J’ai écrit le futur discours de Kevin Warsh après la réunion du 17 Juin du FOMC. Je l’ai construit en me référant strictement à ses idées et ses déclarations les plus récentes .
Discours de Kevin Warsh – Conférence de presse post-FOMC, 17 juin 2026
Mesdames et Messieurs les journalistes, chers collègues, Merci d’être présents aujourd’hui.
Nous venons de conclure une réunion du FOMC exigeante, comme le sont souvent les moments où l’économie américaine fait face à des vents contraires.
Permettez-moi d’être direct : nous n’augmenterons pas les taux d’intérêt aujourd’hui. Et nous n’envisageons pas de le faire dans l’immédiat. Notre mandat est clair – stabilité des prix et emploi maximal – et nous l’exécuterons avec rigueur, indépendance et pragmatisme.
L’inflation reste au-dessus de notre cible de 2 %. Nous le voyons. Les prix de l’énergie et certains chocs géopolitiques exercent une pression. Mais hausser les taux maintenant serait une erreur mécanique, pas une réponse intelligente. Cela freinerait la croissance réelle sans résoudre les racines structurelles de la hausse des prix.
Nous refusons cette fausse simplicité.
Voici le récit clair que nous portons :
Premièrement, la productivité américaine est en train de changer la donne. Les avancées en intelligence artificielle, en technologies et en innovation ne sont pas un vœu pieux. Elles sont déjà en cours. Elles augmentent la capacité de l’économie à produire plus, sans créer d’inflation durable.
Ignorer cette dynamique reviendrait à piloter l’économie d’hier avec les outils d’avant-hier.
Nous ne commettrons pas cette erreur.
Deuxièmement, nous restons data-dependent, sans dogme. Nous surveillons chaque indicateur : l’emploi reste solide mais sans surchauffe, les salaires évoluent de manière ordonnée, les anticipations d’inflation sont ancrées. Tant que ces données ne crient pas « urgence », nous ne surréagirons pas.
La patience n’est pas de la faiblesse ; c’est de la discipline.
Troisièmement, la Fed doit se réformer pour mieux servir l’Amérique. Nous allons réduire notre empreinte excessive sur les marchés, simplifier notre communication, et éviter les forward guidance trop précises qui créent plus de volatilité qu’elles ne résolvent de probèmes .
Nous examinerons aussi si nos mesures d’inflation capturent vraiment la réalité vécue par les familles et les entreprises.
Moins de mots, plus de résultats.
Plus de marché, moins de micro-gestion.
Nous protégeons l’indépendance de la Fed, non par orgueil, mais parce qu’elle est la meilleure garantie d’une politique monétaire crédible à long terme. Cette indépendance ne nous isole pas du réel : elle nous oblige à regarder les faits en face, sans céder aux pressions du moment – qu’elles viennent d’où que ce soit.
À ceux qui s’inquiètent pour la croissance : la meilleure politique monétaire est celle qui permet à l’économie privée de respirer, d’investir et d’innover.
Nous ne voulons pas d’une Amérique qui stagne derrière des taux trop élevés. Nous voulons une Amérique dynamique, compétitive et prospère.
Nous resterons vigilants.
Si les données changent, nous agirons sans hésiter. Mais aujourd’hui, face à une économie qui montre à la fois une résilience et un potentiel extraordinaires, notre décision est claire : maintenir le cap, sans hausse de taux, en observant, en réformant et en faisant confiance à la capacité unique de l’Amérique à innover.
Je suis prêt à répondre à vos questions.
Merci.