La BRI alerte sur les risques d’un krach financier lié à la frénésie d’investissements en intelligence artificielle
Bâle, 29 juin 2026 — Dans son Rapport économique annuel 2026, publié dimanche 28 juin, l’institution basée à Bâle souligne que la vague d’investissements « excessifs » dans les centres de données et les infrastructures liées à l’IA, largement financés par la dette, pourrait générer des vulnérabilités financières susceptibles d’amplifier un choc économique et de se propager à l’ensemble du système financier mondial.
Cette mise en garde fait écho aux préoccupations relayées par plusieurs médias, dont The Telegraph dans un article publié le 28 juin sous le titre « AI boom risks global financial crash, warn central bankers ».
Selon le rapport de la BRI, le boom actuel de l’IA, bien qu’il ait soutenu la croissance et maintenu des conditions financières accommodantes jusqu’au début de l’année 2026, porte en germe des risques de surinvestissement comparables à ceux observés lors de précédents épisodes technologiques (manie des chemins de fer au XIXe siècle, bulle internet des années 2000).
Des investissements colossaux et de plus en plus financés par la dette. Les cinq plus grands « hyperscalers » (les géants technologiques dominant le cloud et l’IA) sont en passe de consacrer plus de 1 000 milliards de dollars de dépenses d’investissement (capex) liées à l’IA sur la période 2025-2026.
Ces dépenses portent notamment sur l’achat de semi-conducteurs, la construction et l’extension de centres de données, ainsi que sur les infrastructures électriques associées.
La BRI observe que ces investissements dépassent souvent les bénéfices réalisés et s’appuient de plus en plus sur l’endettement. Le financement de la chaîne d’approvisionnement de l’IA devient « de plus en plus complexe et opaque », avec des structures de financement circulaires et une forte présence d’acteurs non bancaires (hedge funds, crédit privé).

Le crédit privé alloué au secteur de l’IA et des technologies de l’information a ainsi quadruplé en cinq ans pour représenter 15 % des portefeuilles de certains fonds.
« L’intense concurrence pour la domination du marché peut conduire les entreprises à s’engager excessivement dans des projets d’investissement dont les rendements restent incertains », souligne le rapport.
La BRI identifie quatre « points de pression » majeurs pour l’économie mondiale en 2026, dont la soutenabilité du boom de l’IA figure en bonne place :
- Risque de surinvestissement : Si les goulets d’étranglement (électricité, semi-conducteurs, équipements de réseau) persistent ou si les rendements attendus ne se matérialisent pas, un brusque ralentissement des dépenses pourrait entraîner une réévaluation des actifs et des difficultés de remboursement de la dette le long de la chaîne d’approvisionnement.
- Vulnérabilités financières : Valorisations élevées des actifs, complaisance des investisseurs et liquidité plus fragile sur les marchés obligataires centraux. Un « bust » de l’IA pourrait déclencher un resserrement des conditions de crédit plus large.
- Nexus dette publique – stabilité financière : La dette publique record, combinée au rôle croissant des acteurs non bancaires fortement endettés, crée un nouveau canal de transmission des chocs.
- Risques inflationnistes persistants : Dans un contexte de chocs d’offre fréquents.
Le rapport établit un parallèle explicite avec les cycles d’investissement passés: les percées technologiques réelles (électrification, informatique) ont souvent été suivies d’une phase d’exubérance et de surinvestissement, puis d’un ajustement douloureux pouvant contribuer à des récessions.
Pablo Hernández de Cos, directeur général de la BRI, insiste sur l’urgence d’agir :
« Les décideurs politiques doivent agir maintenant. Le report ne fera qu’accroître le coût des ajustements nécessaires et augmentera les risques de compromis difficiles à l’avenir. »
Frank Smets, chef par intérim du département monétaire et économique, met en lumière le nouveau « nexus souverain-financier » : une forte baisse des prix des obligations souveraines pourrait rapidement se propager via les acteurs non bancaires et compliquer la tâche des banques centrales.
Les priorités recommandées par la BRI sont claires :
- Sauvegarder la stabilité des prix et ancrer les anticipations d’inflation.
- Assurer la soutenabilité budgétaire.
- Renforcer la stabilité financière au-delà du périmètre bancaire traditionnel
- Régulation des acteurs non bancaires, exigences de liquidité et de collatéral.
- Mener des réformes structurelles pour soutenir une croissance durable.
Contrairement à certains titres alarmistes, la BRI ne prédit pas un krach imminent.
Elle souligne le potentiel réel de productivité de l’IA à long terme, tout en insistant sur le fait que l’optimisme actuel pourrait s’avérer excessif et que les vulnérabilités accumulées pourraient amplifier tout choc futur.
Sources principales :
- Annual Economic Report 2026 de la BRI (28 juin 2026) – Chapitre « Progress and peril » et communiqué de presse officiel.
- Synthèses et analyses relayées par Reuters, The Telegraph et autres médias spécialisés.
La BRI publiera prochainement l’intégralité de son rapport annuel, qui comprend également des analyses sur l’innovation monétaire et les stablecoins.

J’aime bien ce dessin « AI MANIA » : le premier dans le wagon a 3 bras,
le deuxième a 2 bras et 3 mains, le quatrième a 2 bras et 3 mains ….
sans doute un dessin fait par l' »intelligence » artificielle !?!
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