L’écosystème du Crédit Privé est conçu pour privatiser les gains et socialiser les pertes.

C’est insensé… Les assureurs qui ont créé cette bulle d’IA dans le crédit privé sont incités à prendre des risques massifs parce que toutes les pertes, en cas de faillite, tombent entièrement sur l’État et les autres assureurs de cet État.

Il n’existe aucune agence fédérale pour surveiller ou protéger les fonds de retraite contre ces risques, et il n’y a aucune exigence pour que quoi que ce soit dans quoi le crédit privé est investi soit divulgué ou évalué à la valeur du marché.

Quand cette bulle de crédit privé explosera, cela pourrait littéralement mettre en faillite non seulement les assureurs, mais aussi les banques et le gouvernement de l’État lui-même.

L’ensemble de l’écosystème du crédit privé est conçu pour privatiser les gains et socialiser les pertes.

Comme je l’ai averti à de nombreuses reprises, la « théorie du complot » a toujours été que les banquiers ont gonflé la bulle de 1929 et l’ont fait éclater parce qu’ils perdaient le contrôle de l’économie au profit des créanciers privés. Le but était de faire exploser l’ensemble du système et de le reconstruire avec un pouvoir centralisé entre les mains de quelques institutions. Nous voyons l’histoire se répéter aujourd’hui à une échelle massive.

Lancelot résume une thèse qui circule depuis plusieurs mois dans la finance américaine : le crédit privé (private credit), en particulier celui lié à l’IA, serait devenu une bulle portée par les assureurs-vie.

En cas de krach, les pertes ne resteraient pas chez les fonds d’investissement. Elles seraient reportées sur les autres assureurs… puis, in fine, sur les États et les contribuables.

Une partie de ce mécanisme est réelle et documentée. Le message affirme trois choses :

  1. Les assureurs qui ont gonflé cette bulle sont incités à prendre trop de risque, parce qu’en cas de faillite les pertes tombent sur l’État et les autres assureurs du même État.
  2. Il n’y a pas d’agence fédérale comparable à celle des banques pour protéger les fonds de retraite face à ces actifs, ni d’obligation de tout valoriser aux prix du marché ni de tout divulguer.
  3. Si la bulle explose, cela pourrait mettre en difficulté non seulement des assureurs, mais aussi des banques et des gouvernements d’État.

Le private credit, ou credit privé ce sont des prêts directs accordés par des fonds (Apollo, Blackstone, KKR, etc.) à des entreprises, hors des marchés obligataires publics et hors des banques classiques.

Le marché pèse aujourd’hui de l’ordre de 2 000 milliards de dollars.

Mon opinion fondée sur les remontéesd epersonnes fiables est que ce secteur est devenu un repaire de brigands, c’est la foret de Bondy.

Après 2008, les banques ont été plus contraintes par les régulations . Les fonds de crédit privé ont pris le relais.

Pour avoir un capital captif « permanent » et bon marché, beaucoup de firmes ont racheté des assureurs-vie : les primes et les rentes des clients deviennent l’argent qu’on prête.

Le modèle est simple : l’assureur promet un rendement relativement sûr aux épargnants ; le fonds parent place cet argent dans des prêts plus risqués et plus rémunérateurs ; il encaisse aussi des frais de gestion.

Les deux côtés de la table sont souvent le même groupe.

Depuis 2025-2026, une part croissante de ces prêts finance des data centers, des chips et l’infrastructure IA. Les mêmes maisons (Apollo, Blackstone, KKR, Brookfield…) originenent la dette et possèdent ou gèrent des assureurs capables de l’acheter.

C’est le système « tuyaux de poêle » qui s’emmanchent les uns dans les autres.

Michael Burry a publiquement souligné ce nœud : dette opaque liée à l’IA, logée dans des assureurs contrôlés par le private equity. C’est incestueux.

Ce n’est bien sur pas « toute l’assurance américaine ». C’est une concentration chez certains groupes affiliés au private equity, avec des actifs peu liquides (souvent classés « Level 3 » : valorisés par modèle, pas par un prix de marché).

Le point central est : qui paie si ça casse ?Aux États-Unis, un assureur-vie insolvable ne passe pas par une faillite classique comme une entreprise ordinaire. Les États ont des fonds de garantie. Les autres assureurs du même État sont mis à contribution pour indemniser les assurés, dans certaines limites (souvent de l’ordre de 250 000 à 300 000 dollars selon le type de contrat).

Ensuite vient le détail que les articles académiques de 2026 mettent en avant :

  • dans 44 États, ces cotisations sont intégralement déductibles des taxes sur les primes, étalées sur plusieurs années ;
  • donc la facture finit par peser sur le budget de l’État, donc sur le contribuable.

C’est ce que l’on appelle « privatiser les gains, socialiser les pertes ».

Le papier de Pranjal Drall et Andrew Granato (Private Credit’s State Backstop, juillet 2026) décrit précisément ce montage : le private equity capte les écarts et les frais ; le filet de sécurité de l’assurance-vie, conçu il y a des décennies pour protéger les familles, devient un filet de securité, État par État, sans équivalent fédéral de type FDIC.

La regulation est defaillante:

  • le crédit privé n’est pas valorisé tous les jours comme une action cotée ;
  • une partie des notations de crédit est privée (« private letter ratings ») ;
  • les expositions affiliées -le fonds prête, l’assureur du même groupe achète- sont sous-déclarées, puis révisées à la hausse dans certains dossiers ;
  • les fonds de retraite et rentes peuvent être exposés sans que le particulier le voie clairement sur son relevé.

S&P, Moody’s, la Fed de Boston et le Trésor américain ont signalé le manque de transparence et les liens indirects avec les banques (lignes de liquidité, produits structurés).

Les défauts montent dans le crédit privé, des régulateurs enquêtement, des papiers académiques et Burry sonnent l’alarme. L’exposition est plus forte chez les compagnies rachetées ou pilotées par le private equity (Athene/Apollo, Global Atlantic/KKR, etc.) que chez l’ensemble du secteur.

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