UNE OPINION
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Le choc énergétique de la France se propage de la pompe à l’économie
La France devient l’un des exemples les plus clairs de la manière dont un choc énergétique se répercute des marchés des matières premières sur l’économie réelle.
Le danger immédiat n’est pas que la France se retrouve soudain à court de pétrole. C’est que le diesel et les autres carburants raffinés deviennent suffisamment coûteux et peu fiables pour affaiblir les ménages, les transports, l’agriculture, l’industrie et les finances publiques avant même que les dommages ne soient pleinement visibles dans le PIB ou le chômage.
Environ 11 % des stations-service françaises ont récemment été signalées sans essence ni diesel, tandis que les prix du diesel approchaient de 2,38 € par litre. Cela ne signifie pas que 11 % des stations sont complètement vides, mais cela montre qu’une perturbation mondiale de l’approvisionnement atteint désormais les consommateurs ordinaires.
Macron traite cela comme un problème de sécurité économique
Macron a appelé à une réunion d’urgence du G7 tandis que la France travaille sur les approvisionnements en carburant, la logistique, les stocks stratégiques et le soutien aux ménages et aux entreprises touchés.
Cela compte parce que Paris ne traite plus l’énergie simplement comme un problème d’inflation.
Des prix des carburants plus élevés réduisent le pouvoir d’achat des ménages.
Les entreprises de transport font face à des coûts d’exploitation croissants.
Les agriculteurs absorbent des dépenses plus élevées en diesel, engrais et fret.
L’industrie subit un nouveau choc de compétitivité.
Et cela frappe une économie qui est entrée dans la crise avec une marge limitée. Le PIB français était déjà stagnant au deuxième trimestre, le chômage avoisinait 8,3 %, et la production manufacturière s’affaiblissait.
La France a un problème de pétrole au sein d’un avantage électrique
La flotte nucléaire de la France lui confère une sécurité électrique bien supérieure à celle de nombreuses économies européennes.
Mais l’énergie nucléaire ne peut pas immédiatement remplacer le diesel utilisé par les camions, les navires de pêche, les fermes, les engins de chantier et de grandes parties du système logistique.
La France peut donc disposer d’une électricité sécurisée tout en subissant un stress significatif sur les carburants qui font physiquement circuler les biens dans l’économie.
L’électrification peut réduire cette vulnérabilité au fil du temps, mais le remplacement des flottes, des machines et des infrastructures prend des années.
La vraie contrainte est le carburant livrable
Un baril supplémentaire de brut ne résout pas automatiquement le problème de la France.
Le bon brut doit atteindre la bonne raffinerie. Des pétroliers doivent être disponibles. L’assurance doit rester abordable. Les ports et les pipelines doivent fonctionner. Les raffineries doivent ensuite convertir ce brut en diesel et en autres produits dont la France a réellement besoin.
C’est pourquoi la perturbation du pipeline Est-Ouest de l’Arabie saoudite compte. Elle supprime la redondance d’un système déjà sous tension.
Les rapports indiquant que certains raffineurs européens pourraient ne recevoir aucun brut saoudien en octobre méritent attention, bien que les preuves actuelles n’établissent pas une coupure saoudienne complète de l’Europe.
Comment le choc des carburants devient un choc de crédit
Imaginez une entreprise de transport utilisant 100 000 litres de carburant par mois.
Une hausse de 60 centimes par litre ajoute 60 000 € aux coûts d’exploitation mensuels.
Même si l’entreprise augmente finalement ses prix, elle pourrait devoir financer cette dépense supplémentaire pendant des semaines avant que les clients ne paient.
Cela crée une pression sur le fonds de roulement.
Les marges chutent.
Les investissements sont reportés.
Les embauches sont gelées.
Les banques deviennent plus prudentes.
Finalement, des défauts de paiement et des licenciements apparaissent.
Au moment où le chômage augmente fortement, une grande partie des dommages pourrait déjà avoir eu lieu.
Le vrai dilemme de Macron
La France peut subventionner les carburants et protéger les ménages, mais cela accroît la pression budgetaire.
Elle peut laisser les prix monter, mais cela détruit le pouvoir d’achat et augmente le risque de troubles sociaux.
Elle peut libérer des réserves stratégiques, mais les réserves n’achètent que du temps.
Si les pénuries s’aggravent, les utilisateurs essentiels pourraient finalement avoir besoin que l’on établisse des priorité, reportant le fardeau sur d’autres parties de l’économie.
La France n’a donc pas besoin de se retrouver littéralement à court de carburant pour que cet épisode devienne dangereux.
Le risque plus large est des prix élevés des carburants prolongés qui affaiblissent progressivement la consommation, les flux de trésorerie, l’investissement, l’industrie et l’emploi au fil du temps.
C’est là que la crise énergétique de la France devient un risque de récession plus large.