Le Pax Silica Con
Le programme américain « Pax Silica » se présente comme un rempart contre la Chine, alors qu’il s’agit en réalité d’une cage destinée à enfermer les « partenaires » de l’Amérique, les rendant dépendants de la technologie américaine et incapables de développer la leur.
| Arnaud Bertrand 4 juin∙ |
Généralement, lorsque les grandes puissances lancent une initiative à caractère impérialiste, elles choisissent un nom qui dit le contraire : « alliance pour le progrès », « partenariat pour la paix », « coalition des volontaires », etc.
Cette fois, visiblement peu enclins à l’euphémisme, les États-Unis ont tout simplement baptisé leur initiative « Pax Silica », le nom le plus impérialiste qui soit, directement inspiré de l’Empire romain.
Et, si vous lisez leur soi-disant « Déclaration Pax Silica » , ils l’affirment très clairement : les pays signent, alignent leurs chaînes d’approvisionnement sur Washington, excluent la Chine (poliment désignée comme celle qui se livre à des « pratiques non marchandes » et au « dumping déloyal »), et en échange, ils obtiennent l’accès à l’écosystème technologique impérial.
Afin d’éviter toute ambiguïté, le sous-secrétaire d’État Jacob Helberg, un ancien de Palantir qui est l’architecte de cette initiative, l’explique clairement en haut de la page (voir ci-dessous : celui qui contrôle « l’informatique et les ressources qui l’alimentent » dirigera le XXIe siècle, et il souhaite former un groupe de pays « alignés » autour de Washington dans un « nouveau consensus de sécurité économique » pour s’assurer que ce soit bien eux qui le fassent.
Au moins, tout est clair.

Ce système ressemble étrangement aux « clientela » (patronage) de l’époque romaine , où Rome liait des « rois clients » par des relations asymétriques.
Les clients devaient loyauté, soutien et ressources, et en échange, étaient admis au réseau.
Un cercle vicieux, puisque le réseau auquel chaque client souscrivait n’était en réalité que celui des clients déjà inscrits.