Wall Street refuse de financer le boom de l’IA sur la seule parole de Nvidia.
Les puces ne valent pas, aux yeux des prêteurs, ce que le fabricant affirme.
Nvidia veut lever jusqu’à 500 milliards de dollars en faisant de ses GPU un actif d’infrastructure, un peu comme un avion en leasing.
Jensen Huang présente le calcul IA comme un bien « productif, durable et fongible », capable de rapporter pendant neuf à dix ans. Les banques, elles, amortissent ces machines sur trois à quatre ans.
Les gérants de crédit admettent une durée utile au-delà de cinq ans, pas une décennie.
Tony Trzcinka, chez Impax, résume l’écart : « Wall Street est bien plus conservateur. »
Conséquence immédiate : les opérations en préparation exigent des garanties plus fortes que les 25 % de valeur résiduelle que Nvidia avait d’abord envisagés.
Contrats clients, flux de cash et caution du fabricant deviennent la vraie garantie . Les puces seules ne suffisent plus.
Nvidia discute aussi avec des assureurs, via Howden Re, pour couvrir le risque de dépréciation si un emprunteur fait défaut et que le matériel se revend moins cher que la dette.
Rien n’est signé.
Le précédent le plus net n’est pas Nvidia, c’est Broadcom. Pour financer la capacité de calcul d’Anthropic, il a garanti plus de 80 % d’une structure d’environ 35 milliards de dollars. Sans ce filet de sécurité, les créanciers n’entraient pas.
Le modèle se propage : CoreWeave porte déjà près de 35 milliards de dette, dont un prêt de 8,5 milliard adossé à des GPU et noté investment grade seulement parce que Meta est derrière.
Plus de 20 milliards de prêts du secteur reposent sur des accélérateurs Nvidia, alors que le loyer horaire des H100 a chuté de 7–10 dollars début 2024 à 2–4 dollars fin 2025.Le cercle est le vrai risque. Nvidia vend les puces, investit dans les néoclouds qui les achètent, s’engage parfois à racheter la capacité invendue, puis cherche des assureurs pour que les prêteurs acceptent le collatéral.
Tant que la demande des hyperscalers tient, le montage passe. S’il se grippe, le coût du crédit monte, les petits clouds sans bilan solide n’empruntent plus, et une partie des carnets de commandes se révèle être une demande financée par le vendeur.
Ce n’est pas encore une fraude avérée mais … tout cela met la puce à l’oreille!