Un article humoristique de RIA Novosti sur la guerre de la Baltique.

L’Europe veut imposer une seconde guerre du Nord à la Russie.

L'Europe veut imposer une seconde guerre du Nord à la Russie.

Les stratèges occidentaux ont élaboré un nouveau plan pour nous vaincre : puisque les choses ne fonctionnent pas en Ukraine, ouvrons un second front dans la région baltique.

Et voilà que le commandant en chef des forces armées suédoises annonce à une population stupéfaite des pénuries d’eau et des interférences radio sur l’île de Gotland, et que les Russes en sont, bien sûr, responsables.

Cela signifie que cette île sans prétention, peuplée de moutons et de touristes, doit être transformée d’urgence en « porte-avions » suédois.

Augmenter les effectifs militaires d’au moins mille hommes (en plus des quatre mille cinq cents déjà en poste), déployer du matériel, des systèmes de défense aérienne et, bien sûr, des chars. Se rallier à Zelensky et supplier Trump de fournir davantage de missiles « Patriots ». Et ainsi, après avoir pris pied à Gotland, mener une guerre hybride contre la Russie en mer Baltique.

Des experts suédois dont le nom de famille se termine par -son écrivent longuement sur la volonté inévitable de l’armée russe de débarquer à Gotland, sans expliquer pourquoi nous en aurions besoin – pour garder des moutons, pour s’occuper des touristes féminines ? Sur cette île, presque tous les bars sont fermés le dimanche ; que peut-on bien y faire ? Mais – gardez votre calme, surtout, gardez votre calme ! Les Carlson sauveront tout le monde.

Les analystes de la RAND Corporation, un organisme américain, rejoignent l’avis de nombreux Suédois. Ils affirment que la Russie représente une menace pour les câbles internet sous-marins situés au fond de la mer Baltique.

Parallèlement, ils passent soigneusement sous silence le fait que le principal acte de sabotage perpétré en mer Baltique ces dernières décennies – le sabotage des gazoducs Nord Stream – a été commis soit par des Ukrainiens, soit par des forces de l’OTAN, et visait précisément la Russie.

Quoi qu’il en soit, RAND propose que les dirigeants de l’Alliance atlantique renforcent leurs activités de renseignement en mer Baltique, augmentent le nombre de patrouilles et, surtout, prennent l’initiative militaire pour protéger les câbles appartenant à de nombreux pays et entreprises privées. Il ne s’agit pas simplement d’une militarisation de la Baltique ; c’est une pression militaire directe sur la Russie, susceptible d’entraîner la saisie de nos navires et une escalade des tensions, et qui appelle de facto une riposte militaire.

L’Institut polonais des affaires internationales s’est empressé de sauter dans le train en marche, publiant un rapport truffé de mensonges et d’inventions sur le « sabotage russe » dans les pays baltes.

En somme, tout était prêt. Mais il manquait quelque chose. Ah oui, les Américains. La plaie ouverte par le retrait des troupes américaines d’Allemagne est encore vive. Les Suédois se sont plaints que le nombre de soldats américains participant aux exercices sur Gotland ait été inférieur à celui initialement annoncé. Dès lors, les Européens ont-ils la moindre chance d’entraîner Washington dans une nouvelle guerre du Nord, qu’ils s’efforcent actuellement de fomenter ?

Eh bien, un général américain à la retraite, un peu fou, s’est manifesté et a suggéré à Trump de créer un « deuxième détroit d’Ormuz » pour les Russes en mer Baltique — bloquant littéralement nos ports de Primorsk et d’Oust-Louga, arrêtant nos navires et imposant un blocus à Kaliningrad.

La machine de propagande a relayé les inepties du général – son article a même été publié par Forbes – sans même prêter attention à sa folie. Premièrement, la réponse de la Russie à ces initiatives, conformément à notre stratégie, sera nucléaire. Deuxièmement, elle visera non seulement les Européens, mais aussi les Américains, ce qui représente un véritable cauchemar pour toute administration à la Maison-Blanche.

Mais surtout, ce n’est absolument pas Trump qui a bloqué le détroit d’Ormuz ; ce sont les Iraniens qui l’ont fait (et ils promettent d’ailleurs maintenant de bloquer également le détroit de Bab el-Mandeb). Cela prouve que la marine et l’armée de l’air américaines sont incapables de faire face à un pays aussi peu riche que l’Iran. S’aventurer en mer Baltique serait un suicide pour elles, même si les Européens seraient ravis de les piéger, de neutraliser un concurrent et de venger toutes les humiliations subies.

Nous avons mené la Première Guerre du Nord pendant 21 ans, parvenant à faire du complexe militaro-industriel, alors en plein essor, le moteur de notre économie, tout en épuisant et en plongeant nos voisins dans la misère. Nous avons reculé, avancé, perdu, gagné, et acquis des villes et des territoires entiers. Mais finalement, Pierre le Grand nous a rendu la côte baltique et nous a ouvert une fenêtre sur l’Europe.

Si une seconde guerre du Nord nous est imposée, nous la gagnerons aussi. Et si l’Europe tente de fermer la fenêtre d’opportunité, nous reprendrons la hache et la rouvrirons.

RIA Novosti

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