Spectaculairement, le Trésor américain a acheté des yens japonais vendredi pour la première fois depuis 2011.

Spectaculairement, le Trésor américain a acheté des yens japonais vendredi pour la première fois depuis 2011. La large publicité donnée à l’operation fait partie de l’opération; avant les menaces d’intervention suffisaient, puis elles sont devenues inefficaces et il a fallu intervenir concretement, maintenant on va plus loin , on fait savoir que le Puissant Tresor Americain soutient le yen et vend des euros.

Le second fait important ensuite c’est qu’il n’a pas vendu de dollars pour le faire. La Fed de New York a vendu des euros et acheté des yens au nom du Trésor via Goldman Sachs et Morgan Stanley, selon le Financial Times.

Un photographe de Reuters a soi disant capturé le calepin de la secrétaire au Trésor Bessent lors d’une réunion du cabinet à Camp David. Il y était écrit « À faire : Acheter des yens japonais 5-10 milliards $ ».

Ils nous prennent pour des cons avec pareilles naivetés!

Le Japon a dépensé 58,97 milliards de dollars en une seule journée pour défendre sa monnaie, la plus grande intervention de son histoire.

En janvier, Bessent avait dit-on refusé son aide au Japon.

Le Japon détient 1 190 milliards de dollars en obligations du Trésor américain, c’est le plus grand détenteur hors Etats Unis.. C’est sa reserve de dollars: pour soutenir le yen il faut vendre des dollars et pour avoir des dollars il faut vendre des valeurs du Trésor américain.

Quand le yen chute , le Japon vend ces obligations pour lever des dollars et défendre sa monnaie. Ces ventes augmentent l’offre sur le marché obligataire américain et pousse les rendements à la hausse.

Le rendement à 30 ans a atteint 5,23 % cette semaine, le plus élevé depuis 2007.

Les États-Unis ont vendu des euros pour acheter des yens parce que s’ils avaient vendu des dollars à la place, cela aurait affaibli le dollar, ce qui va accroit un peu l’inflation.

L’euro et l’Europe n’ont pas eu leur mot à dire.

Le Japon a aussi accès à la facilité FIMA Repo de la Fed, qui lui permet d’emprunter des dollars contre ses avoirs en obligations du Trésor au lieu de procéder à ventes directes.

Si cela était utilisé , cela permettrait d’écarter la menace d’un trillion de dollars d’obligations américaines sur le marché

Mon hypothèse est que .le Japon et les États-Unis réserventdes surprises au marché des changes et pourraient annoncer une politique monétaire sinon conjointe mais du moins concertée dès la semaine prochaine.

La crise monétaire à Tokyo alors que la Bank of Japan est une succursale de la Fed est en train de devenir un problème américain.

EN PRIME

Pendant des décennies, le carry trade a dominé le taux de change USD/JPY.

Dr Torsten Slok


Les investisseurs empruntaient à bas coût en yens pour acheter des actifs en dollars à rendement plus élevé, et la devise évoluait de concert avec le différentiel de taux d’intérêt entre les États-Unis et le Japon


Ce lien s’est rompu après le Jour de la Libération en avril 2025, lorsque les guerres commerciales ont déclenché une volatilité telle que les opérations de portage sont devenues dangereuses; cette stratégie génère un petit rendement lent et régulier qu’une simple variation brutale du yen peut anéantir, incitant les investisseurs à liquider leurs positions malgré l’é (voir le deuxième graphique ci-dessous).

L’attrait du carry trade s’étant désormais amoindri, la devise est maintenant déterminée non plus par les calculs de rendement, mais les perspectives budgétaires du Japon.

Parallèlement à cette évolution monétaire, une transformation plus profonde est en cours sur le marché boursier japonais, où la réforme de la gouvernance d’entreprise a entraîné une hausse record de l’activisme actionnarial et a ramené la participation étrangère à environ un tiers du marché.

En résumé, le carry trade du yen s’est effondré et le yen n’est plus tributaire des taux d’intérêt. Tant que la volatilité persistera, son cours dépendra des perspectives budgétaires du Japon plutôt que de l’écart de taux d’intérêt.

.
Graphique quotidien Spark
Sources : Bloomberg, Macrobond, économiste en chef d’Apollo
Graphique quotidien Spark
Source : Économiste en chef d’Apollo
Graphique quotidien Spark
Sources : Bloomberg, économiste en chef d’Apollo
Graphique quotidien Spark
Remarque : Le nombre de banques fiduciaires est inclus dans celui des banques urbaines et régionales pour l’enquête de 1985 et antérieure. Sources : Enquête sur l’actionnariat de la Bourse de Tokyo, économiste en chef d’Apollo

Laisser un commentaire