C’est le week-end avec le temps de lire pour comprendre. Didactique: Colby et l’origine de la politique étrangère de Trump. Augmenter le tribut payé par les vassaux .

Vous trouverez ci dessous un article de Colby. Il vient juste d’être publié. Je vous l’ai traduit en Français sous mon article didactique . https://americasquarterly.org/article/elbridge-colby-on-the-opportunities-of-the-donroe-doctrine/

BRUNO BERTEZ

Le 1er Juillet

La stratégie de déni d’Elbridge Colby : réalisme prioritaire, refus de l’hégémonie rivale et réactions des puissances moyennes

Elbridge A. Colby, Under Secretary of War for Policy depuis avril 2025, occupe une position centrale dans l’élaboration et la mise en œuvre de la stratégie de défense américaine sous la seconde administration Trump.

Principal conseiller du secrétaire à la Guerre sur les questions de défense et de politique étrangère, il supervise la National Defense Strategy (NDS) et représente le département auprès des alliés et partenaires.

Ancien architecte de la NDS de 2018 et auteur de The Strategy of Denial: American Defense in an Age of Great Power Conflict (Yale University Press, 2021), Colby incarne une approche réaliste de la priorisation stratégique.

Ses idées, désormais traduites en doctrine officielle sous le label de « flexible realism », reconfigurent la politique étrangère américaine autour d’un objectif central :

empêcher l’hégémonie chinoise en Asie, tout en exigeant un partage de fardeau radicalement accru de la part des alliés.

Quand vous lisez Colby vous comprenez à quel point on se moque de nous en essayant de nous faire croire à une orientation autonome, voire concurrente de la politique étrangère européenne: cette politique européenne est une politique américaine déguisée, une politique de vassal qui se fait passer pour souveraine en s’inventant une menace russe!

C’est une politique alignée qui fait exactement ce que lui dicte son suzerain mais pour le faire passer aux populations l’UE développe des récits personnalisés.

La politique étrangère européenne à tous niveaux , Ukraine, Chine, Moyen Orient est plus qu’alignée; elle est dictée comme complémentaire et prolongeant la politique américaine!

Vu sous cet angle il parait évident que Poutine s’est fait rouler dans la farine , on lui a refait le coup de Minsk. Avec Anchorage , les Etats Unis ne se sont jamais désengagés de l’Ukraine ils ont simplement passé le relais.

Il est possible que Poutine s’en soit rendu compte mais qu’il ait fait semblant de jouer le jeu pour des raisons de politique interieure mais ce n’est pas l’hypothèse la plus vraisemblable.

Dans The Strategy of Denial, Colby part d’un diagnostic réaliste classique. Après la fin de la Guerre froide, les États-Unis ont manqué de focus stratégique. La Chine représente désormais la menace étatique majeure en raison de sa taille, de sa croissance économique et technologique, et de ses ambitions.

L’Asie (et particulièrement l’Indo-Pacifique) est la région la plus critique du système international : elle concentre déjà une part dominante du PIB mondial et de la croissance. Si Pékin parvenait à imposer son hégémonie régionale – contrôle militaire, politique et économique sur ses voisins –, elle disposerait d’une base pour contester les intérêts globaux américains, y compris l’accès économique et les libertés des États-Unis.

Toute la politique americaine est celle-la : ne jamais laisser contester sa propre hégémonie, refuser la multiploarité, refuser l’émergence d’un monde nouveau qui contestrait les interets mondiaux des Etats Unis.

La réponse aux évolutions globales n’est ni la poursuite d’une primauté globale américaine illimitée, jugée irréaliste et trop coûteuse, ni le retrait isolationniste.

C’est une stratégie de déni : dénier, empêcher toute puissance de dominer une région critique, en particulier l’Asie.

Le pivot opérationnel est Taïwan et la première chaîne d’îles. Une invasion réussie de Taïwan constituerait le premier pas d’une stratégie chinoise « focalisée et séquentielle » visant à briser la coalition anti-hégémonique.

Les États-Unis doivent donc concentrer leurs ressources militaires (marine, air, frappes de précision, capacités de déni d’accès) pour rendre une telle agression impossible, et non pour « gagner » une guerre de conquête ou transformer le régime chinois.

Cette logique implique l’élaboration de priorités..

Les théâtres secondaires (Europe, Moyen-Orient) doivent voir les alliés assumer la responsabilité principale de leur défense conventionnelle. Les États-Unis fournissent la dissuasion nucléaire étendue et un appui limité, mais ne peuvent plus être le garant conventionnel partout.

Le « flexible realism » de la NDS 2026 formalise cette approche : évaluer les intérêts concrets des Américains, éviter à la fois l’overreach et l’isolationnisme, supercharger la base industrielle de défense, et imposer un standard global de dépenses alliées (autour de 3,5 % du PIB pour le cœur de la défense).

Les nuances de l’hegemonie defendue par Colby sont risibles. Selon lui il ne s’agirait ni de primauté américaine illimitée, ni d’ acceptation d’une hégémonie rivale!

Colby prétend rejeter l’idée d’une hégémonie américaine durable et universelle. Dans ses interventions publiques, notamment à New Delhi en mars 2026, il qualifie l’« ordre international fondé sur les règles » de « gauzy abstraction » (abstraction vaporeuse) et insiste sur le retour de la politique de puissance et de l’équilibre des forces. L’Asie est trop vaste, trop diverse et trop importante pour qu’une seule puissance y impose une stabilité unipolaire. La stabilité repose sur les contributions de nations souveraines capables.

L’objectif américain selon ses nuances n’est donc pas de dominer, mais de nier la domination chinoise. On frole l’argutie ridicule.

Une Chine hégémonique en Asie pourrait exclure les États-Unis économiquement, exercer une pression systémique et menacer in fine la prospérité et les libertés américaines. La coalition anti-hégémonique – Japon, Australie, Corée du Sud, Taïwan, Inde et partenaires plus larges – doit constituer le « squelette d’acier » de cette dénégation. Les alliés ne sont pas des dépendances ; ils doivent devenir des acteurs robustes. Colby valorise particulièrement l’Inde comme modèle de puissance moyenne autonome, capable de contribuer à l’équilibre sans s’aligner rigidement.

Cette vision prétend s’inscrire dans une tradition réaliste américaine (équilibre des puissances, refus des « guerres sans fin ») tout en s’écartant du libéral internationalisme post-1991 et du primacisme néoconservateur.

Il est evident que concretement cela ne veut rien dire.

La mise en œuvre de ces idées a provoqué des réactions contrastées, oscillant entre alignement pragmatique, frustration et repositionnement.

Tokyo a subi une pression directe pour porter ses dépenses de défense à 3 %, voire 3,5 % ou plus du PIB « aussi vite que possible ». Ces demandes, formulées dès la confirmation de Colby et réitérées en 2025, ont entraîné des tensions diplomatiques, y compris l’annulation d’une réunion bilatérale. Le gouvernement japonais a rappelé que le budget de défense est une décision souveraine. Si le Japon accélère son renforcement militaire face à la Chine et à la Corée du Nord, l’insistance américaine est perçue comme excessive et potentiellement déstabilisante pour le consensus interne.

Australie. L’approche de Colby résonne avec la National Defence Strategy australienne de 2024, centrée sur le « déni » dans l’Indo-Pacifique. Canberra est pressée d’accélérer son effort et de contribuer plus explicitement à la dissuasion collective, ce qui soulève des questions sur la subordination potentielle des priorités nationales.

Inde. La réaction est nettement plus positive. Lors de sa visite à New Delhi en mars 2026, Colby a souligné le rôle « indispensable » de l’Inde pour la paix dans l’Indo-Pacifique, son autonomie stratégique (« the India Way », « Bharat First ») et la compatibilité des intérêts dans le maintien d’un équilibre où aucune puissance ne domine. Les discussions ont porté sur la coordination opérationnelle, le partage d’informations, la coopération industrielle et technologique, sans exiger d’alignement total. L’Inde, en tant que puissance moyenne continentale et maritime, croit voir « dans cette approche une reconnaissance de son statut et une opportunité de renforcer ses capacités sans dépendance excessive » .Quand on lui tord le bras comme ce fut le cas dans diverses affaires financières récentes, l’Inde se couche et s ‘aligne sur les demandes américaines.

Corée du Sud. Souvent citée comme « allié modèle » en raison de ses efforts de défense élevés, Séoul est encouragée à assumer davantage la responsabilité conventionnelle face à Pyongyang, tandis que les forces américaines se recentrent sur la Chine. « La réception est globalement constructive, même si des débats internes existent sur le partage exact des rôles ».

Europe (puissances moyennes comme la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni). C’est ici que les frictions sont les plus visibles. Colby plaide pour un « NATO 3.0 » dans lequel les Européens assument la responsabilité primaire de la défense conventionnelle du continent, tandis que les États-Unis réduisent leur posture et se concentrent sur l’Indo-Pacifique et l’hémisphère occidental.

Les engagements de La Haye (3,5 % / 5 % du PIB) sont présentés comme le nouveau standard mondial. Des annonces de retrait d’actifs conventionnels et des pauses dans les livraisons d’armements à l’Ukraine ont alimenté les doutes sur la crédibilité de l’engagement américain.

Si certains dirigeants européens reconnaissent la nécessité d’un rééquilibrage, d’autres y voient un risque d’abandon et une remise en cause de l’Article 5 dans sa forme pratique. Les critiques portent aussi sur le ton transactionnel qui traite les alliés davantage comme des « dépendances » que comme des partenaires égaux.

La stratégie de Colby est realiste en ce sens qu’elle reconnait que les Etats Unis n’ont pas les moyens de tout faire par eux-meme, mais cela en les conduit pas à renoncer a être l’Hegemon simplement cela les conduit a faire payer cet Hegemon par ceux qui en sont plus ou moins victimes.

La strategie de Colby est un habillage hypocrite ; en 1971 Nixon a débasé le dollar et s’est donné le droit de prelever sans limite sur la richesse mondiale; il a institué un seigneuriage pour capter par le biais de la monnaie une partie des richesses mondiales, drainer l’épargne, et développer l’Echange Inegal , une forme de pillage invisible car inséré dans les termes de l’echange , mais comme les USA ont épuisé les bienfaits du « coup de 1971 » ils veulent aller plus loin et profiter du fait que les vassaux sont veules, corrompus et soumis pour leur imposer un tribut plus lourd.

Tout se résume a ceci imposer un tribut plus lourd afin d’avoir les moyens de conserver l’Hegemon malgre la montée de la Chine.

Le reste est baratin pour aider les corrompus a sauver la face.

Elbridge Colby sur les opportunités offertes par la « doctrine Donroe »

Par Elbridge Colby, le 29 juillet 2026L’attention accrue portée par les États-Unis à l’hémisphère occidental signale un « changement fondamental » dans la région, écrit le sous-secrétaire américain à la Guerre chargé des politiques dans une tribune libre.

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Temps de lecture : 6 minutes

Plus tôt ce mois-ci, j’ai représenté le Département de la Guerre et le secrétaire à la Guerre, Pete Hegseth, lors de la 17e Conférence des ministres de la Défense des Amériques (CDMA) à Cusco, au Pérou. J’y ai exposé , au nom du Département, ce que nous considérons comme une occasion historique pour les États-Unis et leurs voisins régionaux de collaborer, selon une approche réaliste et pragmatique fondée sur notre intérêt commun et éclairé.

Beaucoup de choses ont changé dans l’hémisphère occidental depuis la première réunion de la CDMA en 1995, au plus fort de ce qu’on a appelé « l’époque unipolaire ». À cette époque, la stratégie américaine et occidentale était façonnée par des abstractions très ambitieuses. Une vision réaliste, fondée sur la géographie et les intérêts nationaux, a cédé la place à l’internationalisme libéral et à « l’ordre international fondé sur des règles ». 

Trois décennies plus tard, qu’on le veuille ou non, cette époque est révolue.

Le président Donald Trump et le département de la Guerre ne se contentent pas de reconnaître ces réalités, mais remodèlent activement la stratégie américaine et celle de nos alliés pour y faire face, guidés par un réalisme flexible articulé dans la stratégie de sécurité nationale 2025 et la stratégie de défense nationale 2026.

Cela implique un changement fondamental dans notre approche de l’hémisphère occidental.

Et c’est nécessaire. Pendant toute une génération, l’hémisphère où se situe notre pays était – il faut bien le dire – relégué au second plan dans la réflexion stratégique américaine. Pour nombre de  bien-pensants, concentrer notre stratégie et nos forces armées sur l’hémisphère occidental et les problèmes auxquels nous sommes confrontés paraissait  sordide, indigne de nos armées. 

Pourtant, cette négligence prétendument bénigne s’est avérée, dans la pratique, maligne.

Ces dernières décennies, le fléau du narcoterrorisme en Amérique latine s’est considérablement aggravé. Un nombre record d’Américains et de leurs voisins – des centaines de milliers ces dernières années – ont été tués par les drogues et la violence des narcoterroristes. Les régimes d’extrême gauche qui ont soutenu les narcoterroristes se sont multipliés à travers l’hémisphère, du Venezuela de Nicolás Maduro au Nicaragua de Daniel Ortega, en passant par la Bolivie d’Evo Morales. Ces gouvernements et leurs alliés ont échoué dans leurs propres pays et ont exporté cet échec aux nôtres en favorisant les migrations massives. Cela a contribué à la pire crise frontalière de l’histoire des États-Unis, tout en déstabilisant nombre de nos sociétés.

Sous la présidence de Donald Trump, notre vision de l’hémisphère occidental a évolué. Nous l’envisageons désormais sous l’angle d’un réalisme flexible, du principe « L’Amérique d’abord » et du bon sens. Dans cette perspective, notre propre hémisphère, et plus particulièrement l’Amérique centrale, les Caraïbes et le nord de l’Amérique du Sud, est essentiel à la sécurité et à la prospérité des États-Unis et de leurs citoyens. 

Le corollaire Trump

Le rôle du ministère de la Guerre dans cette nouvelle approche est essentiel. Toutefois, il convient de préciser qu’il ne s’agit pas d’une approche où l’on prend tout pour un clou. Le rôle du ministère s’inscrit dans un effort intégré et pangouvernemental, mené en étroite collaboration avec les partenaires régionaux.

Parallèlement, cela montre clairement que les moyens de défense nationaux des États-Unis seront pleinement mobilisés pour contrer ces menaces mortelles. Nous ne ménagerons pas Daech, l’équivalent d’Al-Qaïda dans ce continent.

Nous mobiliserons donc tous les moyens des États-Unis pour faire face à ces menaces, y compris nos forces armées. L’opération Southern Spear, au cours de laquelle le Département a mené une offensive contre les réseaux narcoterroristes, l’a amplement démontré, non pas pour se substituer aux autres efforts, mais précisément pour les renforcer. Nous considérons les opérations conjointes et menées par nos partenaires comme des démultiplicateurs de force, la voie à suivre pour progresser durablement face à ces périls.

Plus fondamentalement, j’ai exposé à Cusco comment nos activités accrues et soutenues dans cet hémisphère s’inscrivent dans une stratégie géopolitique et de défense plus vaste. Et, point crucial, j’ai fait comprendre à nos voisins que le succès de la nouvelle stratégie américaine et de ses volets de défense est également dans leur intérêt.

Nous appelons cette stratégie le corollaire Trump de la doctrine Monroe – ou, plus communément, la doctrine Donroe. Ce corollaire Trump stipule que les États-Unis « protégeront leur territoire et leur accès aux zones stratégiques de la région. Nous empêcherons nos adversaires de déployer des forces ou d’autres moyens de menace dans notre hémisphère. »

Bien entendu, nous sommes conscients que la doctrine Monroe suscite la controverse dans de nombreux milieux. Mais elle est aussi souvent mal comprise. Nous associons nos efforts à ce que l’on pourrait considérer comme une interprétation correcte de la doctrine Monroe. Cette interprétation correcte ne correspond pas à une version déformée ; il s’agit précisément de renforcer, de soutenir et de promouvoir l’indépendance, la sécurité et la prospérité des nations d’Amérique latine et des Caraïbes. 

C’est un élément essentiel qui distingue notre approche.

Dans cette optique, nous soutenons que l’intérêt éclairé des États-Unis dans l’hémisphère occidental ne réside ni dans l’exploitation, ni dans la subordination, ni dans la dépendance. Au contraire, notre intérêt, tel qu’exprimé dans le corollaire Trump, porte sur la réussite de nos voisins : leur prospérité, leur sécurité et leur stabilité accrues en tant que sociétés libres.

Objectifs militaires changeants

Pourquoi cela ?

En réalité, les États-Unis n’ont besoin ni des ressources ni de la dépendance de leurs voisins. Les États-Unis sont un pays immense, de loin la puissance mondiale, doté du marché le plus vaste et le plus dynamique, de l’économie la plus productive, d’une monnaie dominante, de formidables réserves de matières premières et de relations étroites, tant sur le plan de la sécurité que sur le plan économique, à travers le monde. En conséquence, même d’un point de vue strictement réaliste, nous n’avons besoin ni de possessions impériales ni de dépendances. C’est ce qui distingue les États-Unis de la plupart des empires historiques.

De plus, l’hémisphère occidental est notre voisinage. Nous subissons donc directement les effets néfastes qui se répercutent sur notre pays. Notre population meurt en grand nombre à cause des drogues qui entrent sur notre territoire et de la criminalité qui en découle. Notre société a été fragilisée par les migrations de masse. Nos voisins en ont également souffert.

Cela montre clairement que les problèmes de notre voisinage affectent directement les Américains ordinaires. Mais aussi que nous n’avons ni besoin ni envie d’exploiter nos voisins. Au contraire, notre intérêt réside dans leur réussite : leur stabilité, leur prospérité et leur sécurité. Autrement dit, les Américains ordinaires tireront le plus grand profit de la prospérité et de la sécurité de leurs voisins du continent, qui viendront compléter les nôtres, car il s’agira alors de pays qui n’exporteront plus les maux qui nous ont tous affectés ces dernières décennies.

On l’a déjà dit, certes, mais généralement par ceux qui prônent une vision « Corps de la Paix » de la politique américaine envers l’Amérique latine, ou une approche fondée sur le « démantèlement des politiques néfastes ». Ces politiques ont échoué en grande partie parce qu’elles ont présenté nos voisins comme dépendants. Nous proposons une alternative plus réaliste et plus émancipatrice. 

Notre approche n’oppose pas la défense au développement, comme le faisaient les visions du passé ; elle reconnaît plutôt la vérité selon laquelle la sécurité est une condition préalable essentielle au développement national.

À cette fin, notre gouvernement ne se contente pas d’offrir des possibilités de collaboration commerciale et d’engagement diplomatique. Nous réorientons également nos forces armées et notre appareil de sécurité dans la région afin d’aider nos partenaires à renforcer la sécurité et la stabilité de leurs pays et, à terme, à favoriser le développement de notre voisinage grâce à une approche fondée sur les intérêts communs.

Mais, comme nous l’avons appris à nos dépens à travers le monde : cela ne fonctionnera que si nos voisins font preuve de la volonté politique, de la clarté et du sérieux nécessaires au succès.

Cette approche invite les partenaires régionaux à déployer une force efficace et à s’appuyer sur l’action gouvernementale pour démanteler les réseaux narcoterroristes et sécuriser leurs frontières nationales. Non seulement cela est essentiel pour la sécurité publique, mais cela permet également aux partenaires d’optimiser leurs ressources limitées afin de créer les conditions d’une sécurité et d’une prospérité partagées. Cela implique une coopération renforcée avec les forces armées américaines lorsque cela s’avère nécessaire, mais notre objectif est également que ces opérations soient menées par les partenaires, qui pourront ainsi acquérir et maîtriser des capacités accrues.

Nous appelons également nos partenaires régionaux à protéger leurs infrastructures essentielles. Il ne s’agit pas seulement d’une condition préalable à l’investissement et au développement, mais aussi d’un élément fondamental de leur contribution à la garantie d’une paix durable.

Alors que les États-Unis collaborent avec leurs alliés et partenaires à travers le monde pour garantir un équilibre des pouvoirs favorable dans d’autres régions, nous ne demanderons pas à nos voisins de projeter leur puissance hors de cette région. Nous leur demandons simplement de travailler avec nous pour empêcher tout acteur de s’approprier et d’exploiter des ressources clés dans cet hémisphère.

Investir davantage dans la sécurité

Troisièmement, il est crucial que nos voisins du continent américain investissent davantage dans leur propre défense et sécurité. Il n’y a aucune raison pour qu’un pays, en particulier ceux confrontés à d’importantes menaces narcoterroristes, consacre si peu de ressources à sa défense. En effet, certains pays y consacrent moins de 1 % de leur PIB. C’est absurde. Parallèlement, nos alliés à travers le monde, y compris en Europe, augmentent considérablement leurs dépenses : 3,5 % pour les dépenses militaires de base et 1,5 % supplémentaires pour les dépenses liées à la sécurité.

Il s’agit du corollaire Trump à la doctrine Monroe en matière de défense, et nous affirmons qu’il offre un modèle efficace pour la défense et la prospérité de l’hémisphère. C’est une approche réaliste, fondée sur la convergence de nos intérêts raisonnablement conçus avec ceux de nos voisins, et sur la détermination à les défendre.

Il y a un peu plus de dix ans, un secrétaire d’État américain déclarait fièrement que la doctrine Monroe était « révolue ». En réalité, cette approche a conduit les États-Unis à négliger les véritables défis de leur région et de leur propre défense nationale. Le résultat n’a pas été un hémisphère fort, avec des nations plus fortes ; c’était même tout le contraire. 

Sous la direction du président Trump et conformément au corollaire Trump à la doctrine Monroe, nous adoptons une approche différente et plus efficace, non seulement pour les Américains, mais aussi pour nos voisins. Nous voulons des partenaires forts, fiables et performants, et non des partenaires faibles et dépendants. Ensemble, nous pouvons y parvenir. Empruntons ce chemin ensemble.

À PROPOS DE L’AUTEUR

Elbridge Colby

Colby est le sous-secrétaire à la Guerre des États-Unis chargé des politiques. À ce titre, il est le principal conseiller du secrétaire à la Guerre en matière de défense et de politique étrangère.

Mots-clés : Défense , 

Amérique latine , 

Défense de l’Amérique latine , 

Politique américaine

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