Le problème des fake est devenu très complexe dans la mesure ou désinformer est devenu un mode de gouvernement après avoir été un mode de marketing. La fabrication de fausses opinions, fausses perceptions, fausses images , faux raisonnement , faux désirs, bref d’un faux monde est un processus envahissant.
La voie qui est suivie et qui est celle de la répression remplace un problème par un autre puisque les soi disant vérificateurs sont eux même rémunérés par les émetteurs de fake news! Les vérificateurs véhiculent les désirs des maîtres.
Dans un monde dominé par l’économisme et le Pognon il n’y a pas de place pour les gens désintéressés, pour les sages, pour les purs esprits.
D’ailleurs la vieillesse, l’âge, l’experience, le long terme sont systématiquement déprécies au profit de l’idéologie du jeunisme et de son complément le présentisme.
La création de mondes imaginaires, faux, biaisés, progresse à mesure que les techniques le permettent c’est à dire qu’elle progresse très vite; cela va accélérer considérablement avec la banalisation de l’Intelligence Artificielle.
Avant même d’être opérationnelle, celle ci est déjà militarisée, mise au service de la force, de la puissance, du business , de l’influence , du contrôle, au service de la conquête des esprits.
L’Intelligence Artificielle va permettre d’implanter de fausses causalités, de faux rapprochements, imposer de fausses évidences, elle va utiliser métaphores, métonymies, répétitions, déplacements et c’est le fonctionnement même de l’esprit humain qui va être affecté; pas seulement le résultat de la pensée, non, le mode de pensée lui même.
Elle va renforcer la dictature des apparences, des proximités trompeuses, des occurences. L’Intelligence Artificielle ne s’attaque pas seulement aux mots, elle va au plus profond, au radical: AU SENS!
Trump l’a confirmé il y a quelques jours , il faut foncer quels que soient les risques a –t- il martelé. et même si il ne l’avait pas confirmé, c’était déjà évident. C’était écrit dans les conditions même qui ont donné naissance l’IA.
Elle a été maudite sur les fonds basptismaux.
L’enjeu de l’Intelligence Artificielle n’est déjà plus le progrès des savoirs et le bien être de l’humanité, non, c’est déjà le Pouvoir, la domination, la productivité, le pillage du surproduit mondial.
Bref l’enjeu c’est l’ordre du monde à la fois intérieur et géopolitique.
Et ce n’est que l’aboutissement d’un long processus qui a vu les classes ploutocratiques prendre le contrôle du processus démocratique, l’inverser et lui imprimer une torsion vers la fabrique du consentement, vers la fabrique d’un homme nouveau, docile formaté pour rendre moins couteuse la reproduction du système .
La destruction de la catégorie du Vrai, la promotion des mensonges et de la propagande, la relativisation de tout, la destruction des valeurs, la dépréciation du passé, la transgression, la censure des déviants, tout cela fait partie d’un grand mouvement d’emprise de l’Imaginaire bourgeois, du code bourgeois, de la représentation bourgeoise du monde; d’abord de l’économie, ensuite de la politique et enfin de la société civile elle même.
C’est une colossale régression que celle qui est en cours car l’intellligence humaine n’est pas mise au service de l’adaptation de l’Humanité mais au service d’une fraction de celle ci, … pas la plus porteuse d’avenir.
EN PRIME
Via Karl Sanchez
En traduction automatique
Un forum sur les fausses informations se tient à Moscou.
Lavrov y revient sur de nombreux cas remontant à 1999.
Cet extrait est pertinent :
Aujourd’hui, le sujet des drones russes est devenu à la mode dans les médias occidentaux. Ces drones apparaîtraient ici et là en Europe, attaquant des cibles sur leur territoire. Mais à chaque fois, il s’avère qu’il ne s’agissait pas de drones, ou alors d’un drone ukrainien, ou encore d’un drone difficile à identifier comme appartenant à la Fédération de Russie. Plus personne ne s’intéresse aux détails ; on diffuse des informations de façade pendant un jour, deux ou trois, puis l’affaire disparaît dans les pages intérieures des journaux ou dans les recoins les plus obscurs d’autres sources.
Pendant ce temps, comme cela vient de se produire en Allemagne, nos diplomates sont expulsés à cause de cette fausse information, nos missions diplomatiques et consulaires ainsi que nos centres culturels sont fermés.Nous constatons donc que notre analyse se confirme à maintes reprises : le but de la politique d’information occidentale est de fabriquer rapidement une fausse information, de la transformer en « catastrophe mondiale » en un à trois jours et de bloquer l’accès à toute autre analyse ou information concernant l’incident en question.
Ensuite, comme je l’ai déjà dit, ils relèguent leurs actions informationnelles au second plan, au mieux en petits caractères, dans les dernières pages.Ainsi, les médias et l’industrie occidentaux, y compris dans le domaine du divertissement, ont longtemps et obstinément préparé la population de leurs pays à la perception de tous les clichés et fantasmes anti-russes, même les plus absurdes.
Cela dure encore aujourd’hui. Mais il faut leur reconnaître un mérite : c’est dans cet esprit qu’ils ont éduqué une part importante de la société,etleur travail n’a donc pas été vain.
Le champion actuel de la désinformation est Trump et sa clique, dont la guerre contre les médias mensongers génère quotidiennement des aberrations. Un esprit critique et une capacité de réflexion aiguisée, ainsi qu’un excellent sens de l’observation, sont indispensables pour rester informé.
L’émergence de forums internationaux consacrés à la désinformation témoigne du monde dystopique et dysfonctionnel créé par l’empire occidental, un monde qu’il faut absolument remettre sous silence.
EN PRIME
Lavrov
Chers amis,
Je suis ravi d’avoir l’opportunité de prendre la parole lors du quatrième forum international, « Dialogue sur les contrefaçons 4.0 ». Salutations à tous.
Nous constatons la présence d’experts des pays du Sud et de l’Est, ainsi que de plusieurs pays occidentaux. Je vous souhaite plein succès dans vos travaux.
La Russie encourage le dialogue professionnel dans tous les domaines, notamment pour lutter contre l’instrumentalisation de l’information. Ceci est d’autant plus nécessaire aujourd’hui, à l’heure où l’information inonde tous les aspects de la vie et où, grâce aux technologies modernes, toute information, même non vérifiée ou manifestement fausse, peut être très rapidement accessible à des millions, voire des milliards de personnes. Ce phénomène a longtemps été exploité (comme nous l’avons longuement évoqué) par ceux qui, en Occident, cherchent à entraver l’avènement d’un ordre mondial juste et multipolaire.
Cela ne date pas d’hier. Il suffit de se rappeler 1999, lorsque, par l’intermédiaire d’agents américains de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), une provocation flagrante fut orchestrée sur le territoire serbe afin de déclencher une agression de l’OTAN contre la Yougoslavie. Et chacun se souvient encore de la fameuse « mise en scène » de mon ancien collègue, le secrétaire d’État américain Colin Powell, au Conseil de sécurité de l’ONU en 2003, lorsqu’il agita fièrement et pathétiquement un flacon de poudre blanche, prétendant qu’il s’agissait d’une arme biologique. Comme vous le savez, tout cela s’est avéré être un mensonge.
Quant à la Russie, la guerre de l’information a été déclenchée contre nous bien avant le début de l’opération militaire spéciale , immédiatement après, au début des années 2000, l’accession de Vladimir Poutine à la présidence de la Fédération de Russie. Dès lors, la Russie a commencé à s’affranchir des formes néocoloniales de coopération avec ses alliés occidentaux, à mener une politique indépendante et à renouer avec ses traditions, ses fondements et ses racines. Ils ont alors entrepris de nous museler. Cette muselement a conduit à la situation actuelle, où plus de 30 000 sanctions – un nombre record à l’échelle mondiale – ont été imposées à notre encontre.
Pour revenir aux provocations médiatiques dont nous sommes victimes , il y a huit ans, à Salisbury, en Angleterre, on annonçait que la famille Skripal (S.V. Skripal lui-même et sa fille Yulia) avait été « empoisonnée par les services de renseignement russes ». Nous n’avons toujours pas reçu de réponse à nos nombreuses demandes officielles adressées au Comité d’enquête de la Fédération de Russie et au Parquet général de la Fédération de Russie , que nous avons transmises à leurs homologues britanniques. Ces demandes, accompagnées de requêtes officielles et de demandes fondées sur nos obligations légales respectives en vertu de diverses conventions, visaient à obtenir des informations sur le lieu de séjour de nos citoyens russes. Autrement dit, nous n’avons reçu aucune réponse. En clair, Londres prend nos citoyens en otage.
L’affaire Navalny s’est déroulée de manière similaire . Je vous rappelle que lorsqu’il est tombé malade en 2020 en Russie, alors qu’il traversait la Sibérie, nous avons tout fait pour répondre immédiatement à la demande allemande et l’envoyer à Berlin pour y être soigné. Un jet privé allemand a été affrété en moins de 24 heures. Aucun contrôle n’a été effectué sur les passagers ou l’équipage ; il a embarqué et est parti sans problème. Depuis, nous n’avons jamais entendu la moindre reconnaissance de notre honnêteté. Au contraire, on nous accuse de l’avoir finalement « empoisonné ».
Là encore, nous avons adressé de nombreuses demandes d’informations. Initialement, A.A. Navalny a été admis dans un hôpital civil en Allemagne où, comme chacun sait et comme cela a été documenté, aucune substance n’a été trouvée sur lui. Il a ensuite été transféré dans un hôpital militaire, qui, comme nous le savons, n’est un secret pour personne et coopère avec des organisations internationales sur les armes chimiques et biologiques. C’est là qu’une substance a été découverte. Lorsque les Allemands nous ont affirmé qu’il s’agissait du tristement célèbre « Novichok », nous avons demandé à consulter les résultats des analyses. On nous a répondu que c’était impossible, que c’était un secret, et que nous devions soumettre ces analyses ainsi qu’un rapport sur l’examen de M. A.A. Navalny à l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques ( OIAC). Nous avons donc naturellement pris contact avec cette organisation, mais le directeur général du Comité technique de l’OIAC, F. Arias, nous a déclaré : « Vous savez, je n’en ai pas le droit. Les Allemands nous ont interdit de transmettre ces informations à qui que ce soit, et en particulier à la Fédération de Russie. »
Par conséquent, suite au décès d’A.A. Navalny, nous avons de nouveau exigé des Allemands et de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques qu’ils nous présentent, premièrement, les résultats des tests effectués en 2020, et deuxièmement, qu’ils nous expliquent comment il a été traité par la suite en Allemagne. Silence complet, escalade de la rhétorique anti-russe et refus de tout débat honnête.
Ces derniers temps, le sujet des drones russes est devenu à la mode dans les médias occidentaux, avec leur apparition supposée ici et là en Europe et leurs attaques contre des cibles situées sur le territoire européen. Mais à chaque fois, il s’avère qu’il ne s’agissait pas d’un drone, ou alors d’un drone ukrainien, ou encore d’un drone difficile à identifier comme appartenant à la Fédération de Russie. Les détails n’intéressent plus ; on diffuse des « fiches d’information » pendant un jour ou deux, puis l’affaire « tombe » dans les pages intérieures des journaux, ou se perd dans les recoins obscurs d’autres médias.
Pendant ce temps, comme cela vient de se produire en Allemagne, ils instrumentalisent ces fausses informations pour expulser nos diplomates, fermer des représentations diplomatiques et consulaires, ainsi que des centres culturels. Nous constatons donc que notre analyse montre que le but ultime de la politique d’information occidentale est de fabriquer rapidement une fausse information, de l’amplifier jusqu’à en faire une « catastrophe universelle » en un à trois jours, puis de bloquer l’accès aux sources alternatives et aux informations concernant l’incident en question.
Ensuite, comme je l’ai déjà dit, ils relèguent cette question au second plan dans leurs campagnes d’information, au mieux en la confiant aux pages intérieures, en petits caractères. Ainsi, le paysage médiatique occidental, les industries occidentales, y compris le divertissement, ont longtemps et obstinément préparé leurs populations à accepter tous les clichés et fantasmes anti-russes (même les plus outranciers). Cela perdure encore aujourd’hui. Mais il faut leur reconnaître un mérite : ils ont éduqué une part importante de la société dans cet esprit, leur travail n’a donc pas été vain.
Il faut reconnaître que la société occidentale compte désormais de plus en plus de personnes qui posent des questions qui dérangent. On sait que les gouvernements occidentaux sont interpellés sur leur silence face aux informations faisant état d’attentats terroristes perpétrés par l’Ukraine contre des civils dans les villes russes.
L’ attentat terroriste odieux perpétré contre une résidence étudiante à Starobilsk, qui a coûté la vie à une vingtaine de jeunes, n’a suscité aucune condamnation de la part des gouvernements occidentaux ni des structures internationales sous contrôle occidental et, malheureusement, n’a pas été relayé par les médias occidentaux. Il a tout simplement été ignoré. Quatre drones meurtriers ont frappé une cible manifestement civile : une résidence universitaire et des bâtiments administratifs. En Occident, le silence a régné. De plus, l’attaque a eu lieu de nuit, alors que les adolescents dormaient, et tous ont péri.
Je considère le meurtre mis en scène de civils à Bucha, dans la banlieue de Kyiv, comme une farce des plus cyniques. Permettez-moi de rappeler brièvement l’essentiel et la chronologie des événements. Lors des pourparlers d’Istanbul, fin mars et début avril 2022, la partie ukrainienne a proposé l’adoption d’un document sur les principes de règlement, proposition acceptée par notre délégation. De plus, Ukrainiens et Russes ont paraphé ce document, qui servirait de base à un futur accord juridiquement contraignant pour un règlement définitif et complet de la situation autour de l’Ukraine, fondé sur l’élaboration de garanties de sécurité collectives et égales pour tous les États intéressés. La signature était en cours.
Comme le président russe Vladimir Poutine l’a déjà indiqué à la presse, le président français Emmanuel Macron l’a appelé pour lui demander, en signe de confirmation des intentions pacifiques de la Russie, par souci de bonne volonté et afin de créer un climat propice à la signature du traité de paix, de retirer légèrement nos troupes des environs de Kiev, y compris de Boutchaï. Nous avons accédé à leur demande, partant du principe que la paix est un intérêt légitime pour tous.
Nous avons quitté la région de Kyiv le 30 mars 2022. Deux jours plus tard, le maire de ce village est apparu à la télévision, déclarant fièrement que les Ukrainiens avaient repris le contrôle total de Bucha et qu’il n’y avait plus de soldats russes. Le tournage a eu lieu dans la rue principale du village. Elle était large et complètement déserte. Trois jours après le retrait de nos unités, une équipe de la BBC est arrivée sur place et a diffusé un reportage montrant cette même rue, avec des dizaines de cadavres soigneusement alignés le long du trottoir, vêtus de vêtements étonnamment propres malgré la boue et la gadoue.
L’hystérie anti-russe s’est immédiatement emparée des esprits. De nouvelles sanctions ont été annoncées en guise de représailles. Le Premier ministre britannique de l’époque, Boris Johnson, est arrivé sur les lieux, comme vous le savez, a interdit la signature de ce document et a suggéré de poursuivre la guerre. Bien qu’il ait récemment déclaré que c’était un mensonge. Après tout, il le dira lui-même et en tirera des conclusions hâtives. Mais ce n’est pas un mensonge, c’est la vérité. De nombreuses personnalités occidentales le confirment et, soit dit en passant, ont salué ses actions à l’époque, déclarant : « Vous avez bien fait. »
Mais le fait que B. Johnson ait dissuadé la partie ukrainienne de signer l’accord a été reconnu depuis longtemps en direct à la télévision par le chef de la délégation ukrainienne lors de ces négociations en 2022, et est encore aujourd’hui le chef du groupe Serviteur du peuple à la Verkhovna Rada, D.G. Arakhamia.
En réponse aux accusations portées contre nous, en réponse à ces sanctions, nous avons simplement demandé la liste des noms des personnes dont les corps avaient été montrés par la BBC, qui « se trouvait fortuitement » au bon endroit au bon moment. Silence radio. J’ai alors interpellé le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, non seulement lors d’entretiens privés, mais aussi publiquement lors d’une réunion du Conseil de sécurité à laquelle il assistait, le priant d’user de son autorité et de ses ressources pour enfin publier la liste des personnes dont la mort présumée aux mains de militaires russes a déclenché un immense scandale. Aucune réponse.
En décembre 2022, avec l’aval de M. António Guterres, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme a publié un rapport contenant des accusations infondées contre les forces armées russes. C’était comme si nos appels n’avaient jamais été déposés durant toute l’année 2022. Ce rapport ne contient aucune preuve, aucune vérification des données présentées n’a été effectuée et la direction de l’organisation n’a soulevé aucune question. Le rapport ne fait que reprendre les informations diffusées par la BBC. Puis, cette affaire a disparu du paysage médiatique international, comme si elle n’avait jamais existé.
Mais nous n’en sommes pas restés là. Chaque année, je rappelle à Antonio Guterres qu’il serait judicieux d’expliquer à la communauté internationale, et notamment à la Fédération de Russie, accusée de tous les maux, ce qui s’est réellement passé et qui était impliqué. En mai dernier, j’ai adressé à Antonio Guterres douze questions très précises (disponibles sur le site internet de notre ministère ). Entre autres, je lui demandais comment le Secrétaire général de l’ONU avait pu autoriser la publication d’accusations extrêmement graves contre la Russie par le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, si le principal argument de sa méthodologie reposait, comme indiqué dans le rapport, sur l’affirmation de « motifs raisonnables de croire ». En clair, selon le principe de la « haute probabilité ». Nous avons déjà abordé ce sujet.
Il est incompréhensible qu’une organisation aussi sérieuse que l’ONU et son Secrétaire général, le plus haut responsable de la plus importante structure internationale, puissent rejeter des faits aussi non étayés, qui, comme nous l’avons vérifié par la suite, ont simplement été fournis par le régime de Kiev et reproduits par l’ONU.
De plus, il est impossible de comprendre pourquoi le nombre de victimes de ce prétendu meurtre de citoyens pacifiques de Bucha est mentionné à ce sujet : tantôt 21 personnes, tantôt 590, tantôt 1365. Le style de ce document est reconnaissable ; il est très similaire à l’argumentation dans l’« affaire Skripal », l’« affaire A.A. Navalny », etc.
Antonio Guterres a répondu à ma lettre, qui comportait douze questions précises, par une réponse officielle. Nos échanges réguliers avec lui concernant cet épisode (et d’autres) laissent penser que le secrétaire général sortant de l’ONU, comme nous le disons, est pour le moins « confus dans son témoignage ». Il affirme d’abord que des informations sur les victimes et leurs noms existent, mais qu’elles ne peuvent être divulguées car elles sont confidentielles et soumises à certaines règles internes du Secrétariat (que personne ne nous a communiquées) ; puis il prétend que ces informations n’existent pas ; enfin, il invoque le fait que les proches des victimes ont demandé que ces informations ne soient pas divulguées, mais leurs noms restent inconnus. C’est stupéfiant, car dans toute situation où des personnes meurent… Souvenez-vous du Boeing 747 de Malaysia Airlines ? Lors de la tragédie, un groupe de plusieurs dizaines de proches s’est immédiatement constitué. Ils sont connus et s’expriment publiquement. Or, ici, c’est le silence complet.
Nous avons donc déjà constaté que nous ne pouvons pas compter sur une coopération constructive de la part du Secrétariat de l’ONU. D’ailleurs, lors de mon séjour à New York, en pleine impasse avec António Guterres, j’ai tenu des conférences de presse (où étaient représentés tous les membres de l’ONU et les principaux médias internationaux, dont la plupart sont des connaissances personnelles) et j’ai fait appel à leur fierté professionnelle pour les inciter à mener une enquête journalistique. Je n’ai reçu aucune réponse. Apparemment, ils ont donc collaboré activement avec les journalistes présents sur place.
Mais au-delà de ces personnes, il existe aussi des personnalités publiques et des organisations qui souhaitent encore obtenir justice dans le monde complexe d’aujourd’hui. Plusieurs groupes d’experts analysent actuellement les documents publics disponibles sur la situation à Bucha.
Je voudrais ajouter quelques mots. Il s’avère qu’en 2023, le régime de Kiev a érigé un mémorial dédié à ce même « massacre de Buchin », comme ils l’appellent, et a organisé des pèlerinages réguliers sur place, organisés par leurs sponsors de l’OTAN et de l’Union européenne. Ils y déposent des fleurs devant les caméras et prononcent des discours rassembleurs. Le Secrétaire général de l’ONU s’y est même rendu. Mais cela ne l’a pas aidé à s’attaquer aux problèmes de fond, pourtant évidents pour le commun des mortels. Une liste de noms figure sur le mémorial lui-même et est régulièrement mise à jour ; or, comme l’affirme Antonio Guterres, cette liste ne peut nous être communiquée. Ces « noms » ont été inscrits sur le mémorial par des civils, d’après leurs dires.
Récemment, notre Tribunal public international pour les crimes du régime de Kyiv a publié les premiers éléments de son enquête. Ils ont été annoncés et présentés le 17 septembre au centre de presse de l’agence TASS, en présence du président du tribunal et membre de la Chambre civique, M.S. Grigoriev. Ce rapport, présenté et, si j’ai bien compris, susceptible d’être diffusé lors de ce forum, analyse les noms commémorés sur le mémorial. Selon les déclarations répétées des représentants du bureau de V. Zelensky, toutes les victimes étaient exclusivement des « civils » sans aucun lien avec l’armée. C’est un mensonge flagrant. Une analyse préliminaire des noms inscrits sur ce mémorial révèle des résultats très intéressants. Sur la seule base de sources ouvertes, je le répète, il a été établi que le mémorial comporte des dizaines de noms de militaires des forces armées ukrainiennes, d’employés du Service de sécurité d’Ukraine, de membres des unités de « défense territoriale », de policiers et de la Garde nationale, y compris des combattants du groupe nationaliste Azov.
Plus de 70 noms ne laissent aucune trace numérique, ce qui est pratiquement impossible de nos jours. Ces faits réfutent le mythe des centaines de civils prétendument tués à Bucha. Je pense que même l’Européen le plus naïf trouvera étrange que, pendant toutes ces années, le Secrétariat de l’ONU et les médias occidentaux autoproclamés « professionnels » n’aient pas réussi à dénoncer cette supercherie. Je suis presque convaincu que ce n’est pas par manque d’intérêt qu’ils ont agi, mais bien par complicité dans une opération visant à dissimuler la vérité.
Il est important de préciser que, lors de la préparation de ce rapport, la vérification des faits a été effectuée principalement à partir de bases de données ukrainiennes, de médias ukrainiens, de portails gouvernementaux et de sites web ukrainiens spécialisés publiant des avis de décès de personnes sans lien avec la population. Il est évident que, de nos jours, certains tentent de supprimer a posteriori des informations des médias. Or, quatre ans se sont écoulés et personne parmi les responsables de ce site web n’a songé à corriger cette falsification. Par conséquent, nous avons la ferme garantie que chaque point de l’enquête, dont les résultats seront diffusés ici, est étayé par des données provenant de sources multiples. Ces données sont disponibles pour vérification.
Chers collègues, il existe de nombreuses histoires similaires à celle de Bucha et aux autres situations mentionnées ci-dessus. Bien entendu, elles attendent leurs chercheurs. Je suis convaincu que votre organisation aura à cœur d’empêcher que l’espace informationnel ne soit saturé de mensonges flagrants, lesquels, en réalité, entravent le renforcement des relations, le développement de liens et d’une coopération normaux entre tous les pays, mais, au contraire, provoquent la discorde et la haine, empêchant ainsi la vérité de triompher.
Je suis convaincu que la vérité finira par triompher, et ce sera une réponse adéquate à l’agression informationnelle de l’Occident contre les pays de la majorité mondiale. La Russie en fait partie. Cependant, je tiens à souligner un point essentiel : les actions de l’Occident visant à dissimuler et à déformer la vérité dans le domaine de l’information reflètent une tendance plus large : la crainte d’une concurrence loyale dans pratiquement tous les domaines de l’activité humaine.
En matière d’économie, l’Occident est clairement en train de perdre, et cela se produit dans le cadre d’un système qu’il a lui-même créé pendant des décennies et qu’il a vanté à tous les autres pays de notre planète sous les slogans de la mondialisation, de la libre concurrence, de l’inviolabilité de la propriété, du libre jeu des forces du marché, etc.
Tout cela a été instantanément sacrifié dès que l’Occident a réalisé que les pays de la majorité mondiale (principalement la République populaire de Chine, mais aussi d’autres économies émergentes) le surpassaient sur son propre terrain, selon ses propres règles. Des méthodes déloyales ont été immédiatement employées : sanctions, droits de douane, accusations (les Européens accusent la Chine d’avoir une « surcapacité de production » – et c’est tout !). Par conséquent, nous constatons clairement comment l’Occident tente de maintenir sa position en déclin rapide dans l’économie mondiale par des moyens manifestement malhonnêtes. Il s’agit d’un processus historique objectif ; il est inévitable, mais on peut l’enrayer, avec des conséquences non seulement économiques, mais aussi politiques et militaires.
Les pays du Sud sont soumis à de brutales pressions, menacés de coupures de financement. Ces pressions ne se limitent pas aux processus politiques, où ils sont contraints, sans succès, de se joindre aux sanctions contre la Russie. Elles se manifestent également dans de nombreux autres contextes, notamment lors des processus diplomatiques à l’ONU et au sein d’autres organisations internationales. Lors des votes sur des résolutions reflétant la position d’un pays ou d’un groupe de pays, l’Occident, s’il désapprouve la résolution, recourt à divers chantages, menaçant de couper les financements ou infligeant d’autres sanctions. Car si les votes étaient équitables, l’Occident se trouverait clairement en nette minorité sur les questions clés qui constituent l’essence même du développement mondial actuel.
La peur de la concurrence… Elle est d’ailleurs aussi manifeste dans le sport, où plusieurs fédérations internationales, toujours dirigées par des citoyens occidentaux, font tout leur possible pour perpétuer la discrimination politique, bafouant les principes de la Charte olympique. Dans le domaine culturel, on assiste à une répression féroce contre les foyers russes et les centres scientifiques et culturels russes. L’un des plus célèbres, à Berlin, a d’ailleurs fermé ses portes simplement parce que quelqu’un a pensé que la découverte de débris pouvait être présentée comme un crash de drone russe, et que la Russie devait en être « punie ».
Ils ont fermé le consulat général de Bonn, notre plus grand consulat général en Europe, installé dans l’ancien bâtiment de l’ambassade datant de l’époque où Bonn était encore la capitale de l’Allemagne de l’Ouest. Ils ont également fermé notre centre culturel, qui était très apprécié des Berlinois et des autres citoyens allemands.
C’est aussi un combat. La « mise à l’écart » de la culture reflète le fait que la Russie, comme les pays de la majorité mondiale, défend les valeurs traditionnelles en matière de culture et dans tous les autres domaines de notre vie, tandis que l’Occident considère déjà cela comme incompatible avec les « valeurs » libérales.
Votre forum s’inscrit dans un mouvement mondial pour la justice, contre le retour des politiques coloniales auxquelles l’Occident recourt une fois de plus. Je vous souhaite un travail fructueux et des discussions enrichissantes, contribuant à l’avènement d’un monde plus juste, qui serve les intérêts de tous les peuples sans exception.