EDITORIAL. Japon, ce n’est pas une péripétie, non! C’est une étape dans la longue marche vers LA CRISE.

La Banque du Japon perd-elle le contrôle de sa courbe des taux ?

Le 17 août 2026, le compte X de FinanceLancelot publiait un post très remarqué (plus de 75 000 vues en quelques heures) accompagné d’un graphique éloquent.

Le titre est choc : « Bank of Japan is losing control of their yield curve. The 2 year has broken the trendline that they’ve pinned it under since 2023. Now it’s going vertical. »

Le graphique montre le rendement des obligations d’État japonaises (JGB) à 2 ans qui, après avoir été maintenu sous une ligne de tendance claire depuis 2023, a cassé ce plafond et s’envole.

Au moment de la publication, ce taux évoluait autour de 1,69-1,70 %, son plus haut niveau depuis 1995.

Dans le même temps, le rendement à 10 ans touchait des sommets trentenaires (près de 2,94 %).

Un schéma qui rappelle les crises de dette souveraine…

L’auteur souligne un point crucial : dans les pays émergents, la combinaison d’une hausse verticale des rendements obligataires et d’une chute de la monnaie est presque toujours le signe d’entrée dans une crise de dette souveraine.

Le Japon n’est pas un pays émergent.

Pourtant, les chiffres donnent le vertige :

  • La Banque du Japon détient environ 48 à 54 % des obligations d’État japonaises en circulation (selon les dernières données disponibles du ministère des Finances et de la BoJ, autour de 47-50 % selon les définitions).
  • Le ratio dette/PIB reste parmi les plus élevés du monde développé (le gouvernement japonais évoque environ 187 % pour l’exercice 2026, mais des estimations plus larges, incluant l’ensemble des engagements, approchent ou dépassent 200-250 % selon les conventions).

Cette situation est unique dans l’histoire moderne. Aucune grande économie développée n’a jamais expérimenté une telle concentration de dette publique entre les mains de sa banque centrale, combinée à une normalisation monétaire forcée.

Pour soutenir le yen (qui a touché des plus bas historiques face au dollar ces derniers mois), le Japon et les États-Unis ont récemment mené des interventions coordonnées sur le marché des changes.

Une des solutions techniques évoquées est le recours à la facilité FIMA (Foreign and International Monetary Authorities) Repo de la Réserve fédérale.

Concrètement, la BoJ (ou le ministère des Finances) peut mettre en pension des Treasuries américains qu’elle détient auprès de la Fed et obtenir en échange des dollars. Ces dollars servent ensuite à racheter des yens sur le marché, sans avoir à vendre les obligations américaines.

En théorie, cela évite de faire monter les rendements des Treasuries. C’est une forme de « QE technique » : de la liquidité est injectée sans cession nette de titres.

Le problème est que même sans vente effective, ces manœuvres répétées et de plus en plus visibles ébranlent la confiance des marchés. Je l’ai moi même souligné immédiatement: ces trucages ne trompent personne et j’ai meme ajouté que Bessent, homme de marché avait commis une faute grave en se croyant malin.

Les investisseurs y voient un signe de détresse.

C’est exactement ce qui s’est produit en 1992 avec la livre sterling lors de la crise du SME (Black Wednesday).

La Banque d’Angleterre avait multiplié les interventions et les hausses de taux en catastrophe pour défendre le change. Plus elle intervenait, plus les marc

hés sentaient la panique… et plus la pression s’accentuait jusqu’à l’échec final. La comparaison avec 1992 est pertinente.

Dans les deux cas, on observe :

-Une banque centrale qui tente de défendre à la fois la monnaie et la courbe des taux.

-Des interventions de plus en plus visibles et coûteuses.

-Un signal de « panique officielle » qui accélère les sorties de capitaux plutôt que de les freiner.

  • le tout sur une situation fondamentale desequilibrée, intenable ce qui donne la certitude que les éemissions ne peuvent etre que provisoires

Aujourd’hui, la BoJ se trouve face à un dilemme classique : défendre le yen (ce qui nécessite de laisser monter les taux) ou défendre la stabilité de la dette publique (ce qui nécessiterait de continuer à plafonner les rendements).

Une crise c’est cela, c’est quand aucune solution n’est satisfaisante et que l’on est dans une impasse!

La BOJ ne peut pas faire les deux indéfinimentet les vrais gros operateurs le savent.

Maintenir les rendements courts bas implique d’acheter encore plus de JGB… et donc d’imprimer des yens, ce qui affaiblit encore la monnaie.

Le chaos de la courbe des taux japonais n’est pas un événement isolé qui resterait purement domestique . Elle a des répercussions globales :

Pendant des années, les investisseurs empruntaient en yen à très bas coût pour investir ailleurs. La remontée des taux japonais et la volatilité du change rendent ce trade moins attractif, voire dangereux.

La liquidité mondiale s’en trouve affectée : le Japon a longtemps été le grand pourvoyeur net de liquidité. Un resserrement forcé peut se transmettre aux marchés d’actions, de crédit et de change internationaux.

Si la BoJ, après des décennies de contrôle absolu, perd la main sur sa courbe, cela renforce les doutes sur la capacité des banques centrales à maintenir leur contrôle sur les marchés et singulierement sur leur talon d’Achille : les taux longs!

Ceux qui me suivent régulièrement savent que tres souvent je titre mes articles sur ces sujets :  » le japon est notre avenir! »

Nous avons sous la conduite du simplet pretentieux Bernanke suivi la voie de kick the can empruntée par les Japonais , refusé de détruire la pourriture en 2008 et tout le reste s’enchaine.

Les marchés tarifent déjà une hausse de taux de la BoJ dès septembre 2026, et potentiellement un rythme plus rapide ensuite. Les commentaires des officiels japonais sont devenus nettement plus Faucons . L’inflation importée (énergie, matières premières) et les tensions géopolitiques (Moyen-Orient) ajoutent de la pression.

Conclusion : ce n’est pas une péripétie, non c’est une étampe dans la grande marche vers LA CRISE.

UNE PISTE QUE JE VOUS SUGGERE D’EXPLORER:

l’exceptionnalisme japonais tant vanté a pour homologue et isomorphe l’exceptionnalisme américain

pour le Japon il était fondé sur les poches profondes de l’épargne des ménages japonais, pour les Etats Unis il est fondé sur les poches profondes des épargnants du reste du monde.

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