Utiliser l’immobilier, dont les prix ne cessent d’augmenter, comme garantie pour des prêts risqués négociés via des instruments financiers sophistiqués de Wall Street (ABS, CDO, « CDO au carré », CDO synthétiques, SIV, etc.) a fonctionné à merveille …jusqu’à ce que le financement des prêts hypothécaires à risque se resserre brutalement et que les prix de l’immobilier s’effondrent.
Cette fois Wall Street va plus loin!
Le paradoxe de l’IA : la Bourse et les banques misent sur un actif dont les prix s’effondrent…
Dans le boom immobilier des années 2000, Bourses et banques avaient parié massivement sur un actif qu’elles croyaient voué à monter indéfiniment : la pierre.
Prix en hausse perpétuelle, levier infini, securitisation, prêts à tout-va.
On connait la suite : la croyance en la hausse éternelle a fait le krach et la révulsion.
.Aujourd’hui, dans le boom de l’intelligence artificielle, le schéma semble inversé… et pourtant tout aussi dangereux.
Les marchés et les banques misent des centaines de milliards sur l’écosystème IA (data centers, hyperscalers, fabricants de puces). Mais l’un des « actifs » centraux de cette économie – le token (l’unité de calcul qui mesure l’usage des modèles) – ne cesse de chuter de prix.
Quant aux puces, la réalité est plus nuancée, car les producteurs défendent les niveaux de prix en soutenant la demande par des financemens circuliaires!
Le coût d’un million de tokens d’inférence de niveau GPT-4 est passé de plus de 20 dollars fin 2022 à moins d’1 dollar en 2026, soit une chute de plus de 95 %. Rien qu’entre mi-juillet et mi-août 2026, les prix moyens d’inférence des grands laboratoires américains ont encore baissé de près de 25 %, sous la pression des modèles chinois (DeepSeek, Moonshot, etc.). OpenAI a taillé 80 % sur certains modèles mid-tier ; Anthropic a divisé par deux le prix de son opus précédent.
C’est une « LLMflation » pure : plus les modèles s’améliorent et plus la concurrence s’intensifie, plus le prix unitaire de l’intelligence artificielle s’effondre.
Le produit final (la capacité de « penser » artificiellement) devient un commodity en chute libre.
Les puces , c’est plutôt l’inverse… pour l’instant. Contrairement à l’idée d’une chute généralisée, les prix des puces semi-conducteurs liées à l’IA – surtout la mémoire HBM et la DRAM – ont explosé.
On parle de « chipflation » : hausses de 4 à 6 fois sur certains segments mémoire en un an, pénuries structurelles, absorption de 70 % de la production mondiale de mémoire haut de gamme par les data centers.
Les GPU NVIDIA de dernière génération restent extrêmement cherEs (parfois le prix d’une voiture), et même les cartes grand public ont vu leurs tarifs grimper sous l’effet de la pénurie de VRAM.
Des corrections boursières ont eu lieu (chute des valeurs semi-conducteurs en juillet 2026), et certains dirigeants (SK Group) appellent à une « normalisation » des prix mémoire jugés « anormaux ».
Mais la tendance dominante reste la hausse ou le maintien à des niveaux élevés, alimentée par une demande IA qui dépasse l’offre.
Bourses et banques financent à tour de bras des data centers et des usines de puces comme si l’actif « capacité de calcul IA » devait créer une rente perpétuelle.
Elles traitent les GPU comme collatéral de prêts, les hyperscalers s’endettent massivement, les valorisations s’envolent. Or le revenu généré par cette capacité (les tokens vendus) s’effondre année après année.
C’est l’exact inverse de l’immobilier : là-bas, on pariait sur la hausse du prix de l’actif lui-même. Ici, on parie sur un volume d’usage qui devrait compenser la chute vertigineuse du prix unitaire. Pour que le modèle tienne, il faut une explosion exponentielle de la demande de tokens – bien plus rapide que la baisse des prix.
Si la demande ralentit, ou si les marges des laboratoires restent structurellement négatives (beaucoup brûlent encore plus d’argent qu’ils n’en gagnent sur l’inférence), le château de cartes tremble.
On retrouve les mêmes mécanismes de levier, de croyance collective et de « trop gros pour échouer » qu’en 2007-2008. Sauf que le moteur n’est plus l’inflation d’un actif, mais la déflation technologique combinée à une surcapacité d’investissement.
Les puces restent chères et servent de garantie, les tokens deviennent quasi gratuits : le système tient tant que le volume compense. Le jour où il ne compensera plus, la correction risque d’être violente – non pas parce que les puces auront « cessé de monter », mais parce que la promesse de rentabilité de toute cette infrastructure se sera évaporée.
L’immobilier misait sur la hausse éternelle d’un bien rare. L’IA mise sur la capacité d’un bien de plus en plus abondant et de moins en moins cher à générer des profits massifs.
L’histoire économique montre que les deux types de paris peuvent mal finir.
La seule différence, c’est que cette fois le crash, s’il survient, portera le nom de « token » plutôt que celui de subprime!
Les marchés sont frappés de plein fouet par une vague de réduction des risques et de désendettement, l’aversion au risque et le manque de liquidités forçant une réévaluation abrupte des perspectives de la course à l’armement technologique en intelligence artificielle. L’effondrement du prix des puces rendra la déflation immobilière de 2007/2008 presque anodine.
3 août – Financial Times:
« Lundi, Alphaville a analysé l’ampleur des engagements locatifs des géants de l’IA, dont le financement évolue des obligations classiques vers des solutions plus innovantes. Les analystes de Goldman Sachs ont passé au crible les notes de bas de page des documents réglementaires des hyperscalers et ont dénombré 1 500 milliards de dollars d’engagements locatifs, dont 1 000 milliards n’avaient pas encore été engagés et n’apparaissaient donc pas dans leurs comptes comme des passifs conventionnels. Comme l’ont souligné ces analystes : « Du point de vue du crédit, ce traitement peut sous-estimer l’effet de levier et les besoins futurs de liquidités, à mesure que ces obligations sont comptabilisées et que les paiements contractuels arrivent à échéance. » Nous avons également mentionné une information intéressante tirée d’un précédent rapport de Morgan Stanley, publié en juillet, qui recensait également les engagements d’achat d’Alphabet, Microsoft, Amazon, Nvidia et Oracle. Il s’agit généralement d’obligations contractuelles d’achat de puces, de puissance de calcul, d’électricité pour alimenter les centres de données et d’autres équipements, qui représentaient 982 milliards de dollars supplémentaires à la fin du premier trimestre. »
11 août – Wall Street Journal :
« Le PDG de Nvidia, Jensen Huang, est confronté à un problème : nombre de ses clients n’ont pas les moyens d’acquérir les puces d’IA très prisées de son entreprise. C’est pourquoi Huang s’est associé à plusieurs firmes de Wall Street pour un plan de 500 milliards de dollars visant à standardiser le financement des puces, créant ainsi des fonds adossés à des actifs pour les entreprises d’IA – tout en laissant Nvidia partiellement responsable en cas de problème. Les dirigeants impliqués dans le partenariat stratégique dévoilé cette semaine par Huang avec Apollo Global Management, BlackRock, Blackstone, Brookfield Asset Management, Goldman Sachs et KKR présentent cette initiative comme le lancement d’une nouvelle classe d’actifs, à l’instar de la titrisation de tous types d’actifs, des avions aux cartes de crédit en passant par les prêts hypothécaires. Pour les critiques, il s’agit d’un système qui masquera les faiblesses de certains segments du marché de l’IA. L’inquiétude ne concerne pas les géants de la tech – Meta, Microsoft, Google – aux bilans solides, mais plutôt les nombreuses petites entreprises d’IA. « Les laboratoires, les sociétés de cloud computing et les entreprises qui ont une demande vorace de puces Nvidia mais qui sont confrontées à des taux d’intérêt élevés si elles veulent financer leurs achats. »
12 août – Financial Times :
« Wall Street parie sur la capacité des puces d’IA à défier l’une des règles fondamentales de la finance : la dévaluation rapide des technologies émergentes. Nvidia a dévoilé cette semaine un accord de 500 milliards de dollars permettant aux géants de la tech de louer des semi-conducteurs grâce à des financements d’Apollo Global, KKR, Brookfield, BlackRock et Goldman Sachs. Ce partenariat retentissant repose sur l’anticipation d’une hausse durable des prix des puces, contrairement aux prévisions de nombreux analystes, en raison de la forte demande pour ces composants essentiels à l’essor de l’IA, ont confié au Financial Times des responsables financiers impliqués dans l’opération. Jensen Huang, PDG de Nvidia, a déclaré que ce pacte créerait une nouvelle classe d’actifs, adossée aux puces, qui serait mûre pour l’investissement du secteur du capital-investissement, pesant 22 000 milliards de dollars. »
10 août – Financial Times :
« Vous avez peut-être remarqué que les géants du cloud font preuve d’une ingéniosité croissante pour financer la construction de leurs gigantesques centres de données à travers le monde. Le premier exemple en est l’émission obligataire record de Meta pour son centre de données « Hyperion » en Louisiane, analysée en détail par Alphaville. En résumé, au lieu d’émettre des obligations directement sur son bilan, Meta a créé une coentreprise avec Blue Owl, baptisée Beignet, chargée du développement et de la propriété d’Hyperion. Meta ne détient que 20 % de Beignet, mais s’est engagée fermement à louer Hyperion pour au moins 20 ans. Cette garantie a permis à Beignet d’émettre une obligation amortissable de 27 milliards de dollars, mais cette dette n’apparaît pas au bilan de Meta, même si cette dernière est responsable des paiements. Quoi qu’il en soit, de nombreux autres géants du cloud ont semblé trouver l’idée brillante et ont depuis exploré des méthodes toujours plus créatives pour lever des fonds importants. » L’objectif est de limiter l’impact visuel sur leurs bilans. Diverses structures de location, vaguement inspirées du modèle Beignet, sont privilégiées pour y parvenir. Mais quelle est la véritable importance de ces obligations financières hors dette ? Heureusement, les analystes de Goldman Sachs ont examiné tous les détails pour nous et ont calculé un montant colossal de 1 500 milliards de dollars d’engagements locatifs, dont environ 1 000 milliards ne figurent pas dans les états financiers des géants du cloud.
13 août – Financial Times :
« Jane Street a enregistré une perte d’environ 15 milliards de dollars en juillet, suite aux turbulences au sein du fonds spéculatif Situational Awareness, spécialisé dans l’IA, qui ont déstabilisé la société de trading américaine. La société a divulgué ce chiffre à ses créanciers dans le cadre d’un accord visant à transférer sa dette publique d’environ 11 milliards de dollars à des investisseurs privés, dont Pimco, selon des sources proches du dossier. Cette perte représente un rare revers pour cette société de trading discrète, devenue ces dernières années un acteur majeur des marchés mondiaux. Jane Street a généré plus de 40 milliards de dollars de revenus nets de trading au cours de l’année écoulée, même en tenant compte de la perte de juillet, qui dépasse son total pour 2025. Ce repli de juillet est intervenu au cours d’un mois tumultueux pour les actions américaines du secteur de l’IA, qui ont chuté brutalement après une forte hausse qui les avait portées à des niveaux supérieurs pendant la majeure partie de 2026. Cette vague de ventes a également touché plusieurs fonds spéculatifs spécialisés dans l’IA, dont Situational Awareness de Leopold Aschenbrenner, qui comptait Jane Street parmi ses investisseurs. »
14 août – Financial Times :
« Jane Street a lancé cette semaine une émission obligataire monstrueuse de 14,6 milliards de dollars en plusieurs tranches. La part du lion a servi à refinancer une dette existante. Rien d’inhabituel à cela : la plupart des nouvelles obligations sont émises pour rembourser une dette existante. Cependant, la société de trading pour compte propre, réputée pour son expertise financière et son secret bien gardé, a payé le prix fort pour rembourser une dette existante qui n’aurait jamais dû l’être. Pourquoi ? MainFT… a écrit (nous soulignons) : « [u]n passage aux marchés privés permettrait… à la société de trading pour compte propre de limiter la publication de ses informations financières, qu’elle communique actuellement trimestriellement à un grand nombre de créanciers. »
CBB: . « Un fonds spéculatif de deux ans, misant sur des paris à fort effet de levier dans l’IA pour faire grimper ses actifs à 45 milliards de dollars, a subi une perte de 67 % en juillet, ce qui a entraîné un désendettement forcé et la liquidation de positions auprès du fonds spéculatif Citadel de Ken Griffin. Dans ce chaos, Jane Street, fortement endettée, perd la coquette somme de 15 milliards de dollars, avant de refinancer une part importante de sa dette sur le marché privé ».
LA SEMAINE
Je commence par une citation : l
a Bourse est une pute qu’il faut baiser quand elle est chaude
Pierre Balley qui fut mon professeur.
Pierre Balley est une figure française des marchés financiers, connue surtout comme praticien, régulateur et auteur.
Principales fonctions et parcours
- Ancien membre du collège de la Commission des opérations de Bourse (COB, l’ancêtre de l’AMF).
- Président d’honneur du Conseil du marché à terme (ancêtre du MATIF, marché à terme des instruments financiers).
- Président de l’Association des sociétés et fonds français d’investissement (ASFFI).
- La Bourse : mythes et réalités (Presses Universitaires de France)
- Co-auteur (avec Gaston Défossé) de Les valeurs mobilières dans la collection « Que sais-je ? »
Ces livres, écrits à partir de sa pratique quotidienne des marchés, critiquent les théories trop abstraites et expliquent les mécanismes réels de la Bourse de façon accessible.
SUR LES MARCHES
Le S&P 500 a progressé de 0,4 % (en hausse de 13,7 % depuis le début de l’année), tandis que le Dow Jones a reculé de 0,6 % (en hausse de 11,8 %).
Le secteur des services publics a gagné 1,2 % (en hausse de 4,7 %).
Le secteur bancaire a bondi de 2,1 % (en hausse de 18,1 %) et le secteur des courtiers/négociants a progressé de 2,0 % (en hausse de 17,7 %).
Le secteur des transports a gagné 1,3 % (en hausse de 25,6 %).
L’indice S&P 400 des Midcaps a progressé de 1,1 % (en hausse de 18,8 %) et l’indice Russell 2000 des Small Caps a gagné 1,1 % (en hausse de 23,6 %).
Le Nasdaq 100 a progressé de 1,1 % (en hausse de 19,0 %).
Le secteur des semi-conducteurs a gagné 0,5 % (en hausse de 75,3 %).
Le secteur des biotechnologies a reculé de 0,3 % (en hausse de 24,3 %).
L’or ayant gagné 35 dollars, l’indice HUI a progressé de 1,9 % (soit une hausse de 9,4 %).
SUR LES TAUX
Le taux des bons du Trésor à trois mois a clôturé la semaine à 3,6949 %.
Le rendement des obligations d’État à deux ans a reculé de trois points de base à 4,17 % (en hausse de 70 points de base depuis le début de l’année).
Le rendement des bons du Trésor à cinq ans a progressé d’un point de base à 4,36 % (en hausse de 64 points de base).
Le rendement des obligations du Trésor à dix ans a augmenté de cinq points de base à 4,69 % (en hausse de 53 points de base).
Le rendement des obligations à long terme a bondi de six points de base à 5,26 % (en hausse de 42 points de base).
Le rendement de référence des titres adossés à des créances hypothécaires (MBS) de Fannie Mae est resté quasiment inchangé à 5,63 % (enhausse de 59 points de base).
AILLEURS
Le rendement des Bunds allemands a augmenté de sept points de base pour s’établir à 3,20 % (en hausse de 35 points de base). Le rendement français a bondi de 13 points de base à 4,05 % (en hausse de 48 points de base). L’écart de rendement entre les obligations françaises et allemandes à 10 ans s’est creusé de six points de base pour atteindre 85 points de base.
Le rendement des obligations italiennes à dix ans a progressé de huit points de base à 3,98 % (en hausse de 43 points de base depuis le début de l’année).
Le rendement des obligations grecques à dix ans a augmenté de huit points de base à 3,87 % (en hausse de 43 points de base).
Le rendement des obligations espagnoles à 10 ans a progressé de huit points de base pour atteindre 3,65 % (en hausse de 36 points de base).
Le rendement des gilts britanniques à 10 ans a grimpé de 12 points de base à 5,04 % (en hausse de 56 points de base). L’indice FTSE des actions britanniques a reculé de 1,1 % (en hausse de 8,1 % depuis le début de l’année).
L’indice Nikkei 225 des actions japonaises a progressé de 4,7 % (en hausse de 36,5 % depuis le début de l’année). Le rendement des obligations d’État japonaises à 10 ans a bondi de neuf points de base à 2,87 % (en hausse de 83 points de base depuis le début de l’année).
Le CAC 40 français a reculé de 0,9 % (en hausse de 6,0 %).
L’indice allemand DAX a progressé de 0,5 % (en hausse de 8,0 %).
L’indice espagnol IBEX 35 est resté quasiment stable (en hausse de 16,5 %).
L’indice italien FTSE MIB a cédé 0,2 % (en hausse de 19,2 %).
Les marchés émergents ont majoritairement reculé.
L’indice Bovespa brésilien a perdu 3,2 % (en hausse de 3,6 %), et l’indice Bolsa mexicain a chuté de 3,8 % (inchangé).
Le Kospi sud-coréen a bondi de 11,5 % (en hausse de 65,6 %).
L’indice Sensex indien a reculé de 0,6 % (en baisse de 8,5 %).
L’indice de la Bourse de Shanghai a cédé 0,3 % (en baisse de 1,0 %).
L’indice turc Borsa Istanbul National 100 a progressé de 2,9 % (en hausse de 25,8 %).
SUR LE CREDIT
Les crédits de la Réserve fédérale ont progressé de 10,8 milliards de dollars la semaine dernière, atteignant un sommet en 16 mois à 6 707 milliards de dollars, soit une expansion de 217 milliards de dollars sur 35 semaines.
Ils restent toutefois inférieurs de 2 183 milliards de dollars à leur pic du 22 juin 2022.
Depuis la reprise du QE le 11 septembre 2019, les crédits de la Fed ont augmenté de 2 980 milliards de dollars, soit 80 %.
Depuis le 7 novembre 2012 (718 semaines), ils ont progressé de 3 896 milliards de dollars, soit 139 %.
Par ailleurs, les avoirs de la Fed de New York pour compte des détenteurs étrangers de titres du Trésor et de titres d’agences ont diminué de 38,4 milliards de dollars la semaine dernière, pour s’établir à 2 888 milliards de dollars. Les avoirs en dépôt ont reculé de 316 milliards de dollars sur un an, soit 9,9 %.
Le total des actifs des fonds monétaires a progressé de 18,3 milliards de dollars pour atteindre 7 928 milliards de dollars. Les MMFA ont augmenté de 742 milliards de dollars, soit 10,3 %, en glissement annuel, après avoir connu une hausse historique de 3,343 milliards de dollars, soit 73 %, depuis le 26 octobre 2022.
Le volume total de billets de trésorerie a augmenté de 1,6 milliard de dollars pour atteindre 1 429 000 milliards de dollars. Cette hausse s’élève à 38 milliards de dollars, soit 2,8 %, sur un an.
Les taux fixes des prêts hypothécaires à 30 ans de Freddie Mac ont reculé de deux points de base à 6,67 % (en hausse de 9 points de base sur un an).
Les taux à 15 ans ont baissé de cinq points de base à 5,96 % (en hausse de 25 points de base).
Selon l’enquête de Bankrate sur le coût des prêts hypothécaires de grande envergure, le taux fixe à 30 ans a diminué de deux points de base à 6,78 % (en hausse de 5 points de base).
SUR LES CHANGES
l’indice du dollar américain est resté quasiment stable à 99,636 (en hausse de 1,3 % depuis le début de l’année).
Du côté des hausses la couronne norvégienne a progressé de 0,8 %, le peso mexicain de 0,7 %, le dollar canadien de 0,5 %, la livre sterling de 0,4 %, le dollar australien de 0,2 % et l’euro de 0,1 %.
À la baisse, le real brésilien a reculé de 2,7 %, le yen japonais de 1,0 %, le franc suisse de 0,7 %, le won sud-coréen de 0,5 %, le rand sud-africain de 0,3 % et la couronne suédoise de 0,3 %.
Le renminbi chinois (sur le marché intérieur) s’est apprécié de 0,04 % face au dollar (en hausse de 3,64 % depuis le début de l’année).
SUR LES MATIERES PREMIERES
l’indice Bloomberg des matières premières a progressé de 2,8 % (en hausse de 23,4 % depuis le début de l’année).
L’or au comptant a gagné 0,8 % à 4 376 $ (en hausse de 1,3 %).
L’argent a reculé de 1,8 % à 64,6843 $ (en baisse de 9,7 %).
Le pétrole brut WTI a progressé de 4,22 $, soit 5,4 %, pour atteindre 82,40 $ (en hausse de 44 %).
L’essence a bondi de 6,7 % (en hausse de 86 %), tandis que le gaz naturel a gagné 2,7 % à 2,733 $ (en baisse de 26 %).
Le cuivre a progressé de 1,9 % (en hausse de 18 %).
Le blé a grimpé de 5,5 % (en hausse de 33 %) et le maïs a bondi de 4,6 % (en hausse de 4 %).
Le bitcoin a chuté de 2 070 $, soit 3,2 %, pour s’établir à 62 860 $ (en baisse de 28,3 %).
L’INSTABILITE
13 août – Reuters :
« Les indicateurs de marché des coûts d’emprunt corrigés de l’inflation ont atteint leur plus haut niveau depuis plus de dix ans dans les principales économies, alors que les entreprises d’IA et les gouvernements intensifient leurs émissions obligataires, ce qui accroît les risques pour les marchés boursiers et l’économie mondiale… Les rendements réels américains à 30 ans, mesurés par les obligations indexées sur l’inflation, sont proches de leurs plus hauts niveaux en 18 ans, à environ 3 %, tandis que les rendements réels britanniques et allemands à 10 ans se négocient à des niveaux proches de leurs plus hauts niveaux depuis plus de dix ans. Les investisseurs et les analystes affirment que la forte augmentation des emprunts des géants de l’IA, au moment même où les gouvernements continuent de dépenser massivement, a été un facteur déterminant de la hausse des rendements, les acheteurs exigeant des rendements plus élevés pour continuer à acheter le flot d’obligations qui inondent les marchés. »
13 août – Bloomberg :
« Alors que le flot d’émissions obligataires des entreprises technologiques américaines se répercute sur le marché du crédit, il semble provoquer une hausse involontaire des indicateurs de risque pour certaines des entreprises les plus sûres au monde. Les stratèges de BNP Paribas SA expliquent ces mouvements par l’intensification de la concurrence pour les financements haut de gamme. Avec des emprunts se chiffrant en milliards de dollars contractés par les géants de la tech, cette concurrence fait grimper le coût des swaps sur défaut de crédit, même pour les entreprises sans lien avec les centres de données ou l’intelligence artificielle. »
10 août – Bloomberg :
« La demande de protection contre une baisse des actions a chuté à son plus bas niveau depuis la capitulation du président américain Donald Trump sur les droits de douane l’an dernier, alors que les indices atteignent des sommets historiques. L’appétit pour les couvertures sur l’indice S&P 500 peut être mesuré sur le marché des options en comparant la volatilité implicite des options de vente (puts) à celle des options d’achat (calls), un concept appelé asymétrie. L’asymétrie put/call à un mois sur l’indice de référence a chuté à son plus bas niveau depuis avril 2025, ce qui indique que les investisseurs craignent de rater une hausse du marché boursier et recherchent moins de protection pour leurs portefeuilles. »
11 août – Bloomberg :
« Selon Citadel Securities, les investisseurs systématiques se préparent à renforcer leurs positions sur les actions après un débouclage massif. « La réinitialisation de l’effet de levier a largement atteint son apogée, ce qui permet aux stratégies systématiques d’accroître leur exposition à mesure que la volatilité diminue », a déclaré Scott Rubner, responsable de la stratégie actions et produits dérivés chez Citadel Securities. « L’amplitude des mouvements s’améliore, la corrélation est proche de ses plus bas historiques et les investisseurs sont de plus en plus disposés à payer pour un potentiel de hausse. » Le mois d’août devrait attirer de nouveau les acheteurs après la chute des actifs sous gestion des ETF à effet de levier à 154 milliards de dollars le mois dernier, soit une baisse de près de 42 % par rapport aux 218 milliards de dollars fin juin, selon les données de Citadel Securities. »
12 août – Bloomberg :
« Les actions sud-coréennes ont progressé, plaçant l’indice de référence sur la voie d’un marché haussier technique. Le rebond mondial des valeurs liées à l’IA a permis un redressement rapide après la débâcle historique du mois dernier. L’indice Kospi a gagné jusqu’à 4,8 % jeudi, portant sa progression depuis son point bas du 30 juillet à environ 22 %. Les géants de la fabrication de puces mémoire, Samsung Electronics et SK Hynix, ont tiré la hausse, chacun enregistrant une progression de plus de 5 %. »
LE CREDIT AUX ETATS UNIS
9 août – Wall Street Journal:
« Le crédit privé montre des signes croissants de tension, malgré les déclarations contraires de certains des plus grands gestionnaires de fonds qui tentent de tourner la page après une année de turbulences. Les récents rapports trimestriels des fonds gérés par les principaux acteurs du secteur ont révélé une détérioration de la qualité des prêts et des rendements pour les investisseurs, selon une analyse du Wall Street Journal. Parmi les fonds gérés par Ares Management, Blackstone, Blue Owl Capital et Golub Capital, les défauts de paiement ont atteint leur plus haut niveau depuis au moins 2021. Les parts de ces fonds sont cotées en bourse, ce qui les oblige à informer régulièrement leurs actionnaires sur leurs investissements. Blue Owl, Blackstone et d’autres sociétés d’investissement ont déclaré que les craintes qui pèsent sur ce marché relativement récent sont exagérées et que leurs portefeuilles de prêts se portent bien. »
11 août – Wall Street Journal :
« Avant que la société de logiciels Medallia ne soit reprise par ses créanciers lors d’un effondrement qui a ébranlé le secteur du crédit privé, elle avait reporté pendant près de quatre ans le paiement des intérêts d’une dette qui avait atteint quelque 2,8 milliards de dollars. L’option de report de paiement qu’elle utilisait est devenue un argument de vente populaire dans le secteur du crédit privé, la concurrence pour remporter des contrats s’étant intensifiée. Les emprunteurs qui y avaient recours étaient souvent considérés comme étant à jour dans leurs paiements. Puis, de plus en plus d’emprunteurs ont commencé à utiliser cette soupape de sécurité, y compris des entreprises en difficulté financière qui en ont fait la demande après avoir contracté leurs prêts, faisant craindre des défauts de paiement imminents. Désormais, les sociétés de crédit privé limitent l’accès à cette option, connue sous le nom de paiement en nature (PIK). Environ 13,5 % des nouveaux prêts de crédit privé accordés au deuxième trimestre comportaient une clause de PIK… contre 25 % à la fin de l’année dernière. »
12 août – Bloomberg :
« La Securities and Exchange Commission (SEC) a rejeté la demande de l’agence de notation de crédit Egan-Jones Ratings Co. visant à réintégrer le marché de la notation des titres de dette publique et des titres adossés à des actifs. Ce rejet constitue le dernier signe en date de la répression réglementaire à l’encontre de cette agence, certes petite, mais très active. Selon le document déposé, la demande d’Egan-Jones comportait des inexactitudes importantes, notamment des certifications datant de plusieurs années et provenant d’investisseurs institutionnels qualifiés, selon la SEC. »