Une semaine dont il faudra se souvenir, confirmation de la dérive selon laquelle la création de monnaie est la « solution »à tous les problèmes. Le risque est bien externalisé.

3 août – Axios :

« Les gouvernements américain et japonais ont agi de concert pour tenter de soutenir la valeur du yen sur les marchés des changes internationaux.

Leur méthode révèle les objectifs américains et a des implications inquiétantes pour les marchés mondiaux…

Les deux gouvernements semblent avoir utilisé des outils complémentaires.

La Réserve fédérale de New York, agissant pour le compte du Trésor, aurait vendu des euros pour acheter des yens. Parallèlement, le mécanisme de pension FIMA (Foreign and International Monetary Authorities) de la Fed a permis aux autorités japonaises d’emprunter des dollars en utilisant des titres du Trésor comme garantie, plutôt que de vendre ces titres directement.

De fait, le Trésor américain a agi pour renforcer le taux de change yen-euro. Il a apparemment atteint son objectif de renforcement du yen sur les marchés des changes internationaux, sans que le gouvernement japonais n’ait à vendre massivement de la dette publique américaine…

Un responsable du Trésor a déclaré à Axios que cette action était une réponse à la rapidité et au caractère désordonné de la chute du yen, et visait à empêcher la propagation de cette instabilité.

« Les marchés traitent cela comme un problème de change, mais c’est bien plus complexe », a déclaré Nigel Green, PDG de… » Le cabinet de conseil financier deVere Group a écrit : « Lorsque deux des plus grandes économies mondiales interviennent ensemble sur le marché des changes pour la première fois depuis plus de dix ans, elles signalent aux investisseurs les tensions sous-jacentes qui se développent au sein du système financier mondial, et pas seulement un problème de taux de change. »

2 août, Bloomberg :

« Le soutien apporté par le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, à un mécanisme de la Réserve fédérale permettant au Japon de soutenir le yen présente l’avantage de protéger le marché obligataire américain contre des ventes excessives.

Le mécanisme de pension pour les autorités monétaires étrangères et internationales (FIMA) permet aux banques centrales étrangères d’utiliser leurs avoirs en titres du Trésor comme garantie pour accéder aux dollars, plutôt que de vendre ces obligations sur le marché libre pour obtenir des liquidités. Il a été créé pendant la pandémie de 2020 afin de permettre aux contreparties d’accroître leurs liquidités sans perturber excessivement le marché des titres du Trésor. »

5 août – Wall Street Journal  :

« Le soutien conjoint des États-Unis et du Japon au yen est inhabituel. Son financement est sans précédent et injecte des liquidités alors que l’économie et les marchés américains sont déjà saturés.

Pour l’instant, l’ampleur de l’intervention reste limitée. Mais le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, souhaite que la Fed supprime le plafond de 60 milliards de dollars du mécanisme d’urgence que le Japon prévoit d’utiliser – voire d’abuser – et s’est engagé à faire « tout le nécessaire » pour l’aider.

En clair : l’Amérique propose d’imprimer des dollars pour acheter des yens.

Il ne s’agit pas tout à fait d’un assouplissement quantitatif, car la Réserve fédérale prête de l’argent au Japon en échange de la prise de contrôle temporaire de bons du Trésor dans le cadre d’accords de rachat, plutôt que d’acheter directement ces bons.

Mais comme l’assouplissement quantitatif, cette mesure augmente le bilan de la Fed et injecte des milliards de dollars dans l’économie.

Alors que l’on pense généralement que la Fed s’oriente vers une hausse des taux, c’est exactement le contraire de ce qu’elle devrait faire. Augmenter le bilan est également contraire aux intentions répétées du président Kevin Warsh. »

3 août – Financial :

« Lorsque Washington et Tokyo sont intervenus conjointement pour soutenir le yen japonais pour la première fois en près de trente ans, l’homme à la tête de l’initiative américaine n’était pas novice en matière de transactions de change à haut risque.

L’opération de vendredi a été menée par Scott Bessent, un ancien trader qui s’est fait connaître en pariant contre la livre sterling en 1992 et le yen en 2013, alors qu’il travaillait pour la société d’investissement de George Soros.

À la tête du Trésor du président Donald Trump, il a adopté une approche de plus en plus interventionniste sur les marchés financiers. L’intervention historique de Washington pour soutenir la monnaie d’un autre pays a stupéfié les investisseurs, notamment parce que le yen s’était affaibli de manière plus régulière que les mouvements chaotiques qui provoquent généralement une action coordonnée.

Ils ont également été surpris par la décision de vendre des euros pour acheter des yens plutôt que d’utiliser des dollars.

Cette opération reflète la volonté croissante du Trésor de Bessent de s’impliquer davantage sur les marchés des changes après son intervention en faveur du peso argentin l’année dernière. » « Ce n’est pas pour asseoir son influence, ce n’est pas pour le bien commun, alors que font les États-Unis ? » s’est interrogé un important investisseur obligataire américain.

« Alors, que font les États-Unis ? »

L’interprétation dominante des marchés et des analystes pointe vers une reconnaissance d’une fragilité sous-jacente, avec un risque systémique potentiel surtout via le carry trade yen et les ventes de Treasuries par les japonais.

L’opération atypique (intervention conjointe USA-Japon pour soutenir le yen fin juillet/début août 2026, première de ce type pour acheter du yen depuis des décennies, financée côté US par vente d’euros via le New York Fed pour le compte du Trésor/ESF) a surpris.

Bessent (ex-trader Soros, connu pour des paris contre sterling 1992 et yen 2013) a mené l’initiative, avec un « to-do » list public visiblement visible , et a ensuite invoqué un « whatever it takes » (équivalent du « quoi qu’il en coûte » de Draghi) pour soutenir le Japon « d’une manière qui aide l’économie américaine et le contribuable ».

C’est en contradiction frontale avec Warsh, Warsh qui pousse pour une réduction progressive du bilan de la Fed, moins d’activisme , moins d’interventions durables type QE, et un retour à une politique monétaire plus «orthodoxe» centrée sur les taux.

L’opération yen relève d’abord de la politique de change -domaine du Trésor- mais affecte le bilan de la Fed par le FIMA,

Les outils utilisés :

Vente d’euros du Fonds de stabilisation des changes (ESF) pour acheter des yens en évitant de vendre des dollars/Treasuries US. Cela limite la pression haussière sur les taux US.

Appel à la Fed pour gonfler la FIMA Repo Facility de la Fed. Cela donne de la liquidité au Japon pour soutenir le yen sans liquider massivement ses avoirs US

Il y a une tension potentielle sur l’indépendance surtout si FIMA est fortement élargi, c’est une remise en cause de sa préférence pour un bilan plus petit.

Comment interpréter tout cela :

Le yen a touché des plus bas de ~40 ans (~164) de façon plus progressive puis chaotique, mais avec risques de contagion asiatique (won, yuan, etc.), inflation importée au Japon, et surtout ventes forcées de Treasuries par le Japon plus grand détenteur étranger pour financer une intervention unilatérale. Cela aurait poussé les taux US plus haut, réduit la liquidité, et risqué un débouclage désordonné des carry trades en yen

Et surtout il y a le souvenir de l’épisode d’août 2024, On se souvient du krach éclair lié au carry yen qui avait destabilisé les marchés; S&P -4 % en séance. L’endettement spéculatif mondial s’est encore enflé depuis.

Un contexte fragile avec les élections de mi-mandat dans 3 mois, des marchés actions proches de records, avec des primes de risque dans le secteur financier historiquement basses.

Bessent a soutenu les marchés boursiers de façon proactive et sophistiquée .

Bessent a insisté sur le risque de dévaluations compétitives asiatiques et la stabilité régionale.

Mais la réalité cachée c’est que l’on frole le risque systémique!

-Fragilité du yen carry + levier spéculatif mondial astronomique .

-Dépendance mutuelle du couple USA-Japon et fissure du recyclage Bretton Woods II sur les Treasuries.

-Peur que la chaine du bonheur de la finance moderne ne se brise et qu’un gros maillon saute.

Si l’intervention échoue ou si elle doit être massivement répétée sans correction des paramètres fondamentaux,, le risque de débouclage désordonné remonte.

Les marchés ont visiblement considéré que Bessent avait fourni un filet de sécurité et c’est conforme à leur attente , cela va les renforcer dans la croyance aux PUTS tous azimuts.

Bessent a montré qu’il était est prêt à prendre des mesures exceptionnelles pour prévenir toute instabilité du marché. Et c’est ce que les marchés attendaient mais cela leur fait toujours plaisir d’avoir confirmation.

Nous revenons aux schémas de debasement des monnaies comme le signifie le retour des acheteurs sur l’or.

L’action de Bessent s’inscrit dans mon hypothèse de travail; la glissade est ineluctable, on reste bien dans l’Hotel California, dans les expedients et les kick the can.

La nouveauté c’est que pour la première fois on a assisté publiquement à la remontée des problèmes des Peripheriques du système, ici le Japon, vers le Centre, les Etats Unis; c’est conforme à mon schema de marche vers la Crise systémique.

En attendant , tout cela va encore enhardir la communauté spéculative mondiale, elle a eu raison de réduire à quasi zero les primes de risque, les risques sont bien exteriorisés, le marché est protégé..

LA SEMAINE

Le S&P 500 a bondi de 3,6 % (en hausse de 13,3 % depuis le début de l’année) et le Dow Jones a progressé de 3,0 % (en hausse de 12,4 %).

Le secteur des services publics a reculé de 1,2 % (en hausse de 3,5 %).

Le secteur bancaire a gagné 1,6 % (en hausse de 15,7 %), tandis que le secteur des courtiers a reculé de 0,6 % (en hausse de 15,4 %).

Le secteur des transports a progressé de 2,2 % (en hausse de 23,9 %).

L’indice S&P 400 Midcaps a grimpé de 3,5 % (en hausse de 17,6 %) et l’indice Russell 2000 Small Caps a bondi de 3,5 % (en hausse de 22,3 %).

Le Nasdaq 100 a bondi de 5,1 % (en hausse de 17,7 %). Le secteur des semi-conducteurs a grimpé de 9,2 % (en hausse de 74,5 %).

Le secteur des biotechnologies a progressé de 4,5 % (en hausse de 24,6 %).

Avec un cours de l’or atteignant 295 dollars, l’indice HUI a bondi de 21,9 % (en hausse de 7,4 %).

SUR LES TAUX

Le taux des bons du Trésor à trois mois a clôturé la semaine à 3,7093 %.

Le rendement des obligations d’État à deux ans a reculé de 10 points de base à 4,20 % (en hausse de 72 points de base depuis le début de l’année).

Le rendement des bons du Trésor à cinq ans a baissé de 10 points de base à 4,35 % (en hausse de 63 points de base).

Le rendement des obligations du Trésor à dix ans a reculé de neuf points de base à 4,65 % (en hausse de 48 points de base).

Le rendement des obligations à long terme a diminué de sept points de base à 5,20 % (en hausse de 36 points de base).

Le rendement des titres adossés à des créances hypothécaires (MBS) de référence de Fannie Mae a chuté de 14 points de base à 5,63 % (en hausse de 59 points de base).

AILLEURS

Le rendement des Bunds allemands a diminué de 7 points de base à 3,13 % (en hausse de 28 points de base). Le rendement français a baissé de 8 points de base à 3,92 % (en hausse de 35 points de base). L’écart de rendement entre les obligations françaises et allemandes à 10 ans s’est resserré d’environ 1 point de base à 79 points de base.

Le rendement des obligations italiennes à dix ans a baissé de 12 points de base à 3,90 % (en hausse de 35 points de base depuis le début de l’année).

Le rendement des obligations grecques à 10 ans a baissé de 12 points de base à 3,79 % (en hausse de 36 points de base).

Le rendement espagnol à 10 ans a reculé de 9 points de base à 3,56 % (en hausse de 27 points de base).

Le rendement des gilts britanniques à 10 ans a baissé de 13 points de base à 4,92 % (en hausse de 44 points de base). L’indice FTSE des actions britanniques a progressé de 0,3 % (en hausse de 9,7 % depuis le début de l’année).

L’ÉCONOMIE DU JAPON EST DANS LA SITUATION LA PIRE QUI SOIT.

Peu importe ce qu’elle fait, cela pourrait être une catastrophe pour l’économie.

Si elle relève les taux, les rendements des obligations japonaises pourraient encore augmenter, exerçant une pression supplémentaire sur les banques, les assureurs et d’énormes portefeuilles d’anciennes obligations à faible rendement.

Cela rend également l’emprunt de yens plus coûteux, augmentant le risque d’un nouveau dénouement de carry-trade sur le yen et de ventes forcées sur les marchés mondiaux.

Mais maintenir les taux trop bas crée un autre problème.

Le yen peut rester faible, les importations deviennent plus chères, et la pression inflationniste peut rester élevée.

Dans ce cas, le Japon pourrait alors être contraint de dépenser des milliards de plus pour défendre sa monnaie.

Le Japon est donc coincé entre deux choix difficiles il est dans une impasse, ce que traduisent les interventions sur le marché des changes, elles expriment et revèlent cette impasse.

Relever les taux et risquer un stress financier.

Maintenir les taux bas et risquer un yen encore plus faible et plus d’inflation.

Et quoi que choisisse le Japon, cela va semer le chaos.

L’indice Nikkei 225 des actions japonaises a bondi de 1,9 % (en hausse de 30,3 % depuis le début de l’année). Le rendement des obligations d’État japonaises à 10 ans (« JGB ») est resté stable à 2,81 % (en hausse de 74 points de base depuis le début de l’année).

SUR LES ACTIONS

Le CAC 40 français a progressé de 2,4 % (+6,9 %).

L’indice DAX allemand a bondi de 2,7 % (+7,5 %).

L’indice IBEX 35 espagnol a gagné 2,0 % (+16,6 %).

L’indice FTSE MIB italien a progressé de 3,0 % (+19,5 %).

Les marchés actions émergents ont affiché des performances contrastées.

L’indice Bovespa brésilien a reculé de 3,1 % (+7,1 %), tandis que l’indice Bolsa mexicain est resté quasiment stable (+4,0 %).

Le Kospi sud-coréen a chuté de 5,1 % (+48,5 %).

L’indice Sensex indien a progressé de 0,5 % (+7,9 %).

L’indice de la Bourse de Shanghai a bondi de 2,8 % (+0,7 %).

L’indice Borsa Istanbul National 100 de Turquie a progressé de 2,4 % (hausse de 22,4 %).

SUR LE CREDIT

Les crédits de la Réserve fédérale ont reculé de 3 milliards de dollars la semaine dernière (après avoir atteint un sommet en 16 mois) pour s’établir à 6 696 milliards de dollars, soit une expansion de 206 milliards de dollars sur 34 semaines.

Les crédits de la Fed sont inférieurs de 2 193 milliards de dollars à leur pic du 22 juin 2022.

Depuis la reprise du QE le 11 septembre 2019, les crédits de la Fed ont augmenté de 2 970 milliards de dollars, soit 80 %.

Depuis le 7 novembre 2012 (717 semaines), ils ont progressé de 3 885 milliards de dollars, soit 138 %.

Par ailleurs, les avoirs de la Fed de New York pour compte des détenteurs étrangers de titres du Trésor et de titres d’agences ont augmenté de 8,2 milliards de dollars la semaine dernière pour atteindre 2 926 milliards de dollars. Les avoirs en dépôt ont diminué de 302 milliards de dollars sur un an, soit 9,4 %.

L’encours total des fonds monétaires a progressé de 55,4 milliards de dollars pour atteindre 7 909 milliards de dollars. Sur un an, il a augmenté de 757 milliards de dollars, soit 10,6 %, après une hausse historique de 3 225 milliards de dollars, soit 73 %, depuis le 26 octobre 2022.

L’encours total des billets de trésorerie a bondi de 30 milliards de dollars pour s’établir à 1 427 milliards de dollars, soit une augmentation de 29,1 milliards de dollars sur un an.

Les taux hypothécaires fixes à 30 ans de Freddie Mac ont augmenté de trois points de base pour atteindre 6,69 % (en hausse de 6 points de base sur un an).

Les taux à 15 ans ont reculé de trois points de base à 6,01 % (en hausse de 26 points de base).

Selon l’enquête de Bankrate sur le coût des prêts hypothécaires de grande envergure, le taux fixe à 30 ans a progressé de quatre points de base pour s’établir à 6,80 % (en baisse de 1 point de base).

SUR LES CHANGES

6 août – Reuters :

« Les autorités japonaises ont mené en avril une intervention record sur le marché des changes, vendant 40 milliards de dollars de réserves de change du pays, dans le cadre de la reprise de leurs opérations massives d’achat de yens visant à enrayer la chute de la devise… Les données trimestrielles… ont montré que les autorités sont intervenues à trois reprises entre le 30 avril et le 6 mai, période durant laquelle la liquidité du marché était faible en raison des congés de la Semaine d’or. La plus importante opération, d’un montant de 6 280 milliards de yens (39,64 milliards de dollars), a eu lieu le 30 avril, dépassant le précédent record journalier de 5 920 milliards de yens établi le 29 avril 2024… »

4 août – Reuters :

« Les États-Unis feront tout leur possible pour soutenir les efforts du Japon visant à stabiliser le yen, a déclaré le secrétaire au Trésor, Scott Bessent…, suite à l’intervention conjointe de la semaine dernière… » Washington et Tokyo vont acheter des yens. « Nous ferons tout notre possible pour les soutenir d’une manière qui profite à l’économie américaine et aux contribuables américains », a déclaré Bessent…

Sur la semaine, l’indice du dollar américain a reculé de 0,3 % à 99,604 (en hausse de 1,3 % depuis le début de l’année).

Du côté des hausses, le rand sud-africain a progressé de 2,4 %, le won sud-coréen de 2,1 %, le peso mexicain de 1,2 %, le dollar australien de 0,7 %, le dollar canadien de 0,6 %, le dollar singapourien de 0,4 %, la couronne suédoise de 0,4 %, l’euro de 0,3 %, le dollar néo-zélandais de 0,2 % et la livre sterling de 0,1 %.

À la baisse, la couronne norvégienne a reculé de 0,4 %, le yen japonais de 0,2 %, le real brésilien de 0,2 % et le franc suisse de 0,1 %.

Le renminbi (sur le marché intérieur chinois) a progressé de 0,11 % par rapport au dollar (en hausse de 3,60 % depuis le début de l’année).

SUR LES MATIERES PREMIERES

7 août – Bloomberg :

« Le marché du cuivre se resserre rapidement, avec une forte hausse des expéditions vers les États-Unis et des commandes croissantes en Chine, préparant le terrain pour une flambée qui pourrait propulser les cours de référence mondiaux à des sommets historiques. Les contrats à terme à Londres ont franchi cette semaine la barre des 14 000 dollars la tonne, un plafond qui n’avait été atteint que quelques jours cette année, et de nombreux opérateurs prévoient que les prix dépasseront bientôt le niveau record de plus de 14 500 dollars… »

5 août – Wall Street Journal :

« Les ventes de logements sont en baisse, les dépenses de rénovation s’essoufflent et pourtant, les prix du bois d’œuvre ont atteint cet été leur plus haut niveau en quatre ans. En 2022, le prix des planches de 5 x 10 cm retombait après une flambée record pendant la pandémie de Covid… Cette fois-ci, c’est la réduction de l’offre plutôt qu’une demande inflexible qui a fait grimper les prix du bois d’œuvre. Les importations sont en baisse en raison des droits de douane élevés sur les planches canadiennes et du tarif douanier de 10 % sur le bois d’œuvre résineux imposé par le président Trump… Le bois d’œuvre L’indice de référence reste supérieur de 23 % à celui d’il y a un an.

L’indice Bloomberg des matières premières a reculé de 0,2 % (en hausse de 20,1 % depuis le début de l’année).

L’or au comptant a bondi de 7,3 % à 4 342 $ (en hausse de 0,5 %).

L’argent a grimpé de 10,4 % à 63,5583 $ (en baisse de 11,3 %).

Le pétrole brut WTI a chuté de 6,49 $, soit 7,7 %, à 78,18 $ (en hausse de 36 %).

L’essence a reculé de 4,1 % (en hausse de 74 %) et le gaz naturel a perdu 3,1 % à 2,662 $ (en baisse de 28 %).

Le cuivre a gagné 1,9 % (en hausse de 16 %).

Le blé est resté quasiment stable (en hausse de 26 %), tandis que le maïs a reculé de 0,4 % (inchangé).

Le bitcoin a progressé de 2 000 $, soit 3,2 %, à 64 940 $ (en baisse de 25,9 %).

L’INSTABILITE ET FRAGILITE

6 août – Financial Times :

« Jane Street est en pourparlers avec un petit groupe d’investisseurs, dont Pimco, pour refinancer sa dette dans le cadre d’une opération de crédit privée historique. Cette opération permettrait à la société de trading, réputée pour sa discrétion, d’accélérer ses investissements dans l’IA. L’opération transférerait sa dette de 11 milliards de dollars des marchés publics vers un véhicule privé… Le montant du prêt pourrait être revu à la hausse et intervenir dès la semaine prochaine, a ajouté une source. Ces discussions interviennent alors que Jane Street enregistre une forte croissance de ses revenus de trading, profitant de la volatilité des marchés et s’imposant face aux géants de Wall Street… La société a également investi massivement dans l’IA pour soutenir ses activités de trading, notamment dans des centres de données et d’autres technologies. Ce passage aux marchés privés permettrait également à la société de trading pour compte propre de limiter la transparence de ses informations financières… »

7 août – New York Times : « La Réserve fédérale a maintenu ses taux d’intérêt inchangés lors de sa dernière réunion. Mais une autre force majeure du monde financier les a relevés : le marché obligataire… Ce marché est un géant mondial, avec plus de 58 000 milliards de dollars d’actifs rien qu’aux États-Unis. Il ne fait pas autant la une des journaux que le marché boursier, mais quand il s’exprime, il faut l’écouter, dans le secteur financier et au-delà. Ces derniers temps, le marché obligataire alerte sur la hausse des risques : risques d’inflation galopante ; guerres, droits de douane et autres bouleversements géopolitiques ; utilisation discutable de capitaux colossaux pour développer l’intelligence artificielle ; incertitude quant à l’orientation de la Fed sous sa nouvelle direction ; endettement public croissant ; et dysfonctionnement politique généralisé. »

5 août – Reuters :

« Les investisseurs se sont massivement tournés vers les swaps de taux américains en début de semaine, suite à une forte hausse des rendements des bons du Trésor. Ils cherchaient en effet à se couvrir contre une nouvelle augmentation des coûts d’emprunt, signe d’une crainte de taux d’intérêt élevés persistants.

Selon des opérateurs, cette activité de couverture semble liée à la volonté des investisseurs hypothécaires de se prémunir contre le risque d’allongement de la duration de leurs portefeuilles en cas de hausse des taux. Dans le secteur hypothécaire, lorsque les rendements des bons du Trésor augmentent, la duration des portefeuilles s’allonge car les propriétaires sont moins enclins à refinancer, ce qui réduit les remboursements anticipés.

Pour ramener cette duration à leur objectif, les investisseurs paient généralement un taux fixe via des swaps de taux d’intérêt ou des contrats à terme sur swaps – des produits dérivés dans lesquels ils échangent un coupon fixe contre un taux variable. En payant un taux fixe dans un swap, ils ajoutent un investissement qui tend à prendre de la valeur lorsque les taux augmentent, contribuant ainsi à compenser les baisses de prix de leurs placements hypothécaires. »

6 août – Bloomberg  :

« Les investisseurs se ruent sur les options pariant sur une nouvelle hausse de l’indice S&P 500, un indicateur qui, depuis des mois, est à la traîne face à son rival plus volatil, le Nasdaq 100. Plus de 4 millions de contrats d’achat (calls) sur cet indice boursier de référence ont été échangés mardi, un record, tandis que le volume des options de vente (puts) est resté conforme à la moyenne. Jason Coogan, de Simplex Trading, a décrit la situation des deux jours précédant mardi comme un « flux d’ordres unidirectionnel ». »

7 août – Bloomberg:

: « L’optimisme des investisseurs est tel qu’il est temps de réduire l’exposition aux actifs risqués, selon les stratèges de Bank of America Corp. L’indicateur haussier/baissier de la banque a atteint son plus haut niveau depuis 2021, passant de 9,4 à 9,7, a écrit l’équipe dirigée par Michael Hartnett… Ils ont cité l’élargissement des marchés actions, les importants flux de capitaux vers les obligations à haut rendement et le resserrement des écarts de crédit comme autant de raisons expliquant l’optimisme des investisseurs. »

LE CREDIT AUX ETATS UNIS

5 août – Bloomberg  : « Les cris de désespoir qui résonnent à Wall Street proviennent des créanciers de premier rang qui pensaient être protégés par leur position de créancier prioritaire en cas de faillite d’une entreprise.

Or, les taux de recouvrement s’effondrent, et de plus en plus de créanciers de premier rang ne récupèrent quasiment rien. Selon S&P Global Ratings, ils ont finalement récupéré moins de 30 cents pour chaque dollar investi dans 23 % des faillites survenues ces trois dernières années, contre seulement 7 % des cas entre 2008 et 2022. »

6 août – Wall Street Journal :

« Selon une analyse du Wall Street Journal basée sur des données publiques, les assureurs américains détiennent environ 40 milliards de dollars d’investissements en titres de créance notés par Egan-Jones, une société dont les notations font l’objet d’un examen approfondi de la part des autorités de régulation. Egan-Jones Ratings… est poursuivie en justice par deux anciens employés qui l’accusent d’avoir exercé des pressions sur son personnel pour gonfler les notes et obtenir des contrats. La Securities and Exchange Commission (SEC) a mis en doute la fiabilité de la société, et l’autorité de régulation des Bermudes, où les assureurs placent d’importants capitaux, a cessé d’accepter ses notations. »

5 août – Bloomberg :

« Deux fonds de crédit privés gérés par Blue Owl Capital Inc. ont racheté pour un total de 90 millions de dollars d’actions, marquant ainsi un trimestre consécutif de rachats. Le gestionnaire d’actifs cherche en effet à stabiliser la valeur de ces véhicules d’investissement dans un contexte de turbulences sectorielles. »

5 août – Bloomberg :

« JPMorgan… Le PDG, Jamie Dimon, a déclaré que l’effet de levier sur les marchés – y compris le courtage de premier ordre, les fonds spéculatifs, les ETF et l’arbitrage sur le marché du Trésor – est « L’effet de levier est très élevé. “Le marché est extrêmement endetté”, a déclaré Dimon… “Dans ce cas, le risque qu’un événement perturbe rapidement le marché et inquiète les investisseurs est plus important.” »

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