L’Europe imprime des euros pour éviter que les taux longs montent; on ravale!

L’Europe imprime pour empêcher que l’on se debarasse de ses obligations.

La BCE ne le dira jamais ainsi. Elle parlera de « transmission de la politique monétaire », de « rôle international de l’euro », de « backstop ».

Le mécanisme, lui, est limpide.

À partir du quatrième trimestre 2026, les banques centrales étrangères pourront déposer des obligations européennes de qualité en garantie et recevoir des euros tout frais.

Jusqu’à 50 milliards d’euros par institution.

Accès permanent, presque universel.

Pas besoin de vendre les titres. On les met en pension. La BCE crée la liquidité. Le marché obligataire européen évite la vague de ventes forcées.

C’est exactement ce que Scott Bessent pousse la Fed à faire pour le Japon : élargir le FIMA Repo afin que Tokyo n’ait pas à liquider ses Treasuries pour défendre le yen.

Même logique. Même aveu.

Les grands détenteurs étrangers de dette des pays développés deviennent un risque

Les graphiques ne mentent pas.

Vous noterez qu’au lieu d’ameliorer la confiance et de promettre uns gestion moins laxiste, on met en place des expedients comme le fait Bessent.

Les Bunds allemands à 10 ans sont passés de territoire négatif à plus de 3,5 %.

La France dépasse 4,4 %.

L’Italie flirte avec 4,5 %.

Des niveaux que l’Europe n’avait plus connus depuis plus de quinze ans.

Pendant ce temps, la plupart des États membres roulent des déficits. Ils ne peuvent pas se payer durablement des taux à ces niveaux. Le service de la dette explose.

L’offre d’obligations aussi.

On avait vendu les taux négatifs comme une sophistication. Souvenez vous des taux Allemands négatifs! C’était une drogue. Le sevrage est brutal.

Et plutôt que d’accepter que le prix du capital remonte vraiment, on ouvre une nouvelle ligne de création monétaire — collatéralisée, bien sûr, « temporaire », bien sûr, « de dernier ressort », bien sûr.

Une facilité de repo n’est pas un QE au sens strict. Mais quand on l’élargit au monde entier pour empêcher la vente des titres souverains européens, on protège le débiteur, pas le créancier.

On socialise le risque de change et de liquidité des détenteurs étrangers. On monétise, par la bande, l’incapacité des États à gérer correctement

.La suite est écrite. Quand le filet de sécurité ne suffira plus, viendra le contrôle de la courbe des taux. L’Europe et le Japon en ont déjà fait l’expérience. Le monde développé y revient, un mécanisme à la fois.Ceux qui croient encore que la dette souveraine des pays riches est un actif sans risque devraient regarder ce que font vraiment les banques centrales : elles préparent le terrain pour que personne n’ait à la vendre.

Ce n’est pas de la confiance. C’est de la peur.

L’or, lui, n’a besoin d’aucun repo.

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