Démocratie en danger . » Ce qui me frappe depuis dix ou vingt ans , c’est la disparition du surmoi constitutionnel. » -François Sureau ex avocat au Conseil d’Etat et à la Cour de Cassation, écrivain, membre de l’Académie française
Quand on interroge François Mitterrand , dont je précise que je n’étais pas un électeur, quand on l’interroge sur les libertés constitutionnelles, il dit que la liberté de manifester est absolue. Il peut y avoir des débordements, des choses qui se passent, mais la règle de base c’est qu’elle est absolue.
Pour le reste , la justice pénale traite avec les gens qui contreviennent aux règles normales.
Mais là nous avons développé un discours progressivement tout à fait différent où les libertés constitutionnelles peuvent être réduites à l’initiative de ceux qui ont pour seul devoir de les protéger , car enfin, la caractéristique d’une démocratie libérale c’est en réalité que toutes les institutions publiques doivent servir les droits fondamentaux et rien d’autres (…)
Ce qui me frappe depuis ces dernières années, c’est la manière dont on entend un président de la république, un premier ministre, un ministre de l’intérieur, prétendre réduire de lui-même le champ de ces libertés constitutionnelles, c’est vraiment l’arbitre qui s’empare du ballon, et qui définit le système selon ses intérêts, mais non selon les intérêts transcendants de la population qui s’est organisée elle-même par sa constitution en démocratie libérale.
C’est inacceptable.
Quand le premier ministre déclare qu’il faut choisir son camp c’est un langage de guerre civile, il n’y a pas de camps en démocratie, il n’y a pas un camp opposé à l’autre, il n’y a pas le camp de l’ordre opposé au camp du désordre, il y a les garanties constitutionnelles et une police légale et républicaine qui les fait respecter.
Via Bruno Gaccio