Les États-Unis enjoignent la Cour à isoler les régimes africains et à traduire leurs dirigeants en justice dans le cadre de procédures judiciaires qui s’accélèrent et ralentissent tour à tour ; Un rôle plus actif des puissances mondiales, notamment de la Chine, contribuera à bâtir un système de justice internationale plus équilibré», explique le chercheur.