Automobile: les droits de douane en échec

Christophe Barraud

L’Europe pensait avoir freiné l’offensive chinoise en imposant des droits de douane sur les véhicules électriques, mais les constructeurs automobiles chinois ont simplement trouvé une autre voie.

Leur part du marché automobile européen, qui dépassait les 11 % en juillet, représente désormais environ un tiers des ventes de VHR (véhicules hybrides rechargeables).

La part des marques chinoises dans le segment des VEB (véhicules électriques) progresse beaucoup plus lentement, tandis que leur présence sur le marché des hybrides explose.

Rien de surprenant, car depuis 2024, l’UE impose des droits de douane supplémentaires sur les véhicules électriques fabriqués en Chine, mais pas sur les hybrides rechargeables. BYD et d’autres constructeurs ont donc simplement réorienté leur offre vers le segment qui reste ouvert.

Les VHR répondent parfaitement aux hésitations des consommateurs européens, en proposant une électrification sans les mêmes préoccupations liées au prix, à l’infrastructure de recharge ou à l’autonomie.

La situation devient plus préoccupante pour Volkswagen, Stellantis et Renault.

Pendant longtemps, le scénario rassurant était que la concurrence chinoise resterait principalement un problème de véhicules électriques. Ce n’est plus le cas, car les constructeurs automobiles chinois peuvent désormais s’attaquer aux VEB, aux VHR et, de plus en plus, aux hybrides classiques, soit à la quasi-totalité du marché automobile européen, souvent avec des prix plus bas, des niveaux d’équipement élevés et des cycles de vie des produits extrêmement rapides.

Bruxelles peut étendre les droits de douane aux véhicules hybrides, mais cela risque de ne faire que déplacer le problème.

Après l’instauration de droits de douane sur les véhicules électriques, les constructeurs chinois ont accéléré la production de véhicules hybrides rechargeables. Si ces derniers sont taxés demain, la production locale s’en trouvera probablement renforcée. BYD, Chery et Leapmotor sont déjà en train de développer une présence industrielle en Europe.

La Chine n’exporte plus seulement des voitures, elle commence à exporter son système industriel (marques, batteries, plateformes, fournisseurs, savoir-faire industriel et, à terme, usines). Il est beaucoup plus difficile de freiner ce phénomène par de simples droits de douane.

Bloomberg :https://bloomberg.com/news/articles/2026-08-28/Les constructeurs automobiles chinois augmentent leur part de marché en Europe grâce à l’essor des véhicules hybrides

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