Dette française : les taux au plus haut depuis 2008

Mercredi 9 septembre 2026, le marché de la dette française a tangué.

L’OAT à 10 ans , le taux auquel la France emprunte à dix ans , a dépassé 4,30 % ce mercredi.

Selon les sources de marché, elle a été vue vers 4,31 % en séance, puis autour de 4,33 %–4,34 % en fin de journée.

C’est un plus haut depuis la crise financière de 2008.

Reuters parle d’un niveau « jamais vu depuis l’automne 2008 », pas exactement si ma mémoire est bonne c’est plutot le printemps mais l’idée est juste: on est revenu à des coûts d’emprunt d’il y a près de vingt ans.

Le taux à 2 ans a aussi monté, autour de 3,24 %–3,26 %. Quand le court terme grimpe avec le long terme, cela veut dire que les investisseurs demandent aussi plus cher pour prêter à la France dans les années toutes proches .

Je vous rappelle que les dettes françaises ont bénéficé pendant longtemps d’achats japonais plutot supides: le risque d’eclatement de l’euro etant faible ils y ont vu un cadeau du ciel, un supplement sur les rendements du Bund. Les japonais , en crise ne semblent plus acheter mais vendre. Difficile de verifier.

Le ratio de dette publique de 117,5 % du PIB au premier trimestre 2026, soit 3 536 milliards d’euros, selon l’Insee est évidemment mis en avant . C’est un record. La France reste l’un des pays les plus endettés de la zone euro, derrière la Grèce et l’Italie.

Le spread avec l’Allemagne — l’écart entre le taux français et le taux allemand à 10 ans s’est élargi. Il a frôlé 90 points de base dans la journée, autour de 85 à 89 selon les heures et les sources. C’est la zone atteinte après la dissolution de 2024. Autrement dit : les marchés font maintenant payer à la France une « prime de risque » plus élevée qu’à Berlin.

Quand le taux à 10 ans monte, l’État doit payer plus d’intérêts sur la nouvelle dette. Ce n’est pas la faillite bien sur . La France continue d’emprunter sans difficulté. Mais le coût augmente.

Quelques dixièmes de point de plus, multipliés par des centaines de milliards à refinancer chaque année, finissent par peser lourd dans le budget. La charge d’intérêts dépasse déjà 60 milliards d’euros par an. Plus les taux restent hauts, plus cette facture « remplace » d’autres dépenses : école, hôpital, défense, transition.

Le spread avec l’Allemagne est le thermomètre politique.

Il ne dit pas « la France va faire défaut ». Il dit : « les investisseurs jugent la trajectoire française plus fragile que celle de l’Allemagne ».

Après 2024, ce thermomètre est redevenu sensible à la politique intérieure.

Trois forces se cumulent.

D’abord, le contexte mondial. Les taux montent aussi en Allemagne et aux États-Unis. L’énergie, l’inflation et l’attente d’une Banque centrale européenne moins laxiste poussent tous les rendements européens. Toute la zone euro est concernée, pas seulement Paris.

Ensuite, les comptes français. Une dette à 117,5 % du PIB, un déficit encore élevé, et un rapport commandé par Bercy qui prévient que, sans effort rapide sur les dépenses, les finances peuvent encore se détériorer d’ici la fin de la décennie. Les marchés n’attendent pas 2029 pour juger.

Enfin 2027 approche . Les réformes difficiles deviennent politiquement impossible .

Sur de nombreux secteurs sensibles aux taux, la Bourse est en train de s’ajuster en demandant des rendements eux aussi plus élevés.

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