Prof. Foad Izadi : « La probabilité de guerre dépasse 90 % dans les deux prochaines années »

Entretien Mario Nawfal – Prof. Foad Izadi

« La probabilité de guerre dépasse 90 % dans les deux prochaines années »

Mario Nawfal a reçu le Professeur Foad Izadi, universitaire iranien basé à Téhéran, pour décrypter la vision de Téhéran sur les tensions actuelles autour du détroit d’Hormuz et les risques d’escalade militaire dans la région.

L’entretien propose une perspective rare directement depuis l’Iran, loin des analyses occidentales habituelles.

Un risque de guerre très élevé selon Téhéran; Dès les premières minutes, le professeur Izadi pose un constat clair :« La probabilité d’une guerre est supérieure à 90 % dans les deux prochaines années. »

Il ne s’agit pas, selon lui, d’une simple rhétorique, mais d’une analyse des dynamiques en cours. Le détroit d’Hormuz : pas une négociation, mais un changement de régime L’un des points les plus importants de l’entretien est la relecture que fait Izadi du conflit autour du détroit d’Hormuz. Pour lui, il ne s’agit pas d’une négociation classique sur le passage des navires ou les sanctions. C’est, selon ses mots, une tentative de « changement de régime » dans le détroit lui-même.

  • L’Iran et Oman sont les deux pays riverains qui contrôlent les eaux territoriales du détroit.
  • Les États-Unis se trouvent à plus de 11 000 km de distance.

Izadi insiste sur le fait que toute tentative de « contrôler » ou de « sécuriser » le détroit sans l’accord de Téhéran est perçue comme une atteinte directe à la souveraineté iranienne.

Ce que serait une deuxième guerre selon l’Iran; Le professeur détaille les cibles que l’Iran aurait déjà identifiées en cas de nouveau conflit majeur :

  • Les installations pétrolières dans le Golfe
  • Les usines de dessalement (cruciales pour l’approvisionnement en eau de plusieurs pays de la région)

Selon lui, certaines de ces infrastructures mettraient 2 à 3 ans à être reconstruites.I

Izadi rappelle que lors du précédent cycle de tensions, les frappes contre les installations gazières qatariennes ont été un facteur déterminant ayant poussé l’administration Trump à rechercher un cessez-le-feu.

Israël face à l’Iran : une frappe sérieuse est-elle possible ?Sur la capacité d’Israël à mener une opération militaire d’envergure contre l’Iran, le professeur est catégorique :

Sans ravitaillement en vol américain et sans accès à l’espace aérien des pays du Golfe, une frappe israélienne sérieuse et profonde sur l’Iran n’est tout simplement pas possible.

Cette analyse souligne les contraintes géographiques et logistiques majeures qui pèsent sur toute opération israélienne indépendante contre des cibles iraniennes éloignées.

Mario Nawfal souligne à plusieurs reprises l’intérêt d’entendre directement une voix académique iranienne, plutôt que des analyses filtrées par des sources occidentales ou israéliennes.

Le Professeur Izadi, ne nie pas les risques, mais les replace dans une logique de survie du régime et de défense de la souveraineté iranienne sur ses eaux territoriales.

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