L’Amerique fera défaut sur sa dette, c’est une certitude absolue. Je l’écris depuis 2009.
Quel que soit le gouvernement et le président et le parti au pouvoir les Etats Unis n’ont jamais cherché à rendre leur dette plus recouvrable, non ils ne cherchent que deux choses, d’abord la rendre plus supportable et ensuite , comment pouvoir en émettre encore plus.
Stephen Miran, membre du Conseil des conseillers économiques, a publié un livre blanc sur la manière de restructurer le système commercial mondial.
Dans celui-ci, il mentionne des « solutions » pour restructurer la dette américaine détenue par des acteurs étrangers.
– Convertir les obligations du Trésor détenues par des étrangers en obligations de 100 ans avec des coupons plus bas.
– Potentiellement imposer des « frais d’utilisation ».
– Coordonner un dollar plus faible tout en maintenant le statut de monnaie de réserve.
Il est un ancien conseiller senior du Trésor et conseille actuellement le gouvernement américain en matière économique.
MIRAN DIT TOUT HAUT CE QUE BEAUCOUP DE SPECIALISTES ET UNIVERSITAIRES DISENT TOUT BAS, EN PRIVE
C’est le défaut américain revisité!
Les États-Unis portent une dette publique dont le poids relatif défie depuis longtemps les lois de la gravitation économique.
Plus de 120 % du PIB, des obligations hors bilans non comptabilisées, des déficits structurels persistants, une dépendance croissante à l’égard des acheteurs étrangers de bons du Trésor et maintenant dépendance à l’égard de la Fed et des tours de passe passe de l’ingénierie financière: tout cela dessine une trajectoire dont j’ai, depuis des années, prédit l’issue fatale.
Ce que l’on ne peut honorer pleinement, l’histoire l’enseigne, finit par être détruit, renégocié, restructuré ou partiellement répudié.
L’Amérique n’échappera pas à cette règle ancienne.
Pourtant, un défaut classique – celui qui verrait les paiements suspendus ou massivement dévalués dans un contexte de panique intérieure – n’est ni politiquement viable ni stratégiquement souhaitable.
Il déclencherait une spirale déflationniste, un effondrement des marchés domestiques et une perte de confiance brutale dans le dollar.
Dans un tel scénario, les États-Unis se retrouveraient affaiblis face à la Chine, précisément au moment où la rivalité systémique exige au contraire une économie résiliente et une monnaie encore attractive.
C’est précisément dans cet espace étroit – entre l’impasse et le chaos – que s’inscrit la réflexion de Stephen Miran, ancien conseiller senior au Trésor et membre du Conseil des conseillers économiques.
Dans son livre blanc A User’s Guide to Restructuring the Global Trading System, il esquisse une voie alternative, moins spectaculaire qu’un défaut déclaré, mais tout aussi transformative : une restructuration ciblée de la dette détenue par les acteurs étrangers.
Les propositions sont d’une clarté presque brutale.
Il s’agit, d’abord, d’inciter – ou de contraindre – les détenteurs officiels étrangers à convertir leurs obligations du Trésor en titres à très longue maturité, jusqu’à des obligations « siècle » (century bonds) assorties de coupons plus faibles.
Il s’agit, ensuite, d’imposer des « frais d’utilisation » (user fees) sur les intérêts versés aux détenteurs officiels étrangers – une retenue partielle des coupons qui, sans être nommée comme taxe, en a tous les effets.
Il s’agit, enfin, de coordonner une dépréciation contrôlée du dollar tout en préservant son statut de monnaie de réserve mondiale.Cette combinaison n’est pas un simple ajustement technique.
Cette stratégie constitue une forme qui se prétend sophistiquée de défaut sélectif : les créanciers domestiques américains sont épargnés, le marché intérieur protégé, tandis que le fardeau est reporté sur les banques centrales et les fonds souverains étrangers et les riches étrangers compradors.
La Chine, le Japon, l’Europe et d’autres voient ainsi la valeur réelle de leurs réserves érodée, non par un refus de paiement, mais par une extension forcée des maturités, une réduction des rendements et une dévaluation monétaire concertée.
Le cynisme de l’approche est assumé. Comme tout ce qui émane de la « TRUMPERIE »!
Les États-Unis prétendent fournir au monde un bien public – le dollar comme monnaie de réserve et, derrière lui, un parapluie de sécurité.
C’est l’argument mafieux par exemple de celui qui vous menace et offre de vous protéger contre ses menace.
Le dollar est un instrument de seigneuriage, un outil de pillage, drainage et de transfert de richesse qui profite aux Etats -Unis; ceci a des contreparties et des inconvénients alors la clique de Trump sépare le positif du négatif, ils gardent les avantages et vous refilent les inconvénients. Le dollar n’est absolument pas un bien public, c’ est un outil de domination et la preuve c’est que même notre Miran veut le garder et l’imposer en cours forcé comme monnaie de réserve et pour cause!
Miran suggère que ceux qui en bénéficient doivent en assumer une plus grande part du coût. Les « frais d’utilisation » et la pression à l’allongement des maturités ne sont pas des punitions arbitraires : ils sont présentés comme la juste rémunération d’un service rendu.
Le dollar plus faible, lui, vise à rééquilibrer les échanges et à relancer l’industrie américaine sans sacrifier la primauté monétaire.
On comprend mieux, dans cette lumière, pourquoi tant de banques centrales étrangères ont accéléré leurs achats d’or ces dernières années. L’or ne rapporte rien, mais il ne dépend d’aucune signature souveraine, d’aucun accord politique et d’aucune décision unilatérale de restructuration.
Il constitue la dernière ligne de défense contre une érosion progressive de la valeur des réserves en dollars.
Cette stratégie va accélérer la méfiance des initiés.
La tactique americaine va être celle de la grenouille ébouillantée, y aller progressivement pour que les masses et les gouvernements vassaux et complices ne réagissent pas.
Une dépréciation trop brutale du dollar pourrait déclencher des ventes massives d’actifs américains et une remontée des taux d’intérêt domestiques.
Une application trop agressive des frais ou des conversions forcées pourrait accélérer la fragmentation du système monétaire international.
Mais cette solution présente un avantage décisif par rapport au scénario du défaut classique : elle permet aux États-Unis de conserver l’initiative, de protéger leur économie intérieure et de transformer une contrainte structurelle en levier géopolitique.
L’histoire ne manque pas d’exemples de dettes souveraines restructurées sans que le mot « défaut » soit jamais prononcé.
Ce que propose Miran n’est rien d’autre qu’une version moderne, adaptée à la puissance hégémonique du XXIe siècle : un défaut par d’autres moyens, plus subtil, plus sélectif.
Car au fond, la question n’est plus de savoir si les États-Unis allégeront le poids de leur dette detenue par leurs créanciers étrangers. Non! La question est de savoir comment ils le feront – et s’ils parviendront à le faire sans perdre ce qui fait encore leur force : la confiance relative dans leur monnaie et leur capacité à imposer les termes du jeu.
Sur ce terrain, la proposition de Miran n’est ni morale ni immorale. Elle est simplement logique.
L’homme est un loup pour l’homme, la confiance c’est ce qui permet de tromper les gens!
Accumulez l’or dans ses phases baissières c’est non pas un placement, mais un acte de combat politique.
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