Un éditorial révolutionnaire… Eh oui!

Le point de départ de cette reflexion révolutionaire est une intervention du célèbre Jim Grant qui nous parle des Bulles actuelles.

J’ai un immense respect pour Jim Grant son bon sens, ses capacités analytiques et son expérience. Tout comme je suis régulièrement Meb Faber qui fait partie des gérants fondamentalistes honnêtes du type Hussman ou Grantham..

Le fait de diagnostiquer une bulle me semble induire en erreur.

Certes moi même j’utilise souvent cette désignation de « bulle » mais c’est un raccourci, par commodité de langage, pas par rigueur conceptuelle. Tout comme j’utilise le terme de « printing » pour désigner la politique monétaire non conventionnelle alors que je sais que c’est beaucoup plus complexe que cela.

Il fut un temps lointain ou je tentais encore d’éviter les mots « bulles » et « printing », mais c’est trop fatigant de répéter toujours la même chose.

J’ai même écrit des articles pour expliquer que non, il n’y avait pas de bulles.

Les fondamentalistes se référent implicitement un monde duel, d’un côté les cours ou prix des actifs financiers et de l’autre coté le réel; d’un côté la Sphère Financière et de l’autre la Sphère Economique.

Je pense que ceci induit en erreur en occultant la Sphère qui s’interpose entre la Sphere Réelle et la Sphere Financiere, je veux parler de la Sphére Monétaire.

Le monde duel, binaire est celui d’avant la libération de la production de monnaie, le monde d’avant le desancrage, celui de la monnaie rattachée au réel et à la valeur-travail par le biais de l’or ou par le biais de la discipline orthodoxe.

A partir du moment ou comme l’a vu Soros le premier, vous vous donnez la possibilité de produire autant de monaie, de dollars que vous voulez, vous brisez le lien binaire et vous entrez dans un monde à trois Spheres. le Réel, le Monétaire, le Financier.

QUAND VOUS AVEZ LIBERE LA MONNAIE VOUS AVEZ DU MEME COUP LIBERE LES ACTIFS FINANCIERS

QUAND LES MONNAIES FLOTTENT’ LES ACTIFS FINANCIERS DEVIENNENT IPSO FACTO FRIVOLES

DE PROCHE EN PROCHE ET PAR LE PONT QUE CONSTITUENT LES DETTES ET SINGULIEREMENT LES DETTES DE BASE, LES FONDS D’ETAT.

On ne passe du Réel au Financier que par l’intermédiaire du monétaire -et de la fameuse monnaieitude- ; ce qui apparait comme un rapport binaire, Réel/Finance est en réalité un rapport en triangle: Réel, Monétaire, Financier!

La simplification binaire maintient la continuité avec le passé d’avant 1971 et 1973 et donc fait passer à coté des mécanismes cachés ; ce avec quoi on achète, c’est du monétaire et c’est le monétaire qui est surabondant.

La bulle ne se situe pas dans le rapport entre le financier et le réel mais entre le monétaire et le réel ; la vraie bulle fondamentale est celle des monnaies, des liquidités qui alimentent le pouvoir d’achat financier. Ce qui est en excès délirant c’est la masse du pouvoir d’achat financier, les 194 trillions de liquidités globales de Howell, et en avant-dernière analyse ce qui constitue la pierre angulaire de nos monnaies de crédit; les dettes et singulièrement les fonds d’état/dettes des gouvernements!

Vous avez remarqué que j’ai écrit quelque chose de choquant

« et en avant-dernière analyse » !

Pourquoi ? Parce que tout cela est encore plus complexe que je ne l’explique: les dettes des états et des gouvernements ne permettent pas d’aller au fond des choses! Le fond des choses c’est que finalement il n’y a que deux univers, deux sphères: la sphère du réel et la sphère des signes et la sphère des signes se dédouble en deux sphères apparemment distinctes mais en réalité unifiées, la monétaire et la financière.

Pour me résumer en fait il n’y a que deux sphères, la réelle et celle des signes.

La sphère des signes se dédouble en monnaie et finance .

Ce qui fait bulle ce sont les signes, il sont detachés du réel, ils cessent de le re-présenter , ils cessent d’équivaloir; ils cessent de référer et de rattacher; ils sont libres comme Max dans la chanson qui dit qu’il y en a même qui l’ont vu voler!

Voler bien sur dans tous les sens du terme à notre époque!

La post-modernité de libération des signes, de relativité et de disjonction a produit un monde ou les signes sont déconnectés du réel qu’à l’origine ils étaient censés re-présenter. La post modernité a détaché les re-présentations de ce quelles sont censées re-présenter.

CE QU’IL FAUT DONC ETUDIER C’EST LA PRODUCTION DE SIGNES QUI CREENT DU POUVOIR D’ACHAT FINANCIER OU MIEUX ENCORE QUI ACCELERENT LA ROTATION, LA VITESSE DE CIRCULATION DU POUVOIR D’ACHAT FINANCIER!

Cela devient vertigineux de profondeur et de complexité!

Dans cette direction on se dit qu’il y a beaucoup de signes qui font office de monnaie et créent du pouvoir d’achat financier: par exemple la masse des dérivés qui réduit le risque ! Elle augmente les capacités bilantielles en réduisant les value@risk des banques et du shadow et donc elle augmente leur pouvoir d’achat financier, ce que Snider a bien compris.!

je vais même plus loin: quand le patron de la Fed fait une « guidance » suggérant pour ses fidèles initiés qu’il va desserrer la politique monétaire et être plus colombe, il crée du pouvoir d’achat financier, il déclenche des effets de leviers, des accélérations de la vitesse de circulation des liquidités financières.

La parole des Grands Prêtres de la religion de la monnaie, de la finance est … monnaie!

Ce que l’on sait depuis l’Antiquite qui a utilisé régulièrement l’équivalence parole= monnaie!

En passant lisez ceci qui est de la même veine:

NOUS POUVONS MAINTENANT PASSER A JIM GRANT

Jim Grant : « L’IA est l’une des plus grandes bulles de tous les temps »Entretien exclusif avec Meb Faber – 12 juin 2026

Jim Grant n’est pas un novice en matière de manies boursières.

Depuis 1983, il chronique chaque excès de Wall Street à travers sa célèbre lettre Grant’s Interest Rate Observer.

Dans un nouvel épisode du podcast The Meb Faber Show, il livre une analyse tranchée : la bulle actuelle autour de l’intelligence artificielle rivalise avec les plus grandes de l’histoire, y compris les chemins de fer du XIXe siècle et la bulle internet de 1999-2000.

L’IA : une bulle historique aux proportions inédites;Grant ne mâche pas ses mots :

« Je pense que nous vivons aujourd’hui l’une des plus grandes bulles de tous les temps. »

Il compare l’engouement actuel pour l’IA à la construction massive des chemins de fer au XIXe siècle ou à la frénésie des IPO internet à la fin des années 1990.

Selon lui, le capital mobilisé pour l’IA (data centers, semi-conducteurs, infrastructures) est immense, avec des phénomènes de surcapacité et de « double commande » déjà visibles, exactement comme à l’époque.

Il nuance toutefois : l’IA transformera probablement le monde, tout comme les chemins de fer ou l’air conditionné l’ont fait. Mais la technologie transformative ne garantit pas des rendements boursiers exceptionnels pour les investisseurs.

La plupart des entreprises impliquées dans ces révolutions technologiques finissent par disparaître ou sous-performer.

Grant reste très sceptique sur les valorisations actuelles et sur la capacité des marchés à anticiper correctement la demande réelle face à l’offre massive qui arrive.

Déflation = Progrès . L’un des passages les plus intéressants porte sur l’inflation et la déflation. Grant rappelle que la déflation n’est pas toujours synonyme de catastrophe :

« Ce que la Fed appelle déflation, une personne normale l’appellerait du progrès. »

Il cite les années 1950-1960, où les prix baissaient grâce à la productivité sans que cela ne provoque de crise.

En revanche, aujourd’hui, la déflation inquiète mais ce n’est pas en soi, c’est à cause de l’endettement massif des gouvernements, des particuliers, des entreprises, du private equity.

Private credit : un marché de 2 000 milliards de dollars « trouble »Grant s’inquiète particulièrement du marché du credit privé , estimé à environ 2 000 milliards de dollars. Il souligne que un tiers des 6 000 milliards d’actifs des compagnies d’assurance-vie américaines y est désormais investi.

Selon lui, ce marché est « trouble » et manque de transparence, à l’image des CDO avant 2008. Les changements réglementaires imposés aux banques ont poussé les investisseurs à chercher du rendement ailleurs, créant un écosystème opaque et potentiellement risqué en cas de retournement.

La Fed : un bilan mitigé pour Powell et des pistes de réforme. Sur Jerome Powell, Grant attribue un A+ pour sa prise de conscience précoce des risques d’endettement, mais il critique son inaction et son adhésion trop rigide à l’objectif d’inflation à 2 %.

Il propose plusieurs pistes pour réformer la Fed :

  • Réduire sa taille et son bilan
  • Abandonner le double mandat au profit de la seule stabilité des prix
  • Revenir à des règles plus strictes de responsabilité personnelle pour les banques
  • Reconsidérer le rôle de l’or dans ses réserves

L’or : un pari sur la détérioration du dollar. Grant est un partisan historique de l’or. Il en possède depuis 1980 (acheté au pic à ~850 $ l’once). Aujourd’hui, avec un cours autour de 4 400 $, il le considère toujours comme un investissement conceptuel sur la détérioration du dollar.

Il note que les banques centrales , surtout asiatiques, en achètent massivement et que l’or surperforme souvent les actions et les obligations sur de longues périodes, malgré sa volatilité et l’absence de rendement.

L’investissement le plus mémorable de Jim Grant. En 2009, au plus fort de la crise financière, Grant a acheté des actions du S&P 500 à des valorisations extrêmement basses (certaines sous les 10 $). Certaines ont ensuite été multipliées par 20. Il cite cet exemple pour illustrer à quel point les marchés peuvent être irrationnels aux deux extrêmes.

Grant recommande particulièrement d’étudier l’année 1984. À l’époque, les obligations du Trésor américain à 30 ans offraient un rendement de 14 % alors que l’inflation (CPI) était autour de 4 %. Cela représentait un rendement réel de 10 %… pourtant, peu d’investisseurs y croyaient après des années de marché obligataire baissier.

En résuméJim Grant reste fidèle à sa ligne contrarian depuis plus de 40 ans : il voit dans l’enthousiasme actuel autour de l’IA, du private credit et de la dette publique des signes classiques de bulle. Il ne prédit pas forcément un krach immédiat, mais il invite à la prudence et à l’étude approfondie de l’histoire financière.L’épisode complet (environ 1h08) est disponible dès maintenant :


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