Pourquoi ignorer l’IPO de SpaceX ?

Le sage conseil de Warren Buffett que tout le monde oublie aujourd’hui

Alors que les réseaux sociaux s’enflamment, que les ordres affluent et que certains parlent déjà de Musk comme du premier trillionnaire de l’histoire, l’introduction en bourse de SpaceX (ticker SPCX) fait figure d’événement planétaire.

L’entreprise vise une valorisation record autour de 1,77 trillion de dollars et lève potentiellement 75 milliards. C’est la plus grande IPO de tous les temps.

Mais est-ce vraiment l’opportunité du siècle ?

Warren Buffett, l’un des investisseurs les plus brillants de l’histoire, a une réponse limpide et provocante.

Voici ce qu’il en pense :

« L’idée qu’un titre nouvellement émis (IPO) — mis sur le marché au moment choisi par le vendeur et entouré d’une immense hype — soit la meilleure affaire absolue parmi des milliers d’entreprises mondiales est un pur non-sens.


Quand une offre comporte une commission ridicule de 7 % juste pour motiver les vendeurs, elle ne peut tout simplement pas être l’investissement le plus attractif disponible.


Alors que les gens se laissent facilement emporter par l’excitation d’un nouveau lancement, regardez la réalité : vous avez des milliers de sociétés cotées existantes dont les prix sont fixés par un marché aux enchères naturel, exempt de promotion agressive ou de frais cachés.


Cela n’a aucun sens d’acheter un titre précisément quand un initié décide que le moment est parfait pour vendre. Franchement, cela ne vaut pas la peine de passer cinq secondes à y penser. »

La mécanique d’une IPO : vendre au plus haut, pas au meilleur prix pour vous!

Buffett le répète depuis des décennies : une IPO n’est pas une vente aux enchères ouverte où le marché fixe librement le prix. C’est une négociation orchestrée par les vendeurs (fondateurs, early investors, banques) qui choisissent le timing idéal pour maximiser leur sortie. Les frais d’intermédiation (souvent 5-7 %) récompensent ceux qui poussent le produit.

L’hype médiatique fait le reste.

SpaceX illustre parfaitement ce schéma :

  • Valorisation explosive après des années de financement privé.
  • Demande massive , plus de 70 milliards de dollars d’ordres retail
  • Prix fixé à 135 $ par action pour une entrée tonitruante.

Le marché secondaire, lui, est un véritable marché aux enchères quotidien : des milliers d’entreprises déjà scrutées, analysées, dont les prix fluctuent en fonction de résultats réels, sans banquiers d’affaires ni roadshow orchestré.

Les chiffres qui font rêver… et ceux qui devraient alerter

SpaceX affiche une croissance impressionnante : Starlink avec des millions d’abonnés, contrats gouvernementaux, avancées technologiques révolutionnaires. Mais l’entreprise a aussi enregistré des pertes opérationnelles significatives ces dernières années. Or le capitalisme ce n’est pas le chiffre d’affaires, ni meme la demande ou les besoins, mais les profits que l’on en retire!

La valorisation atteint des niveaux stratosphériques – bien au-delà de nombreuses entreprises matures et rentables.

Buffett ne dit pas qu’il ne faut jamais investir dans des entreprises innovantes. Il dit simplement : pourquoi payer le prix fort au moment où les insiders vendent ? Pourquoi ne pas attendre que la poussière retombe et que le marché attribue un prix plus rationnel, parfois bien plus attractif ?

L’histoire regorge d’IPO qui ont flambé le premier jour avant de corriger violemment.

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