Un El Niño potentiellement historique : une prévision alarmante d’anomalie de 4 °C
Le volcanologue et climatologue britannique Bill McGuire a publié le 2 juillet 2026 un message alarmant :
« C’est absolument terrifiant. La moyenne des prévisions d’anomalie de température Nino 3.4 est maintenant à 4 °C, alors que même les plus gros super-Niños historiques n’ont jamais dépassé 3 °C. Je n’ai vraiment aucune idée de ce que cela va apporter au cours des 12 prochains mois, mais ce sera très, très sombre. »
Le post est accompagné d’un graphique officiel de la NOAA (modèle CFSv2, mis à jour le 29 juin 2026) qui illustre précisément cette prévision.
Qu’est-ce que l’indice Niño 3.4 ?
L’indice Niño 3.4 mesure l’anomalie de température de surface de la mer dans une zone clé du Pacifique équatorial central (entre 5°N-5°S et 170°W-120°W).
- El Niño est déclaré lorsque cette anomalie dépasse +0,5 °C pendant plusieurs mois consécutifs.
- Un événement fort dépasse généralement +1,5 °C.
- Un super El Niño (ou très fort) dépasse souvent +2 °C au pic.
La prévision CFSv2 : un scénario sans précédent
Le graphique CFSv2 montre :
- Les conditions actuelles (début 2026) en transition rapide vers El Niño.
- Une montée très brutale à partir du printemps/été 2026.
- Un pic moyen de l’ensemble des membres (ligne pointillée noire) approchant 3,8 à 4 °C entre octobre 2026 et janvier 2027.
- De nombreux membres de l’ensemble dépassent même les 4 °C.
À titre de comparaison, les trois plus forts El Niños de l’ère moderne ont culminé à :
- 2015-2016 : +2,57 °C (novembre 2015)
- 1997-1998 : +2,42 °C
- 1982-1983 : +2,43 °C
Une valeur moyenne à 4 °C serait donc largement au-delà de tout ce qui a été observé depuis le début des mesures fiables.
Où en sommes-nous réellement en juillet 2026 ?
Les observations confirment une intensification rapide :
- Mi-juin 2026 : l’indice hebdomadaire Niño 3.4 atteignait déjà +1,7 °C.
- La NOAA a émis un El Niño Advisory en juin et prévoit un renforcement jusqu’à l’hiver boréal 2026-2027.
- Probabilité de 63 % d’un El Niño « très fort » (catégorie qui inclut les événements > 2 °C) entre novembre 2026 et janvier 2027.
D’autres modèles (IRI, NMME, ECMWF, etc.) convergent également vers un événement fort à très fort, même s’ils sont un peu moins extrêmes que le CFSv2 seul.
Quelles conséquences si ce scénario se réalise ?Un super El Niño de cette ampleur, sur fond de réchauffement climatique anthropique déjà très avancé, pourrait entraîner :
Impacts globaux
- Records de température mondiale en 2026 et surtout 2027 (l’El Niño ajoute généralement 0,1 à 0,3 °C à la température globale).
- Augmentation des événements extrêmes (canicules, sécheresses, pluies diluviennes).
Impacts régionaux typiques d’un fort El Niño
- Sécheresses : Australie, Indonésie, Amazonie, Philippines, Afrique australe et de l’Est.
- Inondations et glissements de terrain : Pérou, Équateur, sud des États-Unis, certaines zones d’Asie du Sud-Est.
- Activité cyclonique : Suppression des ouragans dans l’Atlantique, augmentation dans le Pacifique Est.
- Agriculture et sécurité alimentaire : Risques élevés de pertes de récoltes dans plusieurs régions vulnérables.
Faut-il s’inquiéter dès maintenant ?Le message de Bill McGuire est alarmiste, mais il s’appuie sur une prévision réelle et préoccupante. Il faut toutefois garder en tête que :
- Les prévisions saisonnières à longue échéance comportent une incertitude importante (l’étalement des membres du CFSv2 le montre clairement).
- Le CFSv2 a parfois tendance à surestimer l’intensité des El Niños.
- Les prévisions officielles de la NOAA restent prudentes et parlent d’un événement « très fort » plutôt que d’un record absolu à 4 °C.
Cela dit, même un El Niño « seulement » aussi fort que celui de 2015-2016, dans le contexte climatique actuel, serait déjà très impactant.
La prévision mise en avant par Bill McGuire mérite d’être prise au sérieux.
Nous entrons dans une phase où El Niño et réchauffement climatique agissent en synergie, amplifiant les extrêmes météorologiques.
Les prochains mois seront cruciaux pour affiner ces prévisions, notamment avec la mise à jour mensuelle de la NOAA prévue début juillet.
En attendant, la préparation (surveillance des sécheresses, gestion de l’eau, soutien aux populations vulnérables) est plus que jamais d’actualité.
Sources principales : NOAA CPC (CFSv2 et discussions ENSO de juin 2026), IRI Columbia, observations récentes et analyses historiques des événements 1982-83, 1997-98 et 2015-16.
