Vous savez que je suis Snider depuis longtems , comme Keen, Howell, c’est l’un des rares a avoir compris le système monétaire moderne .
je ne suis pas ses conseils boursiers implicites car il est trop dépendant de ses analyses personnelles , comme Howell, or il y a beaucoup d’autres facteurs qui entrent en ligne de compte .
Snider:
Tout le monde veut savoir comment trader ce que le système de l’eurodollar nous dit.
Il s’avère que les contrats à terme sur le pétrole vous donnent la réponse. Regardez les stocks de Cushing atteindre le fond des cuves. Superposez les taux à long terme par-dessus.
Ils bougent ensemble, à chaque fois. Pourquoi ? Les contrats à terme sur le pétrole sont à effet de levier. Les coûts de financement sont intégrés dans les prix. Quand le contango s’accentue fortement, ce n’est pas seulement une histoire d’offre, c’est une histoire de pénurie de dollars.
La courbe des contrats à terme est passée d’un déficit historique hurlant à plate en quelques mois.
Ce n’est pas l’offre.
C’est la destruction de la demande, et ça apparaît aussi dans les données sur l’emploi americain.
Des marchés différents, le même signal. C’est tout l’intérêt de suivre les tuyaux plutôt que les gros titres.
Ce que dit Jeffrey Snider sur le pétrole et le système eurodollar mérite attention.
Jeffrey Snider dit quelque chose d’important : les contrats à terme sur le pétrole brut révèlent souvent mieux l’état réel de la liquidité en dollars que les gros titres économiques.
Le signal principal : Cushing + courbe des taux longs. Snider invite à regarder deux choses qui bougent ensemble presque systématiquement :
- Les stocks de pétrole brut à Cushing (Oklahoma), le principal point de livraison physique du WTI.
- Les taux d’intérêt à long terme.
Quand les stocks de Cushing descendent très bas et touchent le « fond des cuves » (niveau opérationnel minimum en dessous duquel on ne peut plus descendre ), les taux longs ont tendance à évoluer en parallèle. Ce n’est pas un hasard.
Pourquoi le pétrole futures donne-t-il des informations sur le dollar ? Parce que les contrats à terme sur le pétrole sont des instruments à effet de levier. Le prix des contrats lointains intègre les coûts de financement (coût du carry).
Quand le contango devient très prononcé c’est à dire quand les contrats à échéance lointaine sont nettement plus chers que les contrats proches, cela ne reflète pas seulement un excédent d’offre physique. Cela peut aussi signaler des difficultés de financement en dollars : il est plus cher ou plus risqué de financer le stockage du pétrole.
Snider parle alors d’une « histoire de pénurie de dollars ».
Inversement, une forte backwardation (contrats proches beaucoup plus chers que les lointains) signale une tension physique immédiate.
Ce qui s’est passé récemment selon Snider
La courbe des contrats à terme sur le WTI est passée d’une backwardation historique très forte (« screaming historic deficit ») à une courbe plate en seulement quelques mois.Snider insiste : ce n’est pas une histoire d’offre.
C’est une destruction de la demande qui apparaît aussi clairement dans les données d’emploi américaines (payrolls).
L’économie réelle consomme moins de pétrole, ce qui aplatit la courbe.
La leçon méthodologique de Snider
« Des marchés différents fournissent le même signal. C’est tout l’intérêt de suivre la plomberie souterraine plutôt que les gros titres. »
Snider rappelle une idée centrale de son travail : les marchés « de surface » (prix du pétrole, actions, etc.) sont souvent « bruyants » c »est à dire avec des bruits indesirables et des faux signaux .
Les signaux les plus fiables viennent des infrastructures de financement que l’on ne voit pas (« plumbing ») : courbes de taux, conditions de stockage, spreads de financement, etc.
Les futures sur le pétrole agissent ici comme un indicateur proxy très sensible de la liquidité en dollars et de la santé de la demande mondiale.
En résumé selon Jeffrey Snider :
Qu’est ce que cela veut dire si on on tire sur les remarques de Snider?
Je comprends que Snider est plutot contrarian
Snider nous dit que l’économie mondiale et américaine ralentissent , avec une demande qui s’affaiblit. Cela devrait contribuer à contenir ou réduire les pressions inflationnistes à moyen terme, même si des facteurs géopolitiques peuvent créer de la volatilité à court terme.
C’est un signal plutôt baissier sur la croissance et plutôt favorable, désinflationniste, sur les prix .
La courbe des contrats à terme sur le pétrole s’est aplatie rapidement parce que les acteurs du marché anticipent une demande plus faible à l’avenir.
Cela se voit aussi dans les données sur l’emploi (payrolls). Quand la demande de pétrole baisse fortement sans que l’offre ait massivement augmenté, cela indique que l’économie réelle tourne au ralenti.
Les stocks très bas à Cushing (« fond des cuves ») ne contredisent pas ce signal : même avec des stocks faibles, la courbe s’aplatit. Cela veut dire que la faiblesse de la demande l’emporte sur la tension physique.
L’analyse du sous jacent suggère un ralentissement de la croissance, particulièrement dans les secteurs gourmands en énergie (transport, industrie, construction, etc.).
Dans le contexte actuel (mi-2026), cela rejoint les prévisions récentes de l’IEA qui anticipe une baisse de la demande mondiale de pétrole en 2026 pour la première fois depuis 2020, en partie à cause d’un environnement économique plus faible.
Sur l’inflation Snider croit à des pressions désinflationnistes . C’est probablement la conclusion la plus importante de Snider.
Une destruction de demande sur le pétrole exerce une pression à la baisse sur les prix de l’énergie.
Moins de demande =produit moins de tension inflationniste sur le pétrole et sur tous les biens et services qui en dépendent (transport, chauffage, plastiques, etc.).
Même si des chocs géopolitiques peuvent faire monter les prix temporairement, la courbe qui s’aplatit indique que ces hausses ne sont pas soutenables.