Les efforts diplomatiques visant à mettre fin au conflit en Ukraine connaissent une phase d’intensification ces dernières semaines.
Après une rencontre mercredi à Saint-Pétersbourg entre le président russe Vladimir Poutine et l’envoyé spécial américain Steve Witkoff, Moscou a indiqué être prêt à reprendre des pourparlers trilatéraux avec Washington et Kiev.
Selon le Kremlin, une prochaine réunion pourrait se tenir à Abou Dhabi à la mi-novembre.
Ces discussions s’inscrivent dans un contexte où les États-Unis jouent un rôle central de médiation, tandis que l’Union européenne cherche à clarifier sa participation.
Plusieurs capitales européennes expriment désormais un sentiment d’urgence pour désigner un représentant susceptible d’être associé aux négociations, après avoir longtemps privilégié une approche militaire et évité le dialogue direct avec Moscou.
La position de l’Union européenne sur ces efforts diplomatiques a été qualifiée de non constructive par le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.
Selon un article du Berliner Zeitung publié en début de semaine, le président finlandais Alexander Stubb serait considéré comme le candidat le plus probable pour représenter l’UE dans d’éventuelles négociations impliquant Moscou, Washington et Kiev.
Le journal avance notamment la proximité géographique de la Finlande avec la Russie – les deux pays partagent une frontière de 1 340 km – ainsi que les relations entretenues par Stubb avec le président américain Donald Trump.
Interrogé dimanche Peskov a indiqué que l’UE évoquait depuis longtemps la possibilité de désigner un négociateur, sans toutefois y parvenir ou sans en manifester la volonté. Il a estimé que la position du bloc était difficilement qualifiable de constructive, ses dirigeants « ne faisant que parler sans prendre aucune mesure ». Il a toutefois ajouté que la nomination d’un négociateur serait une évolution positive, et encore davantage si la personne désignée s’engageait réellement en faveur d’un règlement pacifique.
Peskov n’a pas précisé quelle serait la réaction de Moscou si Stubb était effectivement nommé.
Le président finlandais compte parmi les responsables européens les plus fermes dans leur soutien à l’Ukraine.
Dans une interview accordée au tabloïd allemand Bild en août, il avait déclaré que l’Ukraine constituait « la meilleure garantie de sécurité » dont dispose l’Union européenne face à la Russie, ajoutant : « Si l’Ukraine perd, nous perdons. »
Le Telegraph a rapporté jeudi l’existence, en Europe, d’un « sentiment d’urgence croissant » pour désigner un représentant.
Outre Stubb, le journal citait d’autres noms évoqués : la Première ministre italienne Giorgia Meloni, le président tchèque Petr Pavel, la Première ministre danoise Mette Frederiksen et le Premier ministre norvégien Jonas Gahr Støre.
Vendredi, la porte-parole adjointe de la Commission européenne, Arianna Podesta, a précisé qu’une discussion multilatérale avec des représentants de haut niveau était envisagée et que l’UE serait présente à ces pourparlers.
Jeudi, Vladimir Poutine a déclaré que les dirigeants de l’UE « parlent constamment d’une « menace russe » et discutent même de préparatifs de guerre avec la Russie », ce qu’il a qualifié de « sorte de schizophrénie politique », en espérant que cette attitude passe.
Il a réaffirmé que Moscou ne recherchait pas une simple trêve, mais des «accords définitifs et à long terme», et que les discussions devraient également porter sur une architecture de sécurité paneuropéenne plus large.