BRUNO BERTEZ
Le 10 Juillet
VOICI L’INFORMATION LA PLUS IMPORTANTE POUR COMPRENDRE LA SITUATION DU SYSTÈME AMÉRICAIN ET LE STADE FINAL DE LA FINANCIALISATION.
REGRADEZ CE GRAPHIQUE
VOUS DOUTEZ ENCORE QUE LE SYSTEME AMERICAIN EST EN CRISE , VICTIME D’UN MAL PROFOND QUI LE RONGE , ET QUI N’EST DISSIMULE QUE PAR LE RECOURS A UNE DROGUE: LA DETTE?

LA CROISSANCE NON MAÎTRISÉE DES DETTES N’EST PAS UN CHOIX : C’EST UNE OBLIGATION: LES DETTES SONT UN REMÈDE À UN DÉSÉQUILIBRE.
ELLES COMBLENT UN MANQUE DE CASH-FLOW ET DE REVENUS ET LES DETTES BOUCHENT UN TROU.
MAIS LE PROBLÈME DU GAP NE DISPARAÎT PAS : IL EST SIMPLEMENT REPORTÉ DANS LE TEMPS AU PRIX DE SON AGGRAVATION FUTURE.
C’EST UN ENGRENAGE : IL EN FAUT TOUJOURS PLUS CAR LES DETTES SE CAPITALISENT, ELLES SONT AUTOCROISSANTES.EN PLUS ELLES S’ENRACINENT DANS DES COMPORTEMENTS ET DES STRUCTURES
LA FONCTION CREE L’ORGANE MAIS PEU A PEU L’ORGANE PERPETUE ET AMPLIFIE LA LA FONCTION; TOUJOURS PLUS;
PLUS LE SYSTÈME A BESOIN DE DETTES ET PLUS IL DEVIENT FRAGILE, SURTOUT SI CES DETTES SONT « MARKETABLE », C’EST-À-DIRE SI ELLES CONTIENNENT UNE PROMESSE IMPLICITE DE LIQUIDITÉ.
ON VEND LES DETTES COMME AUSSI BONNES QUE DE LA MONNAIE, DONC ON PROMET QU’ELLES SERONT MONNAYABLES.
OR LES MARCHÉS SONT DOMINÉS PAR LES ANIMAL SPIRITS ET LES MOUVEMENTS DE FOULE. DONC IL FAUT UN ASSUREUR ET CE RÉGULATEUR NE PEUT ÊTRE QUE LA BANQUE CENTRALE.
ELLE DOIT GARANTIR LA LIQUIDITÉ DES DETTES, CE QUI IMPLIQUE QUE POTENTIELLEMENT ELLE DOIT ÊTRE PRÊTE À CRÉER UNE QUANTITÉ ASTRONOMIQUE DE RÉSERVES.
https://x.com/jameslavish/status/2086533622342062519?s=20
La dette américaine est devenue un impératif structurel : le stade terminal de la financialisation
La publication reproduite ci dessus de James Lavish , souligne que la dette nationale américaine double désormais environ tous les dix ans, indépendamment du parti au pouvoir. Elle illustre un phénomène bien plus profond qu’une simple dérive budgétaire conjoncturelle.
Au 5 août 2026, la dette brute des États-Unis s’élevait à environ 39,8 milliards de dollars, soit près de 123 % du PIB selon les données les plus récentes, avec des projections du Congressional Budget Office indiquant un déficit de 1,9 trillion de dollars pour l’exercice 2026 et une dette détenue par le public atteignant 120 % du PIB d’ici 2036.
Cette trajectoire n’est pas le fruit d’un choix politique discrétionnaire.
Elle constitue une obligation systémique.
Dans le système américain contemporain, la croissance non maîtrisée des dettes comble un déséquilibre structurel de manque de cash-flows et de revenus.
Elle bouche un trou, mais ne le referme pas : le gap est simplement reporté dans le temps, au prix d’une aggravation future.
C’est le mécanisme central du stade final de la financialisation.
Les dettes ne sont rien d’autre qu’un remède à un déséquilibre structurel.
Dans une économie financialisée, les revenus primaires (salaires, profits productifs) ne suffisent plus à absorber la production et à soutenir la demande agrégée.
Les dettes – publiques, privées, corporate – interviennent alors comme substitut. Elles transforment un manque de flux de trésorerie en engagements futurs.
Ce processus, déjà visible dans la stagnation des salaires réels depuis les années 1970 et l’essor du crédit à la consommation, s’est généralisé au niveau macroéconomique.
Chaque nouvel emprunt permet de maintenir la continuité des dépenses et des valorisations d’actifs.
Mais les intérêts se capitalisent.
Les dettes sont auto-croissantes : le service de la dette engendre de nouveaux besoins de financement.
Plus le système dépend de l’endettement pour combler le gap de revenus, plus le stock de dettes s’accroît de manière exponentielle. Le ratio dette/PIB s’élève, la fragilité systémique s’intensifie.
Les données historiques confirment cette dynamique : la dette fédérale a progressé de manière quasi indépendante des cycles politiques, passant de niveaux contraints avant 1971 (fin de la convertibilité en or) à une trajectoire libérée, accélérée ensuite.
Tout ceci n’a été possible que par un phenomene de transformation: la quasi monétisation. La quasi monétisation, c’est la promesse implicite de liquidité et le rôle d’assureur de la banque centrale
Le point critique survient lorsque ces dettes deviennent marketable – négociables sur les marchés et traitées comme quasi-monnaie. On les vend avec une promesse implicite de liquidité permanente : elles doivent être monnayables à tout moment, à un prix stable ou prévisible.
Or les marchés financiers sont dominés par les animal spirits (Keynes) et les mouvements de foule. Les épisodes de stress de liquidité (2008, mars 2020, ou les tensions plus récentes sur le marché des Treasuries) démontrent que cette promesse ne peut être tenue par les seuls acteurs privés.
Seul un assureur de dernier ressort peut garantir cette liquidité : la banque centrale. La banque centrale n’est plus seulement assureur de dernier ressort des banques , non, elle devient assureur de dernier ressort de la colossale banque qu’est devenue le marché boursier.
En s’engageant à fournir des réserves en quantité potentiellement illimitée – via quantitative easing, facilités de repo, ou achats directs – la Réserve fédérale transforme les dettes en quasi-monnaie.
Cela stabilise le système à court terme, mais ancre davantage la dépendance à la dette. Chaque intervention valide l’expectation que la liquidité sera toujours là, encourageant de nouveaux cycles d’endettement.
Le résultat est un engrenage : plus le système a besoin de dettes pour fonctionner, plus il devient fragile, et plus la banque centrale doit être prête à créer des quantités astronomiques de réserves pour éviter l’effondrement.
Cette dynamique correspond à ce que certains analystes, dont James Lavish, décrivent comme l’entrée dans une spirale de dette : hausse des rendements, hausse des charges d’intérêts, élargissement des déficits , nouveaux besoins d’émission , pression supplémentaire sur les rendements. La Fed ne contrôle plus pleinement les taux longs, ils reflètent le poids du passé et du stock de dettes, et désormais les anticipations de débasement monétaire et d’offre massive de titres.
La financialisation a progressivement subordonné l’économie réelle à la logique de la dette et des marchés d’actifs.
Au stade terminal, la croissance de la dette n’est plus un outil de stabilisation temporaire, mais la condition même de la continuité du système. Les dettes ne financent plus principalement l’investissement productif ; elles soutiennent les valorisations, les rachats d’actions, le refinancement et la consommation.
Les profits corporate sont largement redistribués sous forme de dividendes et de buybacks plutôt que réinvestis.
Le secteur financier (FIRE) capture une part croissante de la richesse.
Dans ce cadre, l’alternative à la création monétaire massive est soit un défaut ordonné (politiquement et économiquement improbable pour un émetteur en monnaie souveraine), soit une austérité brutale qui provoquerait une contraction de la demande et une cascade de défauts privés.
Le chemin le plus probable reste donc la monétisation progressive : débasement de la monnaie pour réduire le poids réel de la dette, au prix d’une érosion du pouvoir d’achat et d’une redistribution implicite des richesses
Cette configuration n’est pas propre aux États-Unis, mais elle y est particulièrement avancée en raison du rôle du dollar comme monnaie de réserve mondiale et de la profondeur du marché des Treasuries.
La fragilité réside dans le fait que la promesse de liquidité repose sur la crédibilité de la banque centrale et sur la capacité des marchés à absorber sans panique des volumes croissants d’émissions.
Un choc (géopolitique, récession, perte de confiance des acheteurs étrangers) pourrait forcer une intervention d’une ampleur sans précédent. Comprendre cette dynamique permet de dépasser les debats partisans sur les déficits. La croissance non maîtrisée de la dette n’est ni un accident ni un simple choix idéologique : c’est la réponse structurelle d’un système qui a externalisé le financement de la demande vers l’endettement, tout en transformant ces dettes en actifs liquides nécessitant un « backstop » monétaire permanent.
Le stade final de la financialisation est celui où la dette et la liquidité fournie par la banque centrale deviennent indissociables de la survie du système lui-même.
Les conséquences pour la stabilité monétaire, la distribution des revenus, et la viabilité à long terme de l’ordre financier international sont terribles.
Elles méritent une analyse continue, débarrassée des illusions d’un retour simple à l’équilibre budgétaire sans transformation plus profonde des mécanismes de création de la demande et de la monnaie.