BRUNO BERTEZ
LE 23 Aout
Mark Carney, Premier ministre du Canada, a suspendu les négociations commerciales avec les États-Unis le 21-22 août 2026 et annoncé des tarifs de rétorsion « dollar pour dollar », face à de nouveaux droits de douane américains de 50 % sur environ 20 à 28 milliards de dollars de biens canadiens.
Les tensions commerciales entre les deux pays, alliés traditionnels liés par l’ACEUM/CUSMA (l’accord de libre-échange avec le Mexique), se sont intensifiées depuis le retour de Trump à la présidence en 2025.
Les États-Unis ont multiplié les tarifs (notamment sur l’acier, l’aluminium et l’automobile) et men
acé d’en imposer d’autres, en violation de leurs engagements.
En juillet 2026, Washington a annoncé des tarifs de 50 % sur un large éventail de produits canadiens (équipement de hockey, vêtements, ciment, bière, produits laitiers, meubles, etc.), représentant environ 5 % des exportations canadiennes vers les États-Unis, avec une fenêtre de négociation.
Des pourparlers intensifs ont eu lieu. Trump a même annoncé un « deal » en milieu de semaine (avec une pause des tarifs), mais les discussions ont échoué à la dernière minute. Les deux camps se rejettent la responsabilité : Ottawa dénonce des changements de dernière heure américains jugés injustes et non économiques ; Washington accuse le Canada de nouvelles exigences.
Les tarifs américains sont entrés en vigueur à minuit le 22 août 2026.
La réponse de Mark Carney a été frontale.
Carney a ordonné le retour des négociateurs à Ottawa et déclaré que les progrès étaient insuffisants pour les objectifs canadiens. Selon lui, les États-Unis « ont demandé trop et offert trop peu », avec des exigences touchant les camions lourds, l’automobile, et surtout, la capacité du Canada à conclure d’autres accords commerciaux. Trump a exercé des pressions sur la protection de la langue française, sur la culture et, en pratique contesté la souveraineté canadienne .
Il a souligné que certains engagements américains semblent « écrits au crayon » et que l’approche américaine révèle les limites d’un véritable partenariat économique.
Le Canada imposera des tarifs équivalents, dollar pour dollar, à partir du 8 septembre 2026 (le mardi suivant la fête du Travail), ciblant notamment l’acier, les produits laitiers, les appareils électroménagers, l’équipement agricole, la pâte et le papier, ainsi que l’électronique.
Des mesures de soutien aux travailleurs et entreprises canadiennes (après déjà près de 25 milliards de dollars d’aide sur 18 mois) sont annoncées. Carney a déclaré sans ambiguïté : « On est en guerre quand on se fait attaquer. On s’est fait attaquer. » Et : « Nous ne pouvons pas accepter ce qu’ils ont offert, et nous ne donnerons pas ce qu’ils ont demandé. »
Cette résistance est nouvelle sur la scène internationale, c’est plus qu’une posture c’est une rupture.
Le Canada dépend fortement des États-Unis (environ 70 % de ses exportations), et de nombreux pays ou alliés ont souvent préféré des concessions ou des accommodements face aux pressions tarifaires américaines. Carney, élu en partie sur une plateforme de fermeté (« elbows up », référence au hockey pour une approche agressive), refuse un « mauvais accord » et protège explicitement la souveraineté, la culture et les industries clés, tout en accélérant la diversification commerciale (nouveaux accords en Asie, Europe, etc.).
Carney est l’un des rares dirigeants majeurs à avoir quitté la table de négociation et à rétorquer frontalement plutôt que de céder, ce qui contraste avec des approches plus conciliantes observées ailleurs.
Cette ligne dure, soutenue par une large opinion publique canadienne favorable à la résistance, s’inscrit dans une stratégie plus large de réduction de la dépendance économique et de renforcement de l’unité nationale face à ce que Carney qualifie d’utilisation de l’intégration économique comme «arme».
Les impacts économiques (hausse des coûts, risques pour les chaînes d’approvisionnement intégrées d’une relation commerciale de près de 900 milliards à 1 000 milliards de dollars) sont reconnus des deux côtés, mais Ottawa présente cette riposte comme nécessaire pour protéger les intérêts canadiens à long terme. Les négociations plus larges sur l’ACEUM pourraient en être compliquées, et aucune nouvelle discussion n’est prévue à court terme.
L’une des questions est celle de la contagion; la fermeté de Carney sera-t elle contagieuse, trouvera- il des alliés?
L’autre évènement de la semaine
Scott Bessent, secrétaire au Trésor américain, a lancé cette semaine un « gambit » (ou « Bessent Bid ») très offensif sur le marché obligataire américain : une intervention massive pour contenir la hausse des taux longs, face à une dette nationale qui a franchi les 40 000 milliards de dollars et à des rendements des obligations à 30 ans proches de sommets de 19 ans.
Depuis plusieurs mois, les « bond vigilantes » (investisseurs qui sanctionnent les dérives budgétaires) poussent les taux longs à la hausse.
Les causes : dette publique record (40 000 milliards de dollars atteints cette semaine), lourdes échéances de roulement des dettes, déficits budgétaires persistants autour de 6 % du PIB, inflation qui ne retombe pas vraiment , et forte émission de dette par les géants de la tech pour financer l’IA.
Les rendements des Treasuries à 10 et 30 ans ont grimpé, alourdissant le coût de financement de l’État, créant une spirale et menaçant de devenir un sujet politique menaçant pour l’administration Trump.
Bessent, ancien gérant médiocre de hedge fund (notamment chez George Soros, célèbre pour ses paris macro sur les devises), s’est déjà distingué par un activisme inhabituel au Trésor (interventions sur le yen en juillet, « rate checks », etc.). Il s’affirme comme le secrétaire au Trésor le plus interventionniste depuis des décennies.
Mercredi 19-20 août, le Trésor a surpris les marchés en annonçant qu’il allait « au moins doubler » ses rachats d’obligations longues (10 à 30 ans) « off-the-run » : de 2 milliards à au moins 4 milliards de dollars par opération, à partir du 9 septembre et jusqu’en novembre (après les midterms).
Ces rachats seraient financés par l’émission de T-bills à court terme, créant un effet dit de « twist » de la courbe des taux (baisser les taux longs, et potentiellement relever un peu les courts).
Bessent a justifié le mouvement par une liquidité médiocre sur le segment long (surtout le 30 ans), des rendements déconnectés des fondamentaux économiques selon lui, et la volonté de « faire le marché ».
Il a laissé la porte ouverte à des montants encore plus élevés et annoncé un effort accru sur la consolidation fiscale ainsi qu’une stratégie de croissance pour « sortir de la dette par la croissance ». « Il n’y a rien de magique dans le chiffre de 40 000 milliards », a-t-il déclaré.
L’annonce a d’abord fait chuter les rendements longs (le 30 ans a reculé d’environ 0,1 point en une journée). Mais l’effet « Bessent Bid » s’est rapidement estompé : dès jeudi-vendredi, les taux sont remontés près de leurs niveaux précédents.
La sequence sur le marché est tres defavorable à Bessent .
Après avoir clôturé la semaine précédente à 4,69 %, le rendement des obligations du Trésor à 10 ans a terminé la séance de lundi dernier à 4,72 %, atteignant même 4,75 % en séance mardi (clôture à 4,71 %).
Le rendement à 30 ans a quant à lui bondi à 5,34 % en séance mardi (un sommet en 19 ans).
Le rendement à 10 ans a chuté à 4,63 % suite à l’annonce de l’intervention de Bessent mercredi, tandis que le rendement à 30 ans est descendu jusqu’à 5,18 %.
Les rendements ont légèrement fluctué lors de l’intervention du secrétaire au Trésor sur CNBC jeudi matin (doublement du montant des rachats d’obligations à 4 milliards de dollars par émission, « très forte probabilité » que le déficit budgétaire ait atteint son pic, initiative de consolidation budgétaire imminente…), avant de clôturer à 4,71 %.
Le rendement à 10 ans a ensuite clôturé vendredi à 4,73 % (5,27 % à 30 ans), en hausse de quatre points de base sur la semaine, atteignant son plus haut niveau depuis le 13 janvier 2025.
La réaction du marché obligataire est un signe inquiétant.
Une dynamique négative pourrait être alimentée cette semaine par une administration interventionniste .
Le Bitcoin a bondi de 15 400 dollars, soit 24,6 %, pour dépasser les 78 000 dollars – la plus forte hausse en pourcentage depuis mars 2023.
L’annonce par Bessent d’un « doublement, au moins », du volume des opérations de rachat d’obligations destinées à soutenir la liquidité a dynamisé les métaux précieux.
L’or a bondi de 181 dollars, soit 4,2 %, mercredi, sa plus forte hausse depuis le 6 février (185 dollars – rebond après une baisse de 10 %). L’argent a grimpé de 5,7 % mercredi (sa plus forte progression depuis les 6,2 % du 11 juin). Sur la semaine, l’or a progressé de 5,2 % et l’argent de 6,7 %, l’indice Bloomberg des matières premières gagnant 3,8 % pour atteindre son plus haut niveau en trois mois.
Sara Eisen de CNBC : « Enfin, l’annonce majeure concernera bien sûr la réglementation obligataire. Vous avez indiqué en début d’entretien que vous étiez prêt à prendre des mesures plus importantes si le marché ne répond pas favorablement. Jusqu’où êtes-vous prêt à aller ? »
Scott Bessent : « Eh bien, encore une fois, tout dépend de la coopération du marché. Nous verrons quelles seront les conditions et nous les analyserons ensuite. Mais je suis convaincu qu’une fois que le marché aura compris la situation et se penchera sur les fondamentaux – notre seul objectif est d’inciter les investisseurs à se concentrer sur ces fondamentaux et à ne pas spéculer sur les gros titres pendant une période calme, dans un marché peu liquide. Nous essayons donc de maintenir l’équilibre du marché. »
Bessent n’a certainement pas progressé dans l’estime et la crédibilité des professionnels et des spécialistes! Sa communication écartelée entre une Com populaire de type MAGA et une com professionnelle a été lamentable.
Qu’on en juge!
Extrait de l’interview de Bessent sur CNBC jeudi : « Le chiffre de 40 000 milliards de dollars n’a rien de magique. Nous pouvons le résorber grâce à la croissance. Ce que nous voulons souligner, c’est qu’il y a eu beaucoup de désinformation concernant le déficit et son ratio déficit/PIB. »
« Eh bien, encore une fois, les gens sont mal informés. Je dispose d’informations asymétriques, donc je pense que le marché devrait se demander : pourquoi nous sommes-nous joints aux Japonais pour intervenir à ce moment précis ? Savons-nous quelque chose que le marché ignore, quelque chose qui nous permettrait de… vous savez, ce que j’appellerais un revirement de situation du Trésor sur le marché obligataire ? Que sais-je que le marché ignore ? »
Bloomberg n’a pas été tendre et au contraire dramatise!
19 août – Bloomberg :
« Une annonce surprise du Trésor américain… est la preuve la plus concrète à ce jour que la récente vente massive de titres de dette à long terme inquiète le secrétaire Scott Bessent. La décision d’au moins doubler le volume des rachats d’obligations du département a été présentée comme un moyen d’apporter un « soutien accru à la liquidité ». »
Pourtant, pour Wall Street, la raison était plus simple : le Trésor américain utilisait la panoplie d’outils dont Bessent avait longtemps affirmé disposer pour contenir les taux d’intérêt, un objectif affiché de l’administration Trump.
Cette annonce fait suite à une série de décisions prises par le Trésor ces dernières semaines, témoignant d’une certaine inquiétude quant à ses coûts d’emprunt – qui, selon un indicateur, ont atteint leur plus haut niveau depuis 2001 – et constitue un avertissement pour les investisseurs misant sur une nouvelle flambée des taux.
Il est important de noter que l’administration Trump a cherché à manipuler les taux du marché, avec un rendement des obligations du Trésor à 10 ans à seulement 4,70 %, des cours boursiers à des niveaux records et des conditions financières très accommodantes. Pour mémoire rappelons que dans le passé les taux ont bondi de 250 points de base pour dépasser les 8,00 % lors de la vague de désendettement du marché obligataire en 1994.
Toute la communication de Bessent fut une erreur. Bessent prétend disposer d’« informations asymétriques » y a t- il affirmation plus ridicule? . Mais sa crédibilité, déjà fragile, et celle de son administration sont en jeu. Il devrait abandonner ses discours creux sur la « croissance pour résoudre les problèmes de déficit » et ses accusations de « désinformation ».
Tout le monde sait qu’il reste moins de 11 semaines avant les élections de mi-mandat, que les espoirs d’une résolution du conflit iranien s’amenuisent et que de nombreuses hausse de prix sont dans le pipe line en raison du renchérissement non pas du pétrole brut mais en raison des pénuries de raffinage, d’essence et de diesel.
Bessent choisit tout simlement d’être proactif pour contenir la crise qui se profile .
Les marchés ont jugé donc l’opération trop modeste (quelques milliards face à un marché de 32 000 milliards) purement palliative et surtout sans portée réelle. Par ailleurs la rhétorique creuse de Bessent a été soulignée, il n’a rien annoncé concrètement, et ne cherche qu’ à continuer comme avant, le fameux kick the can renouvelé. Le voudrait il qu’on sait qu’il ne le peut pas!
Les critiques sont sévères : « pansement sur une jambe de bois », « réarrangement des chaises longues sur le Titanic », tentative de gaslighting du marché ou d’« Operation Twist 2.0 » politique qui raccourcit la maturité moyenne de la dette et rend le Trésor plus sensible aux taux courts.
Bessent complique potentiellement la tâche de la Fed de Kevin Warsh.
Bessent insiste sur le fait que ce n’est que le début et que la consolidation fiscale + croissance feront le reste.
La presse en particulier britannique est sévère.
Pour le Telegraph ce « gambit » illustre une rupture : un Trésor très actif, presque « trader », qui n’hésite pas à intervenir directement pour façonner les prix de marché, au risque de sa crédibilité. Il s’inscrit dans une logique plus large d’« economic statecraft » de l’administration Trump (tarifs, pressions sur les alliés, isolation de l’Iran, etc.), mais ici le adversaire n’est pas un pays : c’est le marché obligataire lui-même. Si le gambit échoue durablement, il pourrait amplifier la nervosité des investisseurs et renforcer la perception d’une dette américaine de plus en plus difficile à gérer sans inflation ou répression financière.
Comme pour le face-à-face USA-Canada, l’événement de la semaine montre une administration américaine prête à jouer très offensivement, quitte à tester les limites des marchés et des institutions.
Voici quelques uns des titres qui ont accueilli les décisions de Bessent et ses propos
. « Les interventions de Bessent ont échoué. Le véritable problème, c’est le déficit. »
« Le débat sur la dépréciation du dollar refait surface. »
« Les manœuvres obligataires de Bessent redonnent vie au commerce mondial de la dépréciation. »
« Pourquoi l’administration Trump sème-t-elle la pagaille sur les marchés obligataires ? »
« Bessent minimise les inquiétudes liées au déficit. »
« Le secrétaire au Trésor de Trump est en difficulté alors que la dette nationale dépasse les 40 000 milliards de dollars. »
« La panoplie d’outils de Bessent laisse les investisseurs dans l’expectative quant à la prochaine surprise du Trésor. »
« Bessent se bat contre les marchés. »
« Scott Bessent s’attaque aux justiciers obligataires sur un marché du Trésor de 32 000 milliards de dollars. »
« Le statut de valeur refuge des bons du Trésor s’estompe. »
« Bessent est-il confronté à un problème de crédibilité sur le marché obligataire ? »
« Le dilemme de crédibilité de Scott Bessent. »
Jusqu’à l’équipe de JPMorgan qui perçoit un risque de crédibilité dans les rachats d’actions du Trésor.
EN PRIME
LE TEXTE DE CARNEY
Cabinet du Premier Ministre
Office of the Prime MinisterAu cours des 18 derniers mois, le nouveau gouvernement du Canada s’est concentré sur le renforcement de notre pays à l’interne, la diversification de nos partenariats à l’étranger et la conclusion d’un accord équitable avec les États-Unis.Nos objectifs dans les négociations commerciales ont été les suivants :
- Préserver l’accès en franchise de droits de douane au marché américain pour la grande majorité des entreprises canadiennes ;
- Apporter une plus grande stabilité à notre relation commerciale ;
- Réduire de manière significative les tarifs américains sur nos industries stratégiques clés, afin que les entreprises canadiennes de ces secteurs bénéficient du meilleur accès au monde ;
- Protéger nos petites et moyennes entreprises – le sang de notre économie – notamment en écartant la menace imminente de nouveaux tarifs ; et
- Maintenir notre flexibilité, notre indépendance et notre souveraineté afin de pouvoir continuer à bâtir le Canada que nous voulons.
Nous avons reconnu dès le départ que l’Amérique a changé et que nous ne reviendrons pas à notre ancienne relation. Notre gouvernement a compris, avant beaucoup d’autres, que l’Amérique est en train de modifier toutes ses relations commerciales. Elle impose des tarifs à ses plus proches alliés et fait payer l’accès à son vaste marché.C’est dans ce contexte que nous avons travaillé. Pour conclure un accord équitable qui offrirait le meilleur accès possible au marché américain et une plus grande certitude aux entreprises et aux travailleurs canadiens. Tout au long de ces négociations, notre objectif a été d’obtenir la meilleure entente possible pour les Canadiens, et jamais un accord à n’importe quel prix ou selon n’importe quel échéancier.
Au cours des dernières semaines, nous avons réalisé d’importants progrès en vue d’améliorer la position du Canada afin d’obtenir le meilleur accord au monde avec les États-Unis.Cependant, ces progrès n’ont pas été suffisants pour atteindre nos objectifs pour les Canadiens. En conséquence, ce soir, j’ai décidé de suspendre les négociations commerciales avec les États-Unis et j’ai demandé aux négociateurs canadiens de rentrer à Ottawa. Ils ont travaillé d’arrache-pied, de bonne foi, pour défendre les intérêts des Canadiens tout au long de ces négociations, jusqu’à la toute dernière minute. Cependant, des changements de dernière minute dans les conditions proposées par les États-Unis étaient injustes, non économiques et mettaient en doute la fiabilité de tout accord.À minuit ce soir, les États-Unis ont l’intention d’imposer un tarif de 50 % sur environ 28 milliards de dollars de marchandises canadiennes. Le Canada égalera ces tarifs dollar pour dollar afin de protéger nos travailleurs et nos entreprises.Dans les prochains jours, le gouvernement présentera des mesures additionnelles pour soutenir les travailleurs et les entreprises canadiennes, en s’appuyant sur les près de 25 milliards de dollars d’aide déjà fournis au cours des 18 derniers mois.Ces actions viennent compléter la stratégie économique fondamentale du Canada. Dès le premier jour, nous nous sommes concentrés sur le renforcement de notre pays à l’interne et sur la diversification de nos partenariats à l’étranger.Cette stratégie fonctionne. Nous avançons près de 500 milliards de dollars de grands projets d’infrastructure. En parallèle, nous ouvrons de nouveaux marchés d’exportation pour les entreprises canadiennes. Nos accords de libre-échange existants donnent déjà au Canada un accès préférentiel à 1,5 milliard de consommateurs, et nous sommes en voie de doubler cet accès aux marchés d’ici la fin de l’année.
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